Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
20 Août 2015 | Observatoire
 

Champix 2Un bilan de l’Université de Californie-San Diego sur les médicaments d’aide au sevrage tabagique comme Champix® ou Chantix® aux USA (varénicline) révèle leur peu d’impact sur la vitesse à laquelle les fumeurs s’arrêtent de fumer. Ces données, basées sur le suivi de près de 40 000 fumeurs, présentées dans la revue Tobacco Control du 17 août, montrent en effet que si leur utilisation a augmenté d’environ 2,5% en sept ans, le taux de sevrage est resté stable.

L’équipe de chercheurs a analysé les données de deux enquêtes du Bureau américain de recensement menées auprès de plus de 39 000 fumeurs âgés de 18 ans et plus : en 2003 puis en 2010-2011, soit avant et après l’introduction de la varénicline (en 2006). Ces enquêtes portaient sur les tentatives d’arrêt menées au cours des douze derniers mois, le recours aux thérapies de substitution nicotinique dont le patch, les gommes, les pastilles et en inhalateur ainsi que sur les médicaments sur prescription.

L’analyse brute des réponses fait ressortir que :
. l’utilisation globale de la pharmacothérapie a augmenté de 28,7% en 2003 à 31,1% 2010-11 ;
. en 2003, environ 4,5% des fumeurs ont déclaré avoir réussi à arrêter pendant au moins un an, contre 4,7% en 2010-11 ;
. la varénicline aurait tendance à être plus efficace que les autres aides au sevrage durant les trois premiers mois, après quoi les taux de succès commencent à décliner.

Enfin, un des effets de la mise sur le marché de la varénicline aurait été de prendre une part du marché des autres aides au sevrage tabagique, comme les patchs ou le bupropion (Zyban®).

Le Pr Shu-Hong Zhu, professeur au Département de santé publique de l’UC San Diego, auteur principal, conclut qu’en dépit de l’espoir mis par les experts dans ce nouveau médicament le sevrage tabagique, la varénicline a pris la place d’autres aides comme le patch, sans avoir aucun impact notable sur l’abandon du tabac, en population générale.

2 Mar 2015 | Observatoire
 

Livre Arrêtez de nous enfumerAu tour d’un pigiste du Canard Enchaîné, Denis Boulard, de prendre sa plume sur les coulisses du tabac (voir Lmdt des 17, 16 et 15 octobre 2014). « Arrêtez de nous enfumer ! » (Éditions du Moment), en librairie le 26 mars prochain, met au banc des accusés (forcément) État et fabricants mais s’attaque surtout à toutes les hypocrisies … sur la guerre officiellement déclarée au tabac. 

Du lobbying des laboratoires contre la déferlante « vapoteuse » jusqu’aux solutions thérapeutiques mensongères, en passant par le financement obscur des associations anti-tabac … « Arrêtez de nous enfumer ! » se veut  une enquête basée sur des chiffres et des documents inédits, mais aussi à travers des témoignages rares, pour « essayer de comprendre pourquoi les dix millions de fumeurs français ne sont pas, loin s’en faut, les coupables dans cette affaire de Santé publique… mais bien les premières et seules victimes », annonce l’éditeur.

Denis Boulard pointe, par exemple, certains clubs, comme « Avenir de la santé », financé par GSK, qui regroupe certains parlementaires et membres de la commission d’autorisation de mise sur le marché. C’est ce que révèle La Lettre de l’Expansion de ce lundi 2 mars.

23 Oct 2014 | Observatoire
 

• Conflit d’intérêt, manque de transparence, risque de corruption : le rapport de l’association TRANSPARENCY INTERNATIONAL, publié ce mardi 21 octobre, attribue une note médiocre de 27 sur 100 à la France pour sa réglementation du lobbying.

Couv Lobbying TransparencyÉvaluant trois critères – intégrité, transparence, équité – Transparency souligne que la France ne dispose que de très peu de dispositifs d’encadrement du lobbying, avec seulement un « embryon normatif » au Parlement et « un cadre pratiquement absent de tous les autres lieux de la décision publique (services de l’Élysée, cabinets ministériels, autorités administratives, collectivités locales) ».

Pour illustrer ces «  faiblesses », l’association se penche sur trois cas d’études : le petit nombre d’auditions lors de la préparation du projet de loi de séparation des activités bancaires, les conflits d’intérêt dans l’affaire du Mediator et « l’abus de cadeaux de l’industrie du tabac aux élus pour influencer leur jugement ».

Transparency reprend alors des extraits de l’étude du CNCT, publiée sur son site le 22 mai dernier, dans lesquels sont listées les invitations lors de manifestations sportives ou culturelles. Apparaissent également les « soupçons » sur les contrats de location de loges passés, en 2013, entre la Fédération Française de Tennis et divers fabricants de tabac  « leur permettant de faire de la propagande pour le tabac ».
Mais l’association n’aura pas vérifié toutes ces sources d’information avant bouclage : le 12 septembre dernier, la justice a juste débouté le Comité national contre le Tabagisme dans sa procédure contre BAT au sujet de ces contrats (voir Lmdt du 18 septembre).

