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15 Oct 2025 | Institutions
 

Baisse FlècheSanté publique France vient de publier le baromètre 2024 de la prévalence tabagique en France pour 2024.
Cinq mois seulement après la parution de son baromètre 2023 (voir le 21 mai).

Mais le plus étonnant réside dans une baisse spectaculaire de cette même prévalence tabagique – en une seule année (de 2023 à 2024) – puisque l’on passe de 31,3 % à 25 % (pour les « fumeurs quotidiens et occasionnels ») et de 23,1 % à 18,1 % (pour les fumeurs « quotidiens »).

Ceci après des années de stagnation : 34 % de « fumeurs quotidiens et occasionnels » et 30 % de « fumeurs quotidiens » en 2000.

Les explications de toute nature vont se multiplier pour expliquer ces chiffres. On reviendra dessus.
Mais il est probable que le développement du vapotage, ces toutes dernières années, a dû jouer un rôle important.

À suivre.

20 Sep 2025 | Associations
 

ContrepointsLe tabagisme demeure un enjeu majeur de santé publique en France. Nous comptons 27 % de fumeurs, contre une moyenne de 24 % en Europe. On estime qu’environ 75 000 décès sont dus chaque année à des complications qui lui sont liées, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable. Est-ce évitable, et comment ?
C’est ainsi que débute un article de la dernière édition de la revue libérale Contrepoints (voir 13 octobre 2022).

La situation ne progresse que très lentement. L’objectif est de parvenir à zéro tabac ou presque (taux inférieur ou égal à 5 %) d’ici à 2032. Mais selon les projections actuelles, il ne pourra être atteint que dans… 141 ans. Toutefois, des pays leaders de la lutte antitabac nous indiquent des moyens d’aller plus vite. Les chiffres le montrent : avec des stratégies fondées sur des données probantes et une réglementation intelligente, le changement est possible.

Trois scénarios

  • Scénario 1 : l’immobilisme — Si rien de plus n’est fait, la France n’atteindra le statut de pays sans tabac qu’en 2166, soit 134 ans après l’objectif théorique.
  • Scénario 2 : suivre les pays leaders — En prenant exemple sur la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni ou le Japon, l’objectif pourrait être atteint en 2076.
  • Scénario 3 : appliquer le modèle suédois — Avec la politique mise en œuvre en Suède, la France décrocherait le pompon douze ans plus tôt, en 2064.

 

Pourquoi la Suède est en passe de vaincre le tabagisme ?

Avec un taux de tabagisme de seulement 5,3 %, qui tombe à 4,5 % chez les Suédois de naissance, ce pays va probablement devenir le premier au monde sans tabac. En 2004, il comptait encore 16,5 % de fumeurs. Les étrangers venus de l’Union européenne qui s’installent suivent le mouvement : de 24 %, ils ne sont plus que 7,8 % à fumer.

Les effets sur la santé publique sont spectaculaires : par rapport à la moyenne de l’Union européenne, la Suède enregistre 21,2 % de décès liés au tabagisme en moins, 31,3 % de décès pour cause de cancer en moins et 36 % de décès par cancer du poumon en moins. En outre, les décès dus aux maladies cardiovasculaires ont baissé de 12% depuis 2008 et ceux qui sont dus à des cancers provoqués par le tabac, de 25,3 %.

Le secret de ce succès ? Une stratégie qui consiste à faire accepter des produits de substitution, facilement accessibles et peu coûteux. Des produits innovants à base de nicotine (ou produits nicotiniques à risques réduits), souvent très efficaces : vapes, cigarettes électroniques, produits oraux comme le snus (une tradition suédoise), patchs de nicotine…

Accélérer la trajectoire de la France vers un avenir sans tabac

En comparant la Suède et la France, il est facile les lacunes de nos politiques. Contrairement à la Suède, la France impose aux PNRR un cadre réglementaire très restrictif, censée protéger les jeunes contre l’exposition à la nicotine, mais qui n’aide guère les fumeurs de longue date à se sevrer. En l’état actuel de ces réglementations, La vente de cigarettes électroniques traditionnelles est autorisée, mais les vapes jetables sont, elles, interdites depuis février 2025.
( Les sachets de nicotine viennent d’être interdits / ndlr ).

