Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
25 Sep 2025 | Institutions, Récents
 

Nous reprenons, ci-dessous, une tribune de Frédéric Valletoux (président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et député Horizons) parue dans Les Échos du 24 septembre.

Il y a vingt ans, des nuages pouvaient encore emplir les trains et les salles des restaurants. On pouvait fumer dans des espaces clos à l’usine comme au bureau. Avant la loi Veil de 1976, la cigarette s’immisçait dans des publicités télévisées jusqu’aux chambres des patients hospitalisés. Il a fallu attendre la loi Évin de 1991 pour qu’on cesse enfin de fumer dans les salles de garde.

On peut donc mesurer le long chemin parcouru et la suite de victoires obtenues pour la santé publique face aux lobbys des cigarettiers. Ces grandes lois ont depuis été complétées depuis vingt ans par les différents Plans Cancer, la mise en place du paquet neutre, l’accompagnement des anciens fumeurs, la prescription de substituts, ou encore des initiatives telles que le Mois sans tabac. Les mesures de restriction alliées à la fiscalité et à la prévention ont permis une évolution positive du paysage du tabac en France.


Une consommation qui a chuté de 32 %

Les résultats sont éloquents. Depuis les années 2000, la consommation de tabac a chuté de 32 %. La marginalisation de la cigarette dans l’espace public et publicitaire a permis une baisse significative de sa prévalence dans la population.

Ne nous y trompons pas. La lutte contre ce fléau sanitaire est loin d’être achevée. La consommation de tabac continue de causer à chaque instant maladies et décès et d’accroître son poids sur notre système de santé. Le tabac demeure en effet la première cause de mortalité prématurée en France avec 73 000 décès par an, soit 200 par jour. Douze millions de nos concitoyens fument quotidiennement. Et si le nombre de jeunes fumeurs baisse, 17 % continuent de le faire. On estime que 200 000 adolescents rejoignent chaque année cette triste cohorte.

Au bilan humain s’ajoute un coût financier considérable. Contrairement à une idée trop largement partagée, la fiscalité sur le tabac n’est pas une manne opportune. Les 13,1 milliards d’euros prélevés sont inférieurs à la charge induite pour la Sécurité sociale, de plus de 16 milliards. Surtout, elles sont sans commune mesure avec l’ensemble des coûts sociaux et environnementaux résultant de la consommation du tabac, estimés à 156 milliards par an pour la société française.

Face au défi du tabac, la France est donc au milieu du guet. Les efforts doivent se poursuivre. À ce titre, le programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 décline des mesures pertinentes. Il limite les produits d’appel vers la jeunesse que ne cesse d’inventer l’industrie du tabac, tels que les puffs et les billes aromatisées, et étend le paquet neutre aux tabacs à chauffer, dangereux substituts qui s’imposent grâce à un marketing férocement trompeur. Enfin, le décret du 27 juin 2025 restreignant les lieux publics ouverts aux fumeurs est salutaire, notamment pour limiter le tabagisme passif.


L’angle mort du commerce parallèle

Le commerce parallèle est un enjeu majeur et angle mort de la politique contre le tabac. Il est insuffisamment pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics français et européens. Le commerce parallèle de tabac représente à ce jour entre 14 % et 17 % de la consommation et emporte des conséquences majeures.

Minant l’efficacité des politiques de prévention, il génère un manque à gagner de 3 à 5 milliards pour la Sécurité sociale, en plus de susciter nuisance et insécurité autour des points de vente et lors des passages aux douanes. Le réseau des buralistes est fortement impacté. Ces commerces implantés partout dans nos territoires subissent une concurrence déloyale résultant de flux organisés par l’industrie du tabac.

Les cigarettiers sont directement responsables de ce phénomène mais s’en déresponsabilisent par des communiqués et des études à la méthodologie contestable. Leur discours est rodé : la contrebande « leur échapperait », la contrefaçon expliquerait une partie majeure du commerce parallèle.

