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26 Mai 2026 | Pression normative
 

Faudrait-il étendre au vapotage les zones sans tabac en France ? Une large majorité de Français y seraient favorables (7 sur 10), selon un sondage OpinionWay pour la Ligue contre le cancer que RMC dévoile ce 25 mai.
Nous reprenons son information.

Depuis bientôt un an, il est déjà interdit de fumer sa cigarette sur les plages, dans les parcs, les abribus ou les écoles (voir les 30 mai et 1er juillet 2025).
Avec ce nouveau sondage, la Ligue contre le cancer milite pour que cette interdiction soit étendue à la vapoteuse : la cigarette électronique.

Il faudrait ainsi, selon la Ligue contre le cancer, « réduire la visibilité et l’attractivité de la cigarette électronique, toujours plus “glamour” avec ses goûts et ses jeux de lumière, et abusivement présentée comme inoffensive, avant que sa consommation ne s’installe durablement », écrit l’association dans son communiqué.

« On a deux types de publics, les fumeurs qui substituent la nicotine, mais aussi de plus en plus de jeunes qui consomment », poursuit sur RMC le docteur Emmanuel Ricard, médecin en santé publique et directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer.
« On craint d’être en retard d’une guerre, et que ce qu’on gagne sur la cigarette on le perde sur le vapotage », s’inquiète-t-il. Lire la suite »

 

En principe, Milan (1 360 000 habitants) a décidé de devenir une ville où il est interdit de fumer dans l’espace public… à moins de se retrouver dans un lieu isolé où il soit possible de maintenir une distance de 10 mètres entre le fumeur et d’autres personnes (voir 26 décembre 2024 et 20 janvier 2021).

Ce 18 mai, une motion a été présentée au conseil municipal avec une mesure imposant l’interdiction absolue de fumer, y compris dans les lieux isolés où il était encore permis de fumer en respectant la distance de 10 mètres.

Elle a été rejetée par le conseil municipal : 20 contre (dont celle de la présidente du conseil municipal), 13 pour, 7 abstentions.

 

bieg ben, tamise, angleterre

Le secrétaire d’État britannique à la santé, Wes Streeting, vient de démissionner.
Opportunément, il vient de se découvrir de graves divergences avec le premier ministre travailliste Keir Starmer, dont la formation vient de connaître de graves revers lors des élections locales d’il y a un peu plus d’une semaine.

Wes Streeting a conduit l’aboutissement du processus législatif correspondant au « Generational Ban » (la loi sur la génération sans tabac, interdisant de vendre du tabac, à vie, à toute personne née après le 1er janvier 2009 / voir 22 avril 2026).

Cette démission n’empêchera pas l’application du « Generational Ban » à partir de l’année prochaine.

D’autant que cette prohibition – si on devait l’appeler par son vrai nom – avait été initiée par le gouvernement précédent travailliste de Rishi Sunak (voir le 17 avril 2024).
Dont le Parti conservateur a aussi essuyé une défaite aux dernières élections locales (au profit du – très à droite – Reform Party, seule formation politique à s’opposer au Generational Ban).

Wes Streeting avait multiplié les formules pour souligner le caractère novateur du « Generational Ban » : « un tournant historique pour la santé du pays… On stoppe le cycle de l’addiction tabagique pour les générations futures… Mieux vaut prévenir que guérir… Nous protégeons des jeunes qui jamais n’accéderont au tabac ».

La politique…

12 Mai 2026 | International
 

Le ministre suédois de la Coopération au développement et du Commerce extérieur, Benjamin Dousa, a publié dans les colonnes de l’Expressen une tribune dans laquelle il fait le point sur les différentes actions menées par son gouvernement auprès de la France et des autres pays européens qui interdisent ou entravent la liberté de consommer des sachets de nicotine (voir le 6 avril 2026).

« Nous avons présenté à la France une proposition visant à autoriser les visiteurs temporaires, tels que les touristes originaires d’autres pays de l’UE, à importer de petites quantités de sachets de nicotine sans sanction.

Le gouvernement a également argumenté au cours de l’année écoulée pour empêcher l’introduction de restrictions en Espagne et en Autriche, ainsi que pour bloquer la proposition d’augmentation de la taxe européenne sur le sachet de nicotine. »

Rappelons que la prévalence tabagique en Suède est de 5,3 % (voir le 15 novembre 2024).

Soit le taux de tabagisme le plus faible d’Europe.