Des politiques efficaces existent, elles ont fait leurs preuves ailleurs, elles se basent sur la liberté et l’innovation et elles sauvent des vies, qu’attendons-nous ? 

7 Juil 2025 | International
 

La France est l’un des pays d’Europe qui taxe le plus le tabac. Mais les résultats de ce choix fiscal sur notre consommation de cigarettes sont décevants et engendrent de nombreux effets pervers.

C’est ainsi que débute une tribune de Vincent Bénard, économiste, publiée sur LePoint.fr. Il revient longuement sur l’exemple de la Suède. Nous reproduisons l’intégralité de cette tribune.

Un symptôme frappant de la contrebande

Le 4 mai dernier, une sénatrice française a été contrôlée à notre frontière avec plus de 110 cartouches de cigarettes détaxées, comme une banale trafiquante. Ce fait divers pourrait paraître anecdotique, mais est symptomatique de l’explosion de la contrebande de tabac en France (voir le 29 juin 2025).

Selon un récent rapport de KPMG, un tiers des cigarettes consommées dans l’Hexagone provient du marché parallèle, alimenté notamment par des contrefaçons ou le vol de cargaisons légales. La France représente à elle seule près de la moitié des ventes de tabac clandestin en Europe (voir le 12 juin 2025).

La cause en est bien identifiée : il s’agit de notre niveau exceptionnellement élevé de taxation du tabac, le second en Europe derrière l’Irlande. Un paquet de cigarettes vendu chez nous incorpore environ 10 euros de taxes pour un prix de vente compris entre 12 et 13 euros. Autrement dit, le produit brut supporte plus de 500 % de taxes !

Ce taux vise à dissuader la consommation, mais il crée une forte incitation à l’achat hors du circuit officiel, le prix du paquet pouvant y être divisé par deux tout en laissant de confortables marges aux contrebandiers, avec un risque judiciaire plus faible que pour d’autres substances addictives, puisque le tabac est légal.

Prévalence tabagique : la France à la traîne de l’Europe

Le paradoxe est que cette politique fiscale très agressive n’a pas permis à la France d’être exemplaire en matière de santé publique.

Avec environ 25 % de fumeurs réguliers, notre pays se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (19 %), et la baisse de la prévalence tabagique depuis le début du XXIe siècle y est relativement modeste.

À contrario, des pays comme le Royaume-Uni (13 %), l’Allemagne (18 %), la Norvège et les Pays-Bas (14 %) affichent de meilleurs résultats, alors qu’ils taxent moins que nous le tabac.

L’exemple le plus emblématique est celui de la Suède, qui se distingue par la prévalence de la cigarette la plus faible d’Europe avec seulement 6 % de fumeurs réguliers. Pourtant, le prix d’un paquet de cigarettes y est compris entre 6 et 7 euros, soit moitié moins cher que chez nous. Quel est leur secret ?

La Suède : une approche pragmatique meilleure pour la santé

25 % des Suédois consomment des produits nicotinés, soit autant que la moyenne européenne, contre près de 50 % de fumeurs dans les années 1970.

Mais leur consommation s’est fortement déplacée vers des formats alternatifs sans fumée, et notamment le snus, petit sachet de tabac oral que l’on place entre la lèvre et la gencive, devenu très populaire dans les années 1990, et plus récemment, les pouches, reposant sur le même principe, mais où le tabac est remplacé par de la nicotine.

Ces produits permettent de diffuser lentement la nicotine dans le sang à faible dose via les muqueuses buccales, sans que tous les sous-produits toxiques de la combustion de la cigarette (goudrons, monoxyde de carbone, etc.) soient en contact avec les poumons.

Mais n’est-ce pas remplacer un danger par un autre ? Non, car le profil de risque de ces produits est bien documenté et très inférieur à celui de la cigarette.