Faux diagnostic. La contrefaçon existe mais reste marginale ; l’essentiel des volumes illicites provient de cigarettes légalement fabriquées, ensuite détournées via des sur-approvisionnements dans des États à fiscalité faible, puis réinjectées en France par des réseaux fragmentés. Lire la suite »

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24 Sep 2025 | Institutions
 

Assemblée nationaleDes députés, emmenés par l’ex-ministre de la Santé Frédéric Valletoux (Horizons), ont appelé, ce 24 septembre, à lutter davantage contre le commerce parallèle de tabac, défendant notamment un texte qui propose de fixer dans chaque pays des quotas de livraison alignés sur leur consommation réelle.

C’est ainsi que débute une dépêche AFP que nous reprenons.

« Une cigarette fumée en France doit avoir été achetée en France », résume le président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée dans une tribune publiée sur le site des Échos.

Une proposition de résolution européenne en ce sens a été adoptée au printemps par la commission des Affaires européennes de l’Assemblée et Frédéric Valletoux espère qu’elle sera « discutée avant Noël » dans l’hémicycle, a-t-il indiqué mercredi lors d’une audition des associations anti-tabac et des fabricants de cigarettes (voir 27 août).

Les résolutions européennes sont des textes qui expriment la position de l’Assemblée nationale sur des textes européens ou des thématiques liées à l’activité de l’Union.

Si la consommation de tabac a chuté de 32 % depuis les années 2000, le commerce parallèle constitue un « angle mort de la politique contre le tabac (…) insuffisamment pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics français et européens », qui représente « entre 14 % et 17 % de la consommation » en France, pointe l’élu dans sa tribune.

Une partie relève de la contrefaçon, mais « l’essentiel des volumes illicites provient de cigarettes légalement fabriquées » dans d’autres pays « à fiscalité faible » puis « détournées », ajoute Frédéric Valletoux, qui estime que « les cigarettiers sont directement responsables de ce phénomène mais s’en déresponsabilisent par des communiqués et des études à la méthodologie contestable ».

Outre les quotas, il demande « une traçabilité publique et indépendante, permettant le suivi de chaque paquet depuis l’usine jusqu’au point de vente ».

Devant les députés, les principaux fabricants de cigarettes ont, eux, blâmé la politique fiscale de la France qui pousse, selon eux, les fumeurs à s’approvisionner ailleurs.

« Dans un marché unique européen où il y a une libre circulation des personnes, (…) conditionner les fournitures aux distributeurs à la nationalité des consommateurs, (…) serait contraire au droit européen », a défendu Stéphanie Martel, directrice des affaires externes de Philip Morris France.

« En France, le prix moyen d’un paquet est presque à 13 euros » contre 5 à 7 euros « en Espagne, Italie ou Luxembourg », a aussi pointé Sébastien Charbonneau de British American Tobacco France, qualifiant la fiscalité du pays d’« une des plus punitives d’Europe ».

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24 Sep 2025 | Trafic
 

Ce n’était pas leur premier trajet de la sorte. Le 3 avril 2024, deux individus se sont fait pincer au péage de Beaumont, sur l’A4, par la brigade des Douanes de Metz, avec 161,2 kilos de tabac de contrebande à bord d’une camionnette louée pour l’occasion.
C’est ainsi que débute un article du Républicain Lorrain signé Alexis Vaury.

26 cartons contenant 936 pots de tabac et 80 paquets de cigarettes ont été retrouvés, dissimulés sous des tapis, des couvertures et d’autres boîtes de denrées alimentaires. Pour un montant total de 92 976 € de produits.

Le couple divorcé venait de débourser 20 000 € en liquide, issus d’économies et de divers emprunts, pour s’offrir l’ensemble de la cargaison au Luxembourg.
Il comptait la ramener à Montluçon (Allier), sa commune de résidence.

Un voyage d’environ 1 200 kilomètres, aller-retour, que les deux mis en cause avouent avoir déjà effectué il y a quelques années.

Face aux magistrats du tribunal judiciaire de Val de Briey, ils ne contestent pas les faits, mais assurent que les plus de 161 kilos de tabac interceptés sont destinés à la consommation de leur famille.

Une thèse écartée par le substitut du procureur Paul Dodeller, qui évoque « un trafic pensé, organisé et assumé ».

Il requiert huit mois de prison avec sursis et de faire droit aux demandes de l’administration douanière, qui réclame la confiscation du tabac et une amende équivalente au prix des produits saisis, soit 92 976 €.
La juridiction a suivi.