 

Depuis avril 2025, les magasins d’alimentation de plus de 400 mètres carrés n’étaient plus autorisés à vendre des cigarettes, des cigares, des filtres ou du papier à cigarettes en Belgique.
Ce qui a eu pour effet de réserver la vente du tabac aux libraires-presse (petits magasins se rapprochant du modèle des buralistes français. Avec une contrainte, cependant, celle du display-ban : interdiction de présenter à la vue des clients les produits du tabac et du vapotage / voir 30 mars 2025).

L’Union flamande des franchisés de la grande distribution et Philip Morris Benelux avaient saisi la Cour constitutionnelle contre cette mesure.
Laquelle a tranché. Elle estime que la distinction opérée entre grands et petits commerces est discriminatoire (voir le 7 novembre 2025).

Le ministre de la Santé Franck Vandenbroucke (responsable de l’interdiction des sachets de nicotine et, tout récemment, des arômes pour les produits du vapotage) avait jusqu’à la fin de l’année pour élaborer un nouveau texte.

Il apparaît que, suite à un accord politique au sein de la majorité gouvernementale, le ministre renonce, selon l’agence Belga.

D’après les médias belges, les grandes surfaces sont donc autorisées à vendre, de nouveau, des produits du tabac. Avec le display-ban.

« Ce qui rend ce changement de politique particulièrement amer, c’est qu’il a été décidé lors du même conseil des ministres où une interdiction générale des arômes pour les cigarettes électroniques a également été approuvée », souligne dans un communiqué Xavier Deville, président de Prodipresse (voir 4 mai 2026).

 

Les Pays-Bas se distinguent par une claire volonté politique de « casser » l’usage de la nicotine et des produits du vapotage. Avec un certain nombre de mesures précises :

  • Forte fiscalité des produits du tabac menant à des prix élevés (entre 11,50 et 12,50 euros le paquet) ;
  • Interdiction des sachets de nicotine (voir 25 avril 2023) ;
  • Interdiction des arômes dans les produits du vapotage (voir 8 novembre 2024) ;
  • Relèvement de l’âge légal pour acheter tout produit à nicotine à 21 ans (voir 16 février 2026)

Qu’est-ce que cela donne ? L’association citoyenne PDNW (Prohibition Does Not Work) vient de dresser le bilan de ce « fourre-tout »

  • 27 % des vapoteurs s’approvisionnent hors des Pays-Bas.
  • 31 % s’approvisionnent sur des sites internet illégaux.
  • 27 % des vapoteurs sont revenus à la cigarette ou ont augmenté leur consommation de tabac.
  • 33 % des vapoteurs et usagers des sachets de nicotine trouvent quand même des produits interdits dans des points de vente du pays.
  • 42 % des points de vente proposent encore des produits non-autorisés…

Sans commentaires

5 Mai 2026 | International
 

Fallait bien que ceci vienne des Anglais, ces éternels puritains !
Ceci ? Je parle de la récente interdiction au Royaume-Uni visant à ce que tout jeune britannique né après 2008 ne puisse jamais s’acheter des cigarettes (légalement)… tout au long de sa vie (voir 22 et 24 avril).
On y vante une « génération sans tabac ».
C’est ainsi que débute une tribune de Philippe Léger – dans Le Journal du Québec – que nous reprenons.

C’est l’histoire qui bégaie. Cette nouvelle prohibition du tabac s’apparente à une ancienne prohibition : celle de l’alcool au siècle dernier.
Raison qui change, mais même logique.
Autrefois celle-ci se faisait au nom du religieux, ici le protestantisme, maintenant l’interdit se fait au nom de la santé et des coûts collectifs.

Bien sûr, je ne fais pas la promotion du tabagisme. Fumer, c’est mal, voilà c’est dit.
Je m’exaspère par contre – peut-être, je vieillis ? – de cette tendance, toujours plus grande, des États à réglementer chaque régiment de nos vies pour des raisons toujours très nobles : notre santé, notre sécurité, l’environnement…

Des exemples éparpillés ? Des clôtures imposées autour des piscines. Des levées de poubelles calculées dans certaines villes. Des terrasses fermées à 22 heures sur le Plateau à Montréal…
Bref une panoplie d’interdits qui s’empilent continuellement. Lire la suite »

4 Mai 2026 | International
 

En interdisant les arômes dans les produits de vapotage dès septembre 2028, on ne protège pas la santé publique : on organise le transfert d’un marché légal vers un marché illégal. C’est ainsi que Xavier Deville, président de Prodipresse (regroupant les libraires-presses vendant, notamment, tabac et produits du vapotage en Belgique), réagit à l’annonce du ministre de la Santé (voir 2 mai).

