Moins de fumeurs, plus de nicotine. L’industrie du tabac a réussi sa mutation. La réglementation européenne est passée à côté d’une cible… mouvante.
C’est ainsi que débute un article de Emmanuel Beretta dans Le Point.
La bataille de la cigarette n’est pas gagnée. Elle est devenue celle de la nicotine sous ses nouvelles formes. C’est ce qui ressort du rapport européen d’évaluation de la lutte contre le tabagisme publié le 8 avril par la Commission européenne (voir les 3 et 7 avril).
Certes, la cigarette traditionnelle a reculé sur le bout des lèvres. Entre 2012 et 2023, les ventes en volume ont chuté de 24,7 %. La prévalence du tabagisme est passée de 28 % à 24 % dans l’UE ; chez les 15-24 ans, de 29 % à 22 %. Les paquets neutres, les avertissements sanitaires, l’interdiction publicitaire ont-ils eu un impact ? Oui, mais pas forcément celui que l’on croit.
Car l’industrie du tabac s’est réinventée. Elle a déplacé ses produits et ses ventes. La valeur totale du marché européen du tabac et des produits connexes a augmenté de 3 %, à 159,3 milliards d’euros entre 2012 et 2023.
Le tabac chauffé, inexistant en 2012, pèse déjà 12,5 milliards d’euros. La cigarette électronique a progressé de 450 % en valeur. Les sachets de nicotine, apparus il y a moins de dix ans, ont bondi de 1 697 % entre 2018 et 2023. Trois produits. Trois angles morts de la réglementation. Lire la suite »