(Voir aussi le 7 mars 2025)

23 Sep 2025 | Profession
 

Encore et toujours les écarts de prix avec l’Espagne jugés comme une concurrence déloyale…
Thème central évoqué ce 21 septembre, à Anglet, lors de l’assemblée générale de la fédération des 85 buralistes du Pays basque. Pour lutter, les buralistes doivent se réinventer.
Nous reprenons un sujet de Ici/France Bleu Pays basque, signé par Paul Nicolaï.

Les 85 buralistes du Pays basque avaient rendez-vous à Anglet ce dimanche 21 septembre pour l’assemblée générale de la fédération départementale de leur profession. L’occasion de souligner, une fois encore, les difficultés liées à la grande différence de prix qui existe entre la France et l’Espagne. Pour un paquet de cigarettes, elle est en moyenne du simple au double.
« C’est depuis 20 ans le sujet majeur pour les buralistes du département des Pyrénées-Atlantiques » souligne le Béarnais Philippe Coy qui préside la Confédération nationale de la profession.

Pertes de rentrées fiscales

« Nous faisons notre maximum pour que l’Europe réajuste ses bases de fiscalité, les chantiers sont ouverts et cela ne va pas impacter le marché français puisque nous sommes au plafond, mais cela aura une incidence sur les pays limitrophes de l’Union européenne » détaille Philippe Coy (voir 21 juillet) dont le second mandat de quatre ans arrive à échéance le mois prochain.

À cela s’ajoute une récente directive de l’Europe qui « oblige la France à autoriser le consommateur à passer la frontière avec un maximum de quatre cartouches alors que notre gouvernement avait réduit cette possibilité à une seule cartouche » déplore le Biarrot François Dupin qui préside la fédération des buralistes du Pays basque.

Si l’on y ajoute la contrebande de cigarettes, c’est « une perte fiscale annuelle de 4,5 milliards pour la France » insiste Philippe Coy.
Si la chute vertigineuse du nombre de buralistes semble enrayée, avec un buraliste pour 2 500 habitants, les volumes de tabacs vendus sont en baisse. Moins 11,5 % selon la fédération pour la période de janvier à juillet 2025 par rapport à la même période de 2024. En valeur, cela représente une baisse de 8,2 %. « La forte augmentation du prix des paquets il y a deux ans y est pour beaucoup » rajoute François Dupin.

« Il faut sortir du triptyque presse/tabac/jeux »

Conscient que l’image du tabac est de moins en moins valorisée dans la société, pour ne pas dire plus, les buralistes misent désormais sur « un engagement de services essentiel aux 10 millions de clients journaliers » explique la fédération.

Une stratégie de transformation du réseau déjà débutée chez 5 500 buralistes de France.

« Il faut sortir du triptyque presse/tabac/jeux en développant d’autres services de proximité » insiste Philippe Coy.
Exemples : le paiement des autoroutes, les services bancaires, de la restauration, les colis… « La force du maillage du territoire est l’un de nos atouts », rajoute Philippe Coy qui va passer la main le 10 octobre prochain.

Il est remplacé à la tête de la Confédération par l’actuel président de la fédération des buralistes du département de l’Oise, Serdar Kaya (voir 9 septembre).

19 Sep 2025 | Trafic
 

Depuis le 11 septembre, un service de covoiturage « pas comme les autres », du nom de CarKlop, permet à ses usagers d’organiser des trajets transfrontaliers aller-retour pour leur permettre d’accéder ensemble à des produits moins chers (voir les 14 et 16 septembre). L’objectif : faire des économies. C’est ainsi que le site CarKlop fait parler de lui… au Luxembourg.

Nous reprenons l’article qu’y consacre la publication luxembourgeoise Virgule.

À l’origine de l’initiative, une « frustration personnelle »

Le fonctionnement de la plateforme est simple : il s’agit de s’inscrire (l’identité est vérifiée) et de proposer un trajet ou de rejoindre un trajet existant aller-retour vers un pays frontalier (avec le choix d’un arrêt shopping de 7 heures maximum).

Deux pays de départ sont disponibles – la France et la Belgique – pour six pays de destination : l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, Andorre, l’Italie et le Luxembourg.

