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16 Avr 2020 | Observatoire
 

Des fumeurs sous-représentés chez les malades du Covid ?

C’est ce que semble indiquer certaines études, en complément du constat du professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique : « on a constaté que l’immense majorité des cas graves ne sont pas des fumeurs, comme si le tabac protégeait contre ce virus, via la nicotine » (voir 9 avril).

La question fait débat.

•• « Fin mars, une étude chinoise, publiée dans le New England Journal of Medicine et portant sur plus de 1 000 personnes atteintes du Covid, a montré que la proportion de fumeurs était 5 fois inférieure au nombre total de fumeurs en Chine. 

« Début avril, une étude américaine portant sur 7 000 malades a montré que 1,3% des patients positifs au Covid étaient fumeurs. Ils sont 13,4 % dans la population générale » énonce le professeur Bertrand Dautzenberg dans Sud-Ouest.

Selon lui, ce supposé « effet nicotine » est « une hypothèse intéressante » mais qui demande encore à être démontrée.

L’explication de cet « effet nicotine » serait à chercher du côté des récepteurs ECA2, poursuit-il : « ils sont la porte d’entrée chez l’homme du Covid-19 par les muqueuses respiratoires. La variation de l’expression de ces récepteurs par le tabac pourrait moduler le risque d’être atteint par la maladie ».

•• Sur France Info, Marion Adler, médecin tabacologue à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart, a décrit la même hypothèse : « le mécanisme envisagé serait une régulation des récepteurs ACE2, qui sont des récepteurs particuliers qui permettraient peut-être de diminuer le syndrome inflammatoire et qui permettraient peut-être aussi, grâce à la nicotine, de protéger ».

••S’il estime qu’il est nécessaire de « conduire des recherches pour mieux comprendre », Bertrand Dautzenberg rappelle que « globalement le tabac tue plus de #covid19 qu’il pourrait hypothétiquement en sauver ».

9 Avr 2020 | Observatoire
 

Interviewé dans la matinale de France Info, ce mercredi 8 avril, au sujet de la durée du confinement en France mais aussi sur le port du masque, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique Covid-19, s’est ensuite exprimé sur les interrogations qui planent encore autour de ce virus. Et il a délivré un constat surprenant.

« Je suis très humble vis-à-vis de ce virus. On ne le connaissait pas, il y a de ça 3 mois et demi. Ce virus suscite encore beaucoup d’interrogations : pourquoi touche-t-il davantage telle région plutôt que telle autre, en autres …

•• « Par exemple, l’immense majorité des formes graves n’est pas composée de fumeurs. Comme si le tabac protégeait de ce virus, via la nicotine. Qui aurait imaginé avoir ce type d’interrogations il y a quelques semaines ? … On dirait que la nicotine pourrait ainsi constituer une forme de protection. » Une observation déjà faite en Chine (voir 20 février).

« Ne vous mettez pas au tabac pour autant ! » a-t-il prévenu. Cette interrogation qui entoure la nicotine met juste en lumière « des faits surprenants au niveau épidémiologique ».

•• En revanche, une fois le virus contracté, dans le cas d’un fumeur, le risque de développer une forme grave du Covid-19 serait plus élevé, « parce qu’il y aurait sûrement une polypathologie respiratoire » précise bien Jean-François Delfraissy.

Et le professeur de médecine, spécialisé dans l’immunologie, de conclure qu’il « y a un flot de connaissances qui va finir par aboutir, avec des éléments qui vont permettre de prendre en charge les personnes infectées ».

(Voir aussi les 1er et 7 mars).

1 Juil 2019 | Profession
 

La nouvelle a fait le tour des milieux scientifiques s’intéressant sérieusement à la question.

Des chercheurs de l’université de Dortmund, en Allemagne, ont mis au point une variété de tabac génétiquement modifié contenant un taux de nicotine d’à peine 0,04 milligramme par gramme de feuilles séchées.

C’est du moins ce révèlent leurs travaux, publiés dans la revue Plant Biotechnology Journal.

