Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
10 Avr 2026 | International
 

Moins de fumeurs, plus de nicotine. L’industrie du tabac a réussi sa mutation. La réglementation européenne est passée à côté d’une cible… mouvante.
C’est ainsi que débute un article de Emmanuel Beretta dans Le Point.

La bataille de la cigarette n’est pas gagnée. Elle est devenue celle de la nicotine sous ses nouvelles formes. C’est ce qui ressort du rapport européen d’évaluation de la lutte contre le tabagisme publié le 8 avril par la Commission européenne (voir les 3 et 7 avril).

Certes, la cigarette traditionnelle a reculé sur le bout des lèvres. Entre 2012 et 2023, les ventes en volume ont chuté de 24,7 %. La prévalence du tabagisme est passée de 28 % à 24 % dans l’UE ; chez les 15-24 ans, de 29 % à 22 %. Les paquets neutres, les avertissements sanitaires, l’interdiction publicitaire ont-ils eu un impact ? Oui, mais pas forcément celui que l’on croit.

Car l’industrie du tabac s’est réinventée. Elle a déplacé ses produits et ses ventes. La valeur totale du marché européen du tabac et des produits connexes a augmenté de 3 %, à 159,3 milliards d’euros entre 2012 et 2023.
Le tabac chauffé, inexistant en 2012, pèse déjà 12,5 milliards d’euros. La cigarette électronique a progressé de 450 % en valeur. Les sachets de nicotine, apparus il y a moins de dix ans, ont bondi de 1 697 % entre 2018 et 2023. Trois produits. Trois angles morts de la réglementation. Lire la suite »

 

Le commerce illicite du tabac constitue un phénomène criminel mondial aux lourdes conséquences financières pour l’Union européenne et ses États membres.
C’est ainsi que débute une communication de la Cour des Comptes européenne, du 30 mars 2026, que nous reprenons.

 Si la contrebande demeure un problème bien connu, une autre pratique prend de l’ampleur : la production illégale de produits du tabac contrefaits ne cesse de se développer au sein même de l’UE.

Des sites de fabrication clandestins ont été découverts dans presque tous les États membres.
Ce déplacement de la production depuis certains pays d’Europe orientale (comme la Biélorussie ou l’Ukraine) vers le territoire de l’Union répond à un choix stratégique des organisations criminelles : raccourcir les chaînes d’approvisionnement et être au plus près du consommateur. Nos auditeurs examinent actuellement dans quelle mesure les efforts déployés par l’UE et les États membres pour lutter contre le commerce illicite du tabac portent leurs fruits – ou s’ils risquent, au contraire, de partir en fumée. Le rapport devrait être publié cet été. Lire la suite »

7 Avr 2026 | Associations
 

logo cnct

À la suite de la publication par la Commission européenne de son évaluation de la directive sur les produits du tabac (TPD) et de la directive sur la publicité du tabac (TAD), le Comité national contre le Tabagisme (CNCT) appelle à une révision ambitieuse et cohérente du cadre européen. C’est ainsi que débute un communiqué du CNCT que nous reprenons (voir le 3 avril).

Face à un marché en profonde mutation et à l’essor des nouveaux produits nicotiniques, la future Directive devra généraliser l’ensemble des mesures efficaces de réduction de la consommation à tous les produits, y compris le tabac chauffé, et encadrer strictement les nouveaux produits à la nicotine afin de prévenir l’initiation, notamment chez les jeunes.

Dans un contexte où les objectifs européens de réduction du tabagisme restent hors d’atteinte, le CNCT souligne également la nécessité de protéger les politiques publiques de toute ingérence de l’industrie du tabac, notamment à travers un système de suivi et de traçabilité pleinement indépendant. « Tant que la réglementation européenne court derrière les stratégies de l’industrie du tabac, ce sont les politiques de santé publique qui restent en retard. » Dans cette perspective, le CNCT appelle également à permettre aux États membres d’adopter des mesures plus protectrices afin de répondre efficacement aux enjeux de santé publique.