Des voyages sont d’ailleurs déjà proposés sur la plateforme, pour des trajets aussi divers que Nice-Vintimille, Lille-Bruxelles ou Bordeaux-Irun. Les trajets à destination du Grand-Duché sont déjà bien représentés : de Paris à Luxembourg, de Thionville à Frisange ou encore d’Is-sur-Tille (près de Dijon) à Foetz.

Les buralistes dénoncent une concurrence déloyale

La création de CarKlop fait réagir en France, comme le rapportent de nombreux médias français : si la Douane n’identifie a priori rien d’illégal, la Confédération des buralistes a exprimé sa colère face à une initiative « immorale et méprisante » facilitant les achats dans les pays voisins, ce qu’elle considère être de la concurrence déloyale, et a annoncé avoir saisi les autorités (…).

Respecter les quantités autorisées

Et si CarKlop prélève 15 % de commission sur le montant hors taxe des trajets, le déplacement reste rentable, assure Philippe Poulard : selon ses calculs, le passager d’un trajet depuis Lure, en France, jusqu’à Neuchâtel-sur-le-Rhin, en Allemagne, peut économiser jusqu’à 368 euros en achetant un maximum de paquets de tabac à rouler.

Un fumeur régulier (douze cigarettes par jour) pourrait même économiser jusqu’à 1 445 euros par an, assure-t-il (…).

CarKlop assure ainsi vouloir avant tout apporter « ordre et sécurité » grâce à un « cadre légal et sécurisé ». La plateforme reste réservée aux personnes majeures sans mesure de protection juridique (tutelle, curatelle) et est ouverte pour un usage personnel uniquement, dans la limite de deux trajets par mois. Les usagers sont d’ailleurs appelés à respecter les quantités légales autorisées pour le transport de tabac et d’alcool lors d’un voyage en Europe.

« Des problèmes techniques » sur le site

Ce 17 septembre, il n’était pas possible de rejoindre un trajet ou de proposer un nouveau trajet sur le site. CarKlop invoque « des problèmes techniques » et indique, étrangement, une « ouverture le 22 septembre à 00 h 00 ». À suivre.

 Commentaires fermés sur CarKlop : vu du Luxembourg… et avec des problèmes techniques sur le site  
16 Sep 2025 | Profession, Trafic
 

Cinq heures de route, Kamel, son frère et deux amis, arrivent en Andorre avec un but bien précis : se ravitailler en cigarettes. « En France c’est 130 euros la cartouche et ici, c’est 35,90 euros. Franchement, même avec l’essence, on est largement gagnants », raconte Kamel dans un reportage, diffusé sur TF1 le 14 septembre.
Soit le rebond d’une actualité – scandaleuse – dont nous avons déjà parlé à nos lecteurs (voir 14 et 15 septembre).

Même si chaque passager a dû débourser 30 euros pour l’essence et le péage, au total, le groupe économise 450 euros sur ses six cartouches, la quantité maximale autorisée. « Ça fait déjà trois ou quatre ans qu’on fait ça », reconnaît le frère de Kamel, « la rentabilité est totale, on est vachement gagnants ».

Passer la frontière pour acheter ses cigarettes est toujours une aubaine. Un paquet vendu près de 13 euros en France ne coûte que 10 euros en Belgique, 6 euros en Italie et seulement 5,5 euros en Espagne.


Lancée cette semaine, Carklop est une plateforme sur Internet qui mise justement sur ces écarts de prix. Elle met en relation les consommateurs qui souhaitent acheter du tabac ou de l’alcool à moindre coût. Objectif : covoiturer pour faire baisser la note.

Son fondateur, qui touche 15 % sur chaque trajet, l’assure, il s’agit de rendre service sans enfreindre la loi. « J’ai juste mis en place un service légal. Les gens le font déjà », explique Philippe Poulard. « Et j’insiste sur le fait pour que tous les utilisateurs ne fassent pas n’importe quoi. Je ne suis pas responsable, je suis un service de mise en relation ».