•• Sachant que pour les variétés classiques, le taux de nicotine est de 16 milligrammes par gramme de feuilles séchées, rappelle la même source. Lire la suite »

13 Juin 2019 | Profession
 

La famille Pelet est la dernière à cultiver du tabac sur le territoire de la commune de Sainte-Mondane, située à moins de dix kilomètres de Sarlat en Dordogne. Ils étaient 60 producteurs dans les années 60.

Et ces planteurs ne visent plus le marché de la cigarette, mais celle de la nicotine pour la vape. Sud-Ouest rencontré cette nouvelle génération de tabaculteurs.

« Quand il y a deux ans – une société girondine de Pessac, VDLV (Vincent dans les Vapes / voir Lmdt du 12 octobre 2017) – a contacté notre coopérative Périgord Tabac pour mettre au point une filière de nicotine 100 % française, nous avons foncé » explique Jean-Louis Pelet. Lire la suite »

12 Juin 2019 | Profession
 

Altria a annoncé, ce 3 juin, avoir conclu un accord définitif en vue de l’acquisition d’une participation de 80 % (pour 372 millions de dollars) dans certaines activités de la société suisse Burger Söhne Group (créée en 1864 et qui produit par ailleurs les cigares Dannemann) : ce qui permettra à Altria de reprendre la distribution de la marque « On ! » de sachets de nicotine à usage oral (« oral nicotine pouches »).  

Produisant et commercialisant les produits de Philip Morris International aux États-Unis – c’est, en fait, la société sœur de PMI après partition en 2008 – Altria multiplie les initiatives sur tous les champs de l’innovation : Lire la suite »

2 Avr 2019 | International, Profession
 

La semaine dernière, Reynolds (groupe BAT désormais, voir Lmdt du 24 juillet 2017) a donné le coup d’envoi de Revel : des pastilles à la nicotine (sans tabac, ni goudron) qui se dissolvent dans la bouche, vendues en quatre saveurs. 

C’est le premier nouveau produit lancé par l’entreprise, à une large échelle commerciale, depuis l’e-cigarette Vuse en 2013 (voir Lmdt du 7 janvier 2016).

•• « Nous ne positionnons pas cela comme un produit de cessation. C’est simplement un moyen simple pour les adultes de consommer la nicotine dans un format différent », a déclaré Shay Mustafa, vice-president consumer marketing de Reynold’s.

Les pastilles s’adressent exclusivement aux adultes qui fument déjà. Reynolds parie qu’un grand nombre de ces clients recherchent une manière plus simple et plus discrète d’utiliser la nicotine, en dehors des cigarettes traditionnelles et des e-cigarettes.

•• Afin anticiper toute critique d’« appel aux jeunes », les pastilles Revel sont vendues hors linéaire apparent et conditionnées dans des emballages protégés. Les ventes en ligne sont limitées à deux commandes par client, à la fois, et avec vérification de l’âge (21 ans) par un logiciel.

Reynolds demandera aux détaillants de participer à « We Card », un programme créé en 1996 pour réduire l’accès des mineurs au tabac. « Le marketing responsable est au cœur de la manière dont nous voulons rendre disponibles ces produits » a précisé Shay Mustafa.

19 Mar 2018 | International
 

L’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments a ouvert la porte jeudi dernier vers une réduction de la quantité de nicotine dans les cigarettes afin de les rendre moins addictives annonce l’AFP.

La Food and Drug Administration (FDA) a indiqué, en effet, qu’elle sollicitera l’avis du public et va commencer « à explorer une norme pour réduire la nicotine dans les cigarettes à des niveaux minimalement addictifs ou non addictifs » (voir Lmdt du 29 juillet 2017).