Les Scandinaves se sont inspirés de travaux scientifiques, notamment ceux du Royal College of Physicians britannique ou de Public Health England, qui permettent de caractériser le profil de risque (risques médicaux, pouvoir addictif, etc.) de toutes les formes de nicotine.

Ces travaux ont permis de déterminer que les vapes, les sprays, le snus et les pouches sont des produits à faible profil de risque, et sont de 10 à 30 fois moins nocifs que le tabac à fumer, dont la cigarette est la pire forme.

Les autorités suédoises ont donc mis en œuvre une politique de « réduction des conséquences » plutôt que de rechercher une illusoire élimination de la consommation de nicotine.
Ils ont dédiabolisé les modes de consommation alternatifs et les ont favorisés par une taxation inversement proportionnelle à leur profil de risque.

Ainsi, la part de la cigarette est devenue très minoritaire dans cette consommation, remplacée par ces formes moins nocives et moins chères.

Ce choix sanitaire est hautement bénéfique :

  • la mortalité liée au tabac est 21 % plus basse qu’ailleurs dans l’Union européenne,
  • et celle spécifiquement due au cancer du poumon est réduite de 36 %.

La France, en revanche, persiste dans son approche prohibitionniste.
En 2026, de nouvelles réglementations visant à réduire l’attractivité de la cigarette électronique entreront en vigueur.
Pourtant, selon les autorités britanniques, la vape est très efficace pour aider à l’abandon de la cigarette classique, et 20 fois moins nocive.

Quant au snus, il est interdit à la vente dans toute l’UE, hors Suède.
Et les pouches sont menacées d’être interdites en France, alors que la forme la plus nocive, la cigarette, reste accessible.

L’interdiction de leur vente aux mineurs est d’autant moins dissuasive que prospère le marché noir, sur lequel on constate nombre de toxicités encore supérieures aux produits légaux.
Au motif de ne pas initier des jeunes aux formes les moins nocives de la nicotine, on les surexpose à la pire de ses déclinaisons. Quelle ineptie !

Hypocrisie budgétaire ?

Pourquoi ce refus borné d’encourager les alternatives moins nocives ?
Osons une explication cynique : l’État ne veut surtout pas perdre les 16 milliards d’euros de recettes fiscales associées à notre tabagisme élevé.

Certes, selon KPMG, le développement du marché noir prive l’État de 7 milliards de recettes, mais même si elle n’a pas le rendement attendu à cause de cela, la hausse exponentielle des taxes sur le tabac a fait augmenter les recettes afférentes de 20 % (hors inflation) depuis 20 ans.

De nombreux économistes défendent ce type de taxes sur les produits nocifs ou polluants, car elles sont censées en réduire la consommation.
Mais ils oublient qu’une fois que ces taxes rapportent des milliards, le pouvoir politique devient intéressé à la perpétuation du comportement qu’il prétend combattre.

Pourtant, les coûts du tabac pour l’Assurance maladie sont au minimum du même ordre,
et il faut leur ajouter le prix de la lutte contre la criminalité liée au commerce parallèle d’un produit pourtant légal.

En adoptant la même politique que la Suède, l’État pourrait à moyen terme gagner bien plus en sécurité et en santé publique que les recettes fiscales auxquelles il serait amené à renoncer.

5 Juil 2025 | Pression normative
 

Biarritz plage sans tabacDepuis le décret du 27 juin 2025 sur les espaces sans tabac, de nouvelles restrictions en matière de tabagisme entrent en vigueur (voir 1er juillet et 29 juin). Pour accompagner ces changements et répondre efficacement aux questions les plus fréquentes, le ministère de la Santé a mis à disposition une foire aux questions (FAQ) accessible en ligne. C’est ainsi que débute une communication de l’UMIH (Union des Métiers de l’Hôtellerie-Restauration).

Quelles terrasses sont concernées ?

Les terrasses couvertes et fermées sont déjà interdites au tabac. Avec la nouvelle réglementation, même les terrasses complètement ouvertes peuvent être visées si elles se trouvent dans des zones interdites, notamment : les parcs et jardins publics, les plages pendant la saison balnéaire, ou à moins de 10 mètres des établissements accueillant des mineurs, comme les écoles ou crèches.