Du côté des buralistes français, l’initiative fait grincer des dents. Pour eux, la plateforme représente une concurrence déloyale. « Aujourd’hui, si on en vend de moins en moins, les gros buralistes vont maigrir et les petits vont mourir », se désole Jean-François Vigouroux, buraliste dans les Yvelines (et administrateur de la Confédération).

En France, deux paquets de cigarettes sur cinq sont achetés soit légalement à l’étranger, soit sur des marchés parallèles.

15 Sep 2025 | Profession
 

Lancée jeudi 11 septembre, cette plateforme met en relation des automobilistes avec des passagers pour partager les frais d’une excursion transfrontalière pour faire le plein de tabac, d’alcool et de nourriture moins chers. Surveillée par la Douane, elle est fustigée par les buralistes.

C’est ainsi que débute un article du Figaro (de Thibault Déléaz) sur un sujet que nous avons déjà présenté à nos lecteurs (voir les 11 et 14 septembre).

Comme un pied de nez aux autorités de santé publique françaises.
La plateforme Carklop, lancée jeudi 11 septembre, propose des trajets en covoiturage… pour aller faire ses achats à un prix plus avantageux de l’autre côté de la frontière. Comme son nom l’indique, le site promeut notamment l’achat de tabac bon marché à l’étranger, où il est moins taxé qu’en France, mais aussi d’alcool, de denrées alimentaires ou de produits d’hygiène.

Une pratique déjà courante chez les frontaliers, que la plateforme souhaite démocratiser, en proposant à ses clients de partager les frais du trajet.
Contrairement à une plateforme de covoiturage classique, où l’on réserve un aller simple, on réserve ici une excursion avec aller-retour et temps sur place fixé à l’avance. Parmi les annonces en ligne, la plupart sont des courts trajets transfrontaliers, mais certains vont jusqu’à proposer d’aller à Vintimille (Italie) depuis Lyon, soit un voyage de près de 5h30 rien que pour l’aller.

Son fondateur, Philippe Poulard, explique sur son site avoir eu cette idée après avoir découvert la différence de prix des cigarettes entre la France et l’Allemagne depuis qu’il vit près de la frontière. Il assure pourtant que sa plateforme « ne fait la promotion d’aucun produit » mais « donne simplement aux consommateurs les moyens de ne plus se faire matraquer financièrement pour des choix personnels ».

Sans surprise, la plateforme fait bondir les buralistes français, déjà vent debout contre les achats de frontaliers dans les pays voisins, qu’ils considèrent comme de la concurrence déloyale.
La Confédération des buralistes a dit sa « stupeur » dans un communiqué, dénonçant une initiative « visant à contourner les enjeux de santé publique et par la même occasion déréguler les marchés ».

Contactée par Le Figaro, la Douane confirme « s’intéresser à ce site au regard du respect de la réglementation sur le transport des tabacs en provenance d’un autre État membre », mais n’y voit toutefois rien d’illégal, la plateforme précisant bien la réglementation applicable et renvoyant vers le site des autorités.

Les covoitureurs peuvent toutefois être contrôlés au même titre que tous les automobilistes qui traversent la frontière, même dans l’espace Schengen. Si l’on peut, depuis 2024, rapporter quatre cartouches de cigarettes par personne de l’étranger – au lieu d’une auparavant – la règle est, dans le détail, assez subtile.
« En effet, la quantité de quatre cartouches n’est qu’un critère parmi les 12 fixés par décret pour déterminer s’il s’agit d’un transport pour besoins propres ou pour une finalité commerciale et donc taxable », précise la Douane.

Le mode de transport utilisé peut aussi être pris en compte par les agents pour apprécier le caractère personnel de l’achat, et il faut pouvoir prouver en cas de contrôle que l’on achète pour sa consommation personnelle uniquement.

14 Sep 2025 | Récents, Trafic
 

Carklop, une nouvelle plateforme de covoiturage pour acheter des cigarettes à l’étranger, qui énerve les buralistes.
C’est ainsi que débute un sujet de France Info, de Marie Maheux, que nous reprenons sur un sujet que nous avons déjà révélé à nos lecteurs (voir le 11 septembre).