•• « Nous faisons aujourd’hui un pas décisif qui pourrait nous rapprocher de notre vision d’un monde où les cigarettes ne créeraient plus de dépendance, où il serait plus difficile aux futures générations de devenir dépendantes et qui permettrait à un plus grand nombre de fumeurs dépendants d’arrêter le tabac ou de passer à des produits potentiellement moins nocifs », a déclaré le délégué de la FDA, Scott Gottlieb. Lire la suite »

9 Fév 2018 | Associations
 

Suite à l’article du Monde sur la plainte du CNCT contre les principaux fabricants pour « tricherie » sur les données concernant les teneurs en goudron et nicotine – ce que certains médias appellent déjà « Filtergate » (voir Lmdt de ce jour 1 et 2) – JT International France a publié la déclaration suivante :

« Nous avons été surpris d’apprendre dans la presse ce matin qu’une telle plainte a été déposée.

Nous opérons en France et dans tous les pays où nous commercialisons nos produits en toute conformité avec la loi, et nos produits font l’objet de contrôles réguliers par les autorités sanitaires.

En France, nous déclarons chaque année l’ensemble des ingrédients de nos produits auprès du Ministère de la Santé.

Les teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone sont analysées plusieurs fois par an par le Laboratoire National de Métrologie et d’Essais, agréé par le Ministère de la santé, afin de s’assurer de leur conformité à la réglementation en vigueur. »

 

C’est ce qui apparait avec l’annonce faite, ce vendredi 28 juillet, par le docteur Scott Gottlieb, le nouveau patron de la US Food and Drug Administration (l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments, la FDA, régulant aussi les produits du tabac et du vapotage) qui laisse entrevoir un changement stratégique important dans la lutte contre l’addiction au tabac.

Avec un pragmatisme s’appuyant, notamment, sur les produits potentiellement à moindre nocivité ? Il le semble, mais on verra au fur et à mesure des prochaines analyses.

•• Son intention affichée consiste, avant tout, à réduire la nicotine dans les cigarettes à un niveau ne provoquant pas d’accoutumance pour les fumeurs.

D’après l’AFP, « les mesures dévoilées vendredi font partie d’un plan plus étendu visant à décourager le public de fumer des cigarettes conventionnelles en faveur de produits contenant de la nicotine, mais moins nocifs, comme les cigarettes électroniques.

« C’est la première fois que les autorités fédérales tentent d’encourager les Américains à arrêter de fumer en s’attaquant directement à la substance addictive.

« Jusqu’à présent, les mesures anti-tabac consistaient en des mises en garde contre les dangers du tabagisme sur les paquets de cigarettes, des taxes sur le tabac et des campagnes de dissuasion visant surtout les jeunes » précise l’AFP. Lire la suite »

22 Mai 2016 | Observatoire
 

NicotineL’équipe de Muriel Jacquier-Sarlin du Grenoble Institut de Neurosciences (GIN) a récemment mis en évidence que la nicotine, ce composant parmi les plus actifs du tabac, aurait une incidence bénéfique sur la colite ulcéreuse. Cette dernière, appelée également rectocolite hémorragique, est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) –proche de la maladie de Crohn – qui se traduit par une inflammation et la formation de lésions dans la muqueuse du rectum et du colon.

Les chercheurs grenoblois ont découvert un récepteur nicotinique sur la surface des cellules de l’intestin. « Pour étudier son rôle dans l’intestin, les scientifiques ont choisi d’utiliser la nicotine qui possède, comme son nom l’indique, une affinité naturelle pour ce dernier » précise la publication dans Science & Santé, le magazine de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Son interaction avec un neurotransmetteur, l’acétylcholine, entraîne la diminution de cellules inflammatoires et une augmentation de la production de prostaglandine E2, un acide gras, qui va entre-autre éliminer les toxines accumulées par les cellules et réduire ainsi l’inflammation.

L’enjeu de ces travaux est de mettre au point de nouveaux traitements, pour soigner cette maladie et les autres MICI qui touchent plus de 200 000 personnes, dont 10 % d’enfants.

Cet effet de la nicotine n’est bénéfique qu’à très faibles doses. A dose plus importante, elle favoriserait, au contraire, l’inflammation.