Aujourd’hui déjà, près d’une vente sur deux en Belgique se fait via le circuit parallèle. Un marché que les autorités sont incapables de contrôler, que ce soit dans certains night shops ou sur les réseaux sociaux. Et ce sont précisément les jeunes — que cette mesure prétend protéger — qui s’y approvisionnent.
Demain, ce sera pire.

L’exemple néerlandais est sans appel. Le ministre oublie de le dire, mais les évaluations du RIVM (Institut national de santé publique) montrent des effets contre-productifs majeurs :

  • Explosion des achats transfrontaliers, notamment en Allemagne
  • 80 % des vapoteurs contournent l’interdiction en achetant à l’étranger (source : Acvoda)
  • À peine 2 % se tournent vers les produits autorisés au goût tabac
  • Près de 10 % retournent à la cigarette classique
  • Les produits aromatisés restent largement accessibles… mais illégalement
  • Le vapotage chez les mineurs a augmenté après l’interdiction (source : CBS National Youth Monitor)

Autrement dit : la consommation ne disparaît pas, elle bascule dans l’illégalité.

Cette décision n’est pas une politique de santé publique. C’est une politique de renoncement.

  • Renoncement face aux réseaux illégaux.
  • Renoncement aux recettes fiscales.
  • Renoncement à la protection réelle des consommateurs.

Et pendant ce temps, les organisations criminelles se frottent les mains.
Quand l’idéologie remplace le pragmatisme, les conséquences sont connues : plus de marché noir, plus de risques sanitaires, plus d’insécurité.

4 Mai 2026 | Institutions
 

Peut-on vraiment interdire le tabac à toute une génération ? C’est en tout cas le pari ambitieux lancé par le Royaume-Uni.
Le 20 avril dernier, le Parlement britannique a adopté le projet de loi interdisant aux personnes nées à partir du 1er janvier 2009 d’acheter des produits en contenant, sur tout le territoire, y compris lorsque celles-ci auront atteint la majorité (voir le 22 avril et 24 avril).
En cas d’infraction, les consommateurs ne seront pas sanctionnés.
En revanche, les commerçants qui enfreindraient la loi en vendant du tabac ou des produits associés, comme les feuilles à rouler, risqueront une amende équivalente à 230 euros.
Pour Le Point, le professeur Amine Benyamina, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse et président de l’association Addictions France (voir le 26 juin 2025), analyse la portée de cette loi.
C’est ainsi que débute un entretien (avec Maïlys Brunel) publié sur le site de l’hebdomadaire Le Point que nous reprenons.

Le Point : Qu’est-ce que vous inspire la décision du Royaume-Uni d’interdire la vente de tabac aux personnes nées après 2008 ?

Amine Benyamina : Je pense qu’elle est audacieuse, très clairement, mais intéressante.
Il y a une portée symbolique forte : d’emblée, on positionne une génération et une société sans tabac fumé. Je dis bien tabac fumé, parce que les Britanniques ont échappé à la lutte contre la nicotine comme seul ennemi. En France, on a encore ce débat qui n’est pas réglé.

Le Point : A-t-on déjà des données ou des expériences comparables dans d’autres pays pour en mesurer l’impact ?

Amine Benyamina : Pas vraiment. L’Australie est restée au milieu du gué sur son interdiction, on ne sait pas encore ce que ça donne. Il y a aussi les Maldives (voir 2 mai 2025), mais c’est plus facile dans un archipel ou dans un pays avec un système politique différent du nôtre. Lire la suite »

 

À l’heure où le Parlement britannique vient d’adopter le Tobacco and Vapes Bill instaurant une interdiction générationnelle de la vente de tabac (voir les 22 et 24 avril), Imperial Brands Seita publie les résultats d’une étude inédite sur l’attachement des Français à la liberté et à l’égalité.
Les données révèlent une adhésion très minoritaire au principe même d’une législation qui créerait des droits différenciés selon la date de naissance.
Nous reprenons le communiqué d’Imperial Brands Seita.

L’exemple britannique relance le débat en France

L’adoption au Royaume-Uni d’une interdiction définitive d’achat de tabac pour les personnes nées après le 1er janvier 2009 marque un tournant réglementaire inédit en Europe.
Elle confère une réalité concrète à un dispositif jusqu’ici débattu de manière abstraite en France, où une proposition de loi similaire a été déposée à l’Assemblée nationale.
Face à ce précédent, Imperial Brands Seita a souhaité interroger les Français sur leurs valeurs et leurs attentes en matière de libertés individuelles et de rôle normatif de l’État.
L’étude, réalisée par Toluna-Harris Interactive auprès d’un échantillon représentatif de 2 008 personnes, livre des enseignements qui invitent à la prudence avant toute transposition de ce modèle sur le territoire national. Lire la suite »