De quoi s’agit-il ?
Sur le modèle d’un site de covoiturage, Carklop met en relation des conducteurs frontaliers avec des personnes désireuses d’acheter des biens à moindre coût à l’étranger (…)

Le principe de Carklop se veut simple.
En quelques clics, David, un cuisinier de Bonneville en Haute-Savoie, s’est inscrit sur la plateforme. Une fois son identité et son permis de conduire vérifiés, il a pu proposer un trajet en direction d’Aoste, en Italie, où il va déjà au moins une fois par mois : « C’est entre 20 et 30 % moins cher sur les courses alimentaires, explique le frontalier. Et les cigarettes, un paquet coûte en moyenne 6 euros, contre 12,5 euros [en France]. »
Pour David, s’inscrire sur Carklop est une façon de faire des économies sur l’essence, qui lui coûte entre 30 et 40 euros par trajet. Il propose trois places pour 20 euros chacune.

Mais pour lui, qui a beaucoup utilisé le site de covoiturage Blablacar, c’est aussi rendre la pareille à ceux qui ne peuvent pas faire le voyage. « J’ai une situation assez stable et je ne suis pas un gros fumeur. Moi, c’est juste vraiment pour partager ma voiture parce que je pense qu’il n’y a pas tout le monde qui peut proposer des trajets », avance-t-il.
Le cuisinier le précise d’ailleurs sur son profil : « Je vais souvent en Italie, autant en profiter dans le strict respect des lois ! »

C’est aussi ce que souligne le fondateur de Carklop, Philippe Poular, ancien réalisateur et habitant de Haute-Saône, qui va lui-même acheter son tabac en Allemagne : « Moi, je donne juste la possibilité à des gens qui ont des petites retraites, des petits salaires, qui, le 10 du mois, se serrent la ceinture… de leur dire, si vous utilisez cette solution, ça va quand même vous redonner un gros pouvoir d’achat. »

L’initiative n’a rien d’illégal, tant que les utilisateurs respectent la loi.
Les limites sont de quatre cartouches de cigarettes au maximum et pas plus de dix litres d’alcool fort. Et surtout pas de revente ensuite.
Philippe Poular assure que sa plateforme, qui prend 15 % sur chaque trajet, sanctionnera toute dérive.

Et il dit comprendre la colère des buralistes, surtout les frontaliers, mais « ce n’est pas moi qui mets ces taxes », rappelle-t-il.
« Pourquoi ils ne vont pas attaquer ceux qui vendent comme ça dans la rue ? C’est juste un droit que les gens peuvent utiliser, et donc moi je leur dis : utilisez-le », plaide Philippe Poular.

« C’est complètement hallucinant », réagit pour sa part, sur France Info, Philippe Coy, président de la Confédération nationale des buralistes.
Il dénonce le fait que la plateforme « propose à des Français d’aller fumer moins cher ailleurs ».

« Amener des gens de l’autre côté de la frontière pour des produits de consommation, c’est de la perte de TVA [et] un appauvrissement du commerce de proximité », s’indigne Philippe Coy.

Le syndicat des buralistes dit réfléchir à des actions légales contre la plateforme et indique qu’il réclame « le seuil d’une cartouche par individu au sein de l’Union européenne », qui existait en France jusqu’en mars 2024.

À la date de vendredi, une dizaine de trajets ont été publiés sur la plateforme.

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11 Sep 2025 | L'Info
 

Faire du covoiturage pour aller acheter des cigarettes à l’étranger ? C’est le scandaleux pari de l’application Carklop qui sort ce jeudi 11 septembre.
Nous reprenons l’information délivrée par RMC qui explique le concept de ce nouveau service.

Le lancement officiel est prévu pour ce jeudi 11 septembre. Carklop, c’est le nom du service d’un nouveau genre qui risque de faire du bruit.

Il s’agit de la première plateforme « de covoiturage transfrontalier qui facilite l’achat de tout ce qui est moins cher chez nos voisins », est-il affirmé en tête du site internet.

Comme son nom l’indique, ce service vise d’abord l’achat de cigarettes à l’étranger. Mais aussi l’alcool et les courses alimentaires. Un service unique donc, qui est né de deux constats.

« Des cigarettes trois fois moins cher »

D’abord, « des milliers de Français traversent déjà les frontières pour leurs achats mais de manière désorganisée », avance Carklop. Les trajets sont souvent individuels, donc coûteux et polluants, et il n’existe que des arrangements informels sur des forums et des groupes sans nécessairement de garantie.