Marianne Lobbying• Toujours à propos de lobbying, on reviendra sur l’interview assurée par Marianne, cette semaine, de SUSAN GEORGE (auteur de « Les usurpateurs / Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir » qui vient de sortir) : « si l’on m’avait demandé de deviner quels sont les secteurs industriels qui dépensent le plus d’argent en lobbying, j’aurais répondu, probablement dans cet ordre : la défense, le pétrole et la finance.
« En réalité, c’est la santé : l’industrie pharmaceutique et médicale bat tous les records ».

12 Août 2014 | Observatoire
 

Sérum Tabac EbolaMapp Bio a annoncé que tout son stock de ZMapp (sérum encore expérimental à base de tabac, voir Lemondedutabac des 6 et 9 août) a été livré gratuitement en Afrique de l’Ouest (probablement le Libéria), ce week-end.

Le ZMapp est développé par Mapp Bio en liaison avec le laboratoire de production de protéines Kentucky BioProcessing LLC, qui est devenu filiale du fabricant Reynolds (voir Lemondedutabac du 16 juillet).

Par ailleurs, le comité d’ experts de l’ OMS s’est déclaré, hier, favorable  – étant donné les circonstances du développement de l’épidémie – à l’emploi de ce sérum expérimental à base de tabac.

11 Août 2014 | Trafic
 

imgresAu moment où la Confédération des buralistes presse les autorités de prendre des mesures concernant le trafic du tabac sur internet, on apprend que le site 1001 pharmacies.com vient de se voir interdire de livrer à domicile des médicaments sur ordonnance.

Ainsi, le juge des référés du tribunal de Paris, qui avait été saisi par l’Ordre des Pharmaciens, a estimé « que le médicament n’était pas un produit comme les autres » et a reproché à la société éditrice du site, Enova Santé, de ne pas avoir obtenu d’autorisation de l’Agence régionale de Santé.

Certes, le marché de la pharmacie n’est pas comparable complètement à celui du tabac. On peut désormais se procurer légalement certains produits en ligne (voir Lemondedutabac des 23 décembre 2012 et 5 février 2013), mais une preuve supplémentaire est que l’on peut prendre une décision de justice contre un site. Comme en témoignent aussi les procédures lancées par l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) dans son propre domaine (voir Lemondedutabac du 26 janvier et 9 juillet).

10 Mar 2014 | International, Vapotage
 

NicotineAlors que les fumeurs de cigarette électronique helvètes sont obligés d’acheter à l’étranger les e-liquides contenant de la nicotine – interdits à la vente dans le pays -, une information financière du 7 mars sur le site de Bloomberg révèle que le laboratoire pharmaceutique Siegfried AG (SFZN), implanté en Suisse alémanique, produit plus de la moitié de la nicotine pure mondiale … que l’on retrouve dans les patches, recharges d’e-cigarettes ou autres gommes à mâcher.

Avec la montée en puissance de la cigarette électronique (plus de 5 milliards de dollars  de chiffre d’affaires mondial, selon Euromonitor) Bloomberg parle « d’opportunité puissante » pour les entreprises pharmaceutiques capables d’assurer la pureté et la qualité de la substance. Rappelons que la nicotine est un alcaloïde présent, notamment, dans les feuilles de tabac.

Siegfried SA en fait un label « qualité Suisse ». Son évaluation boursière est estimée à 685 millions de dollars (493 millions d’euros).

23 Jan 2014 | Vapotage
 

E-Cig PatchD’après les derniers chiffres connus, le marché des substituts nicotiniques en France aurait baissé de 6,6% en 2013 pour repasser, pour la 1ère fois depuis 2010, sous la barre des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires (99,2 millions d’euros exactement). Avec un décrochage, au dernier trimestre, de 17% et même de 35% pour les patchs.
Le magazine économique Challenges, sorti ce jeudi 23 janvier, consacre un article sur le phénomène « Comment la e-cigarette est en train de tuer les patchs  ».

En l’absence d’étude sur le sujet, les avis divergent. Mais, pour Sophie Ragot (responsable marketing OTC et dermatologie pour le laboratoire GSK qui commercialise les produits Niquitin), les doutes sont peu nombreux : « les patchs ont souffert sérieusement à partir de l’été 2013, justement lorsque les points de vente de cigarettes électroniques ont commencé à se multiplier en France ». Sur le terrain, les pharmaciens proches d’un magasin de cigarettes électroniques confirment un fort repli de leurs ventes de substituts nicotiniques.

Pour les laboratoires qui commercialisent des substituts nicotiniques (GSK, Pierre Fabre, Johnson&Johnson), les perspectives économiques sont sombres pour l’année à venir. Ils prévoient une baisse à deux chiffres du marché des substituts nicotiniques pour 2014, avant une stagnation en 2015. « Le plus difficile c’est que l’on ne sait pas comment agir par rapport à ce phénomène de société. On ne connait pas les pratiques autour de la e-cigarette », souligne Sophie Ragot.

