
Fallait bien que ceci vienne des Anglais, ces éternels puritains !
Ceci ? Je parle de la récente interdiction au Royaume-Uni visant à ce que tout jeune britannique né après 2008 ne puisse jamais s’acheter des cigarettes (légalement)… tout au long de sa vie (voir 22 et 24 avril).
On y vante une « génération sans tabac ».
C’est ainsi que débute une tribune de Philippe Léger – dans Le Journal du Québec – que nous reprenons.
C’est l’histoire qui bégaie. Cette nouvelle prohibition du tabac s’apparente à une ancienne prohibition : celle de l’alcool au siècle dernier.
Raison qui change, mais même logique.
Autrefois celle-ci se faisait au nom du religieux, ici le protestantisme, maintenant l’interdit se fait au nom de la santé et des coûts collectifs.
Bien sûr, je ne fais pas la promotion du tabagisme. Fumer, c’est mal, voilà c’est dit.
Je m’exaspère par contre – peut-être, je vieillis ? – de cette tendance, toujours plus grande, des États à réglementer chaque régiment de nos vies pour des raisons toujours très nobles : notre santé, notre sécurité, l’environnement…
Des exemples éparpillés ? Des clôtures imposées autour des piscines. Des levées de poubelles calculées dans certaines villes. Des terrasses fermées à 22 heures sur le Plateau à Montréal…
Bref une panoplie d’interdits qui s’empilent continuellement.
C’est comme si nos États, face à leur impuissance à agir sur nos crises, se réfugiaient dans ce qu’ils peuvent encore faire : contrôler socialement nos vies.
Comprenez-moi bien : qu’on empêche certains produits aux mineurs, bien sûr. Qu’on sensibilise et informe, très bien. Franc succès d’ailleurs depuis 40 ans sur le tabagisme. Qu’on impose des espaces non-fumeurs pour ne pas enfumer les non-fumeurs, très bien.
Même qu’il faut parfois interdire. Je pense aux téléphones dans les écoles, aux réseaux sociaux.
Il existe néanmoins des principes comme l’équilibre et la responsabilité individuelle. Et la liberté de fumer, comme bon leur semble, même si c’est mauvais pour eux.