Surtout, « dans un contexte où l’inflation frappe durement le pouvoir d’achat des Français, une réalité s’impose : les disparités de prix entre la France et ses voisins européens n’ont jamais été aussi flagrantes », d’après la plateforme.

« Vivant près de la frontière allemande, j’ai découvert que je payais mes cigarettes presque trois fois plus cher que mes voisins d’outre-Rhin.
J’ai donc créé Carklop par frustration personnelle. L’objectif est de redonner du pouvoir d’achat en permettant aux consommateurs d’accéder à des produits qu’ils utilisent déjà, à un coût plus abordable », explique sur le site Philippe Poulard, fondateur du service.

Vers 6 destinations

Mais alors concrètement, comment ça marche ? Il faut vous inscrire sur la plateforme (les personnes mineures sont exclues). Après vérification de son identité et/ou de son permis de conduire, on peut proposer un trajet ou rejoindre un trajet existant aller-retour.

Carklop permet de partir au départ de la France ou de la Belgique vers six pays : l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, Andorre, l’Italie et le Luxembourg. Comme c’est du covoiturage, on partage les frais de déplacement (essence et péage). C’est le propriétaire de la voiture qui décide du temps passé sur place, le groupe doit ensuite repartir au complet.

Selon un exemple détaillé par Carklop, un aller-retour vers l’Allemagne avec trois passagers permet à chacun de faire 379,5 euros d’économies sur 33 paquets de tabac à rouler achetés par personne. Pour un coût du covoiturage de 11,5 euros par personne (essence, péage, commission de 15 % prise par l’application).

« Nous assumons notre positionnement, mais Carklop ne fait la promotion d’aucun produit. Nous donnons simplement aux consommateurs les moyens de ne plus se faire matraquer financièrement et de faciliter une consommation plus juste, déjà ancrée dans la réalité », se défend la plateforme.

Pour rester dans la légalité, elle se couvre toutefois en insistant sur son site sur la réglementation en la matière.

Côté alcool, c’est 10 litres d’alcool et spiritueux (whisky, gin, vodka…), 20 litres de produits intermédiaires (porto, madère, vermouth…), 90 litres de vin, dont 60 litres de mousseux, et 110 litres de bière.

L’application se dédouane de toute responsabilité en cas de non-respect de ces règles : « chaque utilisateur est personnellement responsable des produits qu’il transporte. Carklop n’assume aucune responsabilité en cas d’infraction aux limitations légales », précise-t-elle dans ses conditions d’utilisation.

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10 Sep 2025 | International
 

L’Union européenne réfléchit à aligner les prix des paquets de cigarettes et du tabac en fonction du pouvoir d’achat des pays. Les prix au Luxembourg pourraient nettement augmenter et les conséquences pour les frontaliers sont nombreuses (voir le 8 juillet).
C’est du moins ce qu’annonce un sujet, de cet été, de Moselle TV dont nous reprenons l’essentiel.


Et si le Luxembourg ne devenait plus la destination fétiche des fumeurs ?
Seuls 12 % du marché des cigarettes au Luxembourg sont consommés par des Luxembourgeois.
Le reste ? Par des frontaliers : Allemands, Belges, Français, et majoritairement des Mosellans.
La raison ? C’est tout simplement moins cher. Comptez environ 5 euros le paquet dans le Grand-Duché, contre environ 12,50 euros en France.

En Europe, le Grand-Duché est l’un des pays les moins chers, tout l’inverse de son voisin français. L’Union européenne souhaite donc adapter la fiscalité du tabac en fonction du pouvoir d’achat (voir le 18 juillet). Conséquence : un paquet pourrait presque doubler au Luxembourg.

Un objectif de santé publique, mais pas seulement : « Il y a une explosion des ventes transfrontalières, une explosion du trafic, une explosion de la contrebande, une explosion d’usines qu’on a démantelées… C’est devenu un fléau », fustige Antoine Palumbo, président des buralistes en Moselle. « Le marché parallèle a explosé, puisque aujourd’hui, 40 % du tabac n’est pas vendu dans le réseau légal français. »

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