Ainsi, un café dont la terrasse est implantée dans un parc ou face à une école devra interdire de fumer, même si la terrasse est en plein air.

Bars et restaurants de plage : une interdiction ferme

Les paillotes, bars et restaurants installés sur des plages bordant des eaux de baignade sont également concernés. Durant la saison balnéaire, fumer y sera strictement interdit, y compris sur les terrasses extérieures. L’objectif : faire des plages des lieux sans tabac visibles ni odeurs, pour éviter toute incitation, notamment chez les jeunes.

La règle des 10 mètres

Autre point crucial : les terrasses de cafés et restaurants situées dans un périmètre de 10 mètres autour des accès publics d’écoles, bibliothèques ou établissements accueillant des mineurs, sont désormais soumises à l’interdiction. Cette mesure s’appliquera dès la publication d’un arrêté précisant les modalités.

Signalisation obligatoire

Les établissements concernés doivent afficher une signalétique réglementaire visible, mentionnant l’interdiction de fumer, le numéro d’aide à l’arrêt (3989), et les sanctions encourues.

Quelles sanctions ?

Tout manquement est passible d’une amende de 135 euros, pouvant atteindre 750 euros en cas de récidive. Ces sanctions concernent aussi bien les fumeurs que les responsables de lieux ne respectant pas leurs obligations de signalisation ou incitant au tabagisme.

Une période estivale de tolérance est prévue pour la mise en conformité, mais la vigilance est de mise dès maintenant selon l’UMIH.

10 Juin 2025 | Institutions
 

Cigarette à la main en terrasseÀ l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, Santé publique France (SPF) a publié deux études dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) / (voir le 22 mai 2025).
À partir des données statistiques de ses baromètres annuels, récoltées par le moyen de questionnaires téléphoniques, il s’agit de « mieux comprendre les dynamiques d’arrêt du tabac et les profils de ceux qui parviennent à arrêter » selon le site Vie publique.


L’analyse des données fait apparaître des disparités dans la capacité et la volonté d’arrêter de fumer ainsi que dans la perception du tabagisme.

Alors que la part d’adultes fumeurs quotidiens était de 40 % dans les années 1970, puis d’environ 30 % entre 2000 et 2015, Santé publique France enregistre une baisse du nombre de fumeurs sur la période 2016-2019 qui atteint 24 % des adultes en 2019.

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22 Mai 2025 | Institutions
 

Nous avons déjà présenté, ici, les derniers chiffres concernant la prévalence tabagique en France telle qu’elle est établie par l’OFDT (Office français des drogues et des tendances addictives), en collaboration avec Santé publique France / SPF (voir le 21 mai).

Rappel : nous parlons ici de prévalence tabagique quotidienne : c’est-à-dire la proportion, parmi la population, de personnes (de 18 à 75 ans) fumant tous les jours en 2023.

Soit 23,1 %.

Ce chiffre de 23,1 % correspond aux réalités régionales suivantes (en ordre décroissant de prévalence tabagique) :

  • Bourgogne-Franche-Comté : 26,8 % (26,7 % en 2021)
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur : 26,5 % (29,1 % en 2021)
  • Occitanie : 26 % (28,5 % en 2021)
  • Centre-Val de Loire : 25,5 % (21,7 % en 2021)
  • Nouvelle-Aquitaine : 23,9 % (25,3 % en 2021)
  • Hauts-de-France : 23,9 % (26,4 % en 2021)
  • Normandie : 23,1 % (25,3 % en 2021)
  • Pays de la Loire : 23 % (22,4 % en 2021)
  • Auvergne-Rhône-Alpes : 21,6 % (24,9 % en 2021)
  • Île-de-France : 19,6 % (22,4 % en 2022)
  • Bretagne : 19,5 % (25,5 % en 2021)
21 Mai 2025 | Observatoire, Profession
 

Les faits : Le Figaro et RTL, entre autres, reviennent sur les derniers chiffres de la prévalence tabagique en France pour 2023. Données publiées par l’OFDT (Office français des Drogues et des Tendances addictives) en collaboration avec Santé publique France / SPF.