Ce qu’attend l’ensemble des acteurs concernés par le sevrage tabagique, c’est avant tout une législation claire pour la e-cigarette et des études …

7 Nov 2013 | Observatoire
 

SubstitutsSuspectés par les autorités sanitaires de provoquer dépressions et tendances suicidaires, le Zyban et le Champix viennent d’être « innocentés » par une étude britannique publiée dans le British Medical Journal.

« Il n’y a aucune preuve que la varénicline ou le bupoprion (les principes actifs du Champix et du Zyban, NDLR) augmentent le risque de dépression ou de tentative de suicide par rapport aux substituts nicotiniques » affirment les chercheurs de l’université de Bristol qui ont examiné les statistiques des hôpitaux et des registres britanniques de mortalité. L’étude a porté sur près de 120.000 adultes prenant un des trois traitements d’aide au sevrage entre 2006 et 2011. Sachant qu’en Grande-Bretagne, un million de patients a eu recours à ces traitements en 2011.

Mieux, ces médicaments réduiraient même ces risques de dépression. Selon le professeur Henri-Jean Aubin, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif interrogé par Le Figaro, « le risque de dépression est significativement réduit avec Champix et Zyban par rapport aux gommes ou aux patchs ». Même écho chez le professeur Aubin, « les études ont montré qu’il double le taux de succès de l’arrêt, mesuré à un an, par rapport aux substituts nicotiniques ». Substituts dont l’efficacité à long terme a, récemment, été mise en doute par une publication scientifique (voir Lemondedutabac du 8 septembre).

En France, les ventes de Champix et de Zyban sont en chute libre. En raison d’une incertitude sur leurs effets indésirables et leur efficacité, ces molécules ont été retirées en 2011 du forfait annuel de 50 euros versés par l’Assurance-maladie en cas de sevrage tabagique. La Haute Autorité de santé recommande de ne les prescrire qu’après un échec des substituts nicotiniques. Aux Etats-Unis, le Champix fait l’objet d’un recours collectif avec 1 200 plaintes déposées (voir Lemondedutabac du 31 mars).

Et la prudence reste de mise du côté de l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) qui estime que « si ces molécules ne créent à l’évidence pas un surrisque de troubles psychiatriques, l’arrêt du tabac reste une période critique pour les patients qui impose une grande vigilance ».

Difficile de s’y retrouver dans ce labyrinthe des aides au sevrage tabagique.

 

Alors que nous sommes en phase du « trilogue » entre Linda McCavan (rapporteur de la commission ENVI du Parlement européen), la Commission et les ministres du Conseil (voir Lemondedutabac du 10 octobre), suite au vote des eurodéputés du 8 octobre, il semblerait que le dossier de la cigarette électronique fasse l’objet de grandes manœuvres en coulisses.

A « la manœuvre »,  justement, « le lobby pharmaceutique qui s’active comme jamais » à en croire une source proche des milieux bruxellois. Pour laquelle il serait illusoire d’imaginer que la cigarette électronique soit définitivement sortie du risque d’être assimilée au domaine pharmaceutique. Contrairement à ce que pourrait faire penser le vote de ce même parlement européen (voir Lemondedutabac du 8 octobre) …

Il semblerait que tout va se jouer autour du niveau de nicotine à partir duquel la cigarette électronique entrerait dans le domaine pharmaceutique. Et, à ce stade du processus, les avis des États sont déterminants. Le conseil des ministres de la Santé du 10 décembre sera vraiment décisif.

3 Sep 2013 | Pression normative
 

Vendu en pharmacie depuis le début de sa commercialisation en mars dernier (voir Lemondedutabac du 25 mars), l’inhalateur électronique Tag Replay est dans la ligne de mire de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Classée dans la catégorie « cigarette électronique », le dispositif, « fût-il de sevrage de la gestuelle tabagique » … n’aurait rien à faire en pharmacie.

Selon le site de Que Choisir, l’ANSM a fait savoir à plusieurs reprises à Visiomed, qui vend Tag Replay, que son produit ne relevait pas d’ un dispositif médical. Deux courriers lui ont été adressés afin qu’il retire la mention litigieuse de l’emballage, ainsi que le marquage CE qui l’accompagne. « Il s’agit de publicité mensongère », aurait affirmé l’ANSM. Pour le moment, Visiomed fait la sourde oreille et on trouve toujours Tag Replay en pharmacie, notamment dans les officines en ligne.

Que Choisir pointe du doigt d’autres marques disponibles, « de façon illégale », en pharmacie comme EdSylver ou Neo. Malgré le rappel du conseil de l’Ordre des pharmaciens avant l’été …

A moins que la future Directive tabac ne vienne bouleverser tout cela (voir Lemondedutabac de ce matin).