Prévalence tabagique ? : C’est la proportion de la population française (entre 18 et 75 ans) qui déclare « fumer »… voire « fumer quotidiennement ».

Les chiffres 2023 : 31,3 % déclarent fumer (23,1 % quotidiennement). Comparaison avec 2022 : 31,8 % déclarent fumer (24,5 % quotidiennement / voir 31 mai 2023). Comparaison avec 2021 : 31,9 % déclarent fumer (25,4 % quotidiennement / voir 13 décembre 2022).

Et le vapotage ? 8,3 % de la population adulte française vapotent (6,1 % vapotent quotidiennement).
(À suivre)

20 Fév 2025 | Institutions
 

Santé publique France et le Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en collaboration avec l’Assurance Maladie, lancent une nouvelle campagne de sensibilisation à destination des fumeurs (voir 6 mai 2024 et 5 mai 2023).

Avec un message phare « Plus on essaie d’arrêter de fumer, plus on a de chances de réussir », cette campagne vise à encourager les tentatives d’arrêt, même infructueuses, en les valorisant comme des étapes vers un sevrage définitif annonce un communiqué que nous reprenons ci-dessous.  

•• Un partenariat inédit avec l’émission « Koh-Lanta »  

« Koh-Lanta » est une émission populaire qui véhicule des valeurs fortes : persévérance, résilience, inspiration, ce qui permet de valoriser en miroir l’état d’esprit nécessaire pour refaire une tentative d’arrêt du tabac, quand les précédentes ont échoué. Lire la suite »

29 Jan 2025 | Institutions
 

L’Institut national du Cancer lance une phase-pilote de dépistage du cancer du poumon à partir de cet été, prélude à un programme à grande échelle prévu en 2030 pour les 3,8 millions de fumeurs et anciens fumeurs situés entre 50 et 74 ans. Nous reprenons l’article du Parisien du 26 janvier. 

Les fumeurs concentrent 80 % des victimes de ce cancer particulièrement meurtrier. Chaque année, les tumeurs pulmonaires affectent 53 000 nouvelles personnes en France et en tuent 30 400.

•• Pourquoi un tel dépistage n’a pas été mis en place plus tôt ? La Société française de Pneumologie de Langue française (SFPLF) y pousse depuis très longtemps, mais on manquait jusqu’à présent de données scientifiques pour cibler la bonne population.

« Aujourd’hui, les pneumologues prescrivent déjà le dépistage de façon individuelle chez leurs patients qu’ils estimaient à risques » explique le Professeur Sébastien Couraud, praticien aux Hospices civils de Lyon, l’un des coordonnateurs de ce programme pilote. Ce qui laisse forcément beaucoup de monde au bord de la route.

« En France, l’idée de pratiquer un dépistage généralisé chez les fumeurs est apparue à partir des années 2000 », ajoute-t-il. « Une première étude avait été lancée pour en mesurer l’intérêt mais les résultats ont été décevants parce qu’on n’avait pas réussi à cibler les bonnes personnes ».

•• En 2016, en l’absence de preuves scientifiques quant à la pertinence de faire passer des scanners à tous les fumeurs, la Haute Autorité de Santé (HAS) déconseille même formellement de mettre en place un tel programme. Avant de changer diamétralement d’avis en 2022.

« C’est une étude belgo-néerlandaise sur 15 000 personnes publiée en janvier 2020 qui a complètement changé la donne », éclaire le professeur Couraud. « Elle a permis de montrer que le dépistage chez les fumeurs permet de réduire de 24 % le risque de décès par cancer du poumon à dix ans chez les hommes et de 33 % chez les femmes. C’est vraiment énorme, on n’avait jamais vu cela dans aucun programme de dépistage dans les autres cancers. Donc quand cette étude est arrivée, je l’ai immédiatement envoyée à la HAS. »  Lire la suite »