Un cadre européen dépassé face aux stratégies de l’industrie et aux évolutions du marché

L’évaluation de la Commission européenne met en évidence un décalage croissant entre la rapidité d’évolution du marché de la nicotine et la capacité de la réglementation à y répondre.
Si la Directive de 2014 a permis des avancées importantes, notamment en matière d’étiquetage, de composition des produits et de traçabilité, elle apparaît aujourd’hui inadaptée à un environnement profondément transformé, marqué par l’essor des cigarettes électroniques, des produits du tabac chauffé et des sachets de nicotine. Lire la suite »

6 Avr 2026 | International
 

Ils sont cinq députés européens d’origine suédoise (du groupe Socialistes et Démocrates).

Comme tous leurs concitoyens d’un pays qui peut désormais se considérer comme « sans tabac » (avec un taux de prévalence tabagique officiellement descendu en dessous de 5 % / voir 26 mars 2026), ils ont toujours le droit, chez eux, d’acheter, de posséder et de consommer des sachets de nicotine…désormais interdits en France (voir 1er avril 2026).

…Et ils viennent d’adresser un courrier circonstancié à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au Président du Parlement européen, Robert Metsola.

En substance : ils estiment « absurde et inacceptable » que, lors des sessions du Parlement à Strasbourg, ils soient empêchés de consommer des sachets de nicotine en se retrouvant sous la menace des sanctions prévues par le décret français.

Et de qualifier l’approche française de « disproportionnée ». Ainsi que pénalisante pour tout Suédois séjournant en France.
(Information confirmée par le site Euractiv).

3 Avr 2026 | Profession
 

Après un processus d’évaluation de plus de trois ans, la Commission européenne vient de publier un rapport évaluant l’efficacité de la législation européenne régissant les produits du tabac et de la nicotine (EUTPD) / (voir 1er avril 2026 et 24 juin 2025).

Alors que ce rapport servira de guide pour l’élaboration et la révision des futures modifications de la législation européenne, Imperial Brands regrette le processus biaisé de cette évaluation qui risque de conduire à des choix contre-productifs pour la santé publique, l’économie et le respect de nos principes démocratiques européens.
C’est ainsi que débute un communiqué d’Imperial Brands / Seita que nous reproduisons.

Une conduite des travaux qui pose question

  • « Mieux légiférer » : une promesse non tenue. La consultation a privilégié les opinions aux preuves, avec des questions orientées, sans réelle comparaison entre ce qui avait été prévu en 2012 lors de l’adoption de la directive et ce qui s’est effectivement produit.
  • Une consultation partisane : la Commission s’est appuyée sur un consortium d’ONG anti-tabac, en décalage avec les exigences de neutralité prévues par les règles de passation des marchés publics. Le médiateur européen a d’ailleurs mis en évidence des lacunes en termes de transparence.
  • Une revue scientifique biaisée : le rapport évite d’examiner sérieusement la réduction des risques (vapotage, tabac chauffé, sachets de nicotine) et s’en remet à des avis qui ne comparent pas correctement les risques relatifs à la cigarette traditionnelle.
  • Une étude d’impact sur la filière absente : le rapport d’évaluation ne fournit pas d’analyse approfondie de l’impact des règles existantes en matière de lutte contre le tabagisme sur la filière tabac en UE (cf. les producteurs, les PME, les buralistes) malgré les engagements pris précédemment par la Commission d’évaluer ces impacts.
  • Une contribution citoyenne relativement ignorée : malgré une participation citoyenne massive (24 000 réponses), les contributions des consommateurs ont été sous-représentées alors que 77 % d’entre eux estiment que les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine et les produits chauffés peuvent aider les gens à arrêter de fumer.
  • Les demandes du Parlement européen non suivies d’effet : les requêtes des eurodéputés pour des comparaisons scientifiques entre produits et une évaluation sur l’impact économique territoriale n’ont pas été satisfaites. Lire la suite »
27 Mar 2026 | Profession
 

autorité douaniere europe lille

La France se réjouit de la victoire de Lille pour accueillir la future European Union Customs Authority (EUCA), à l’issue de la procédure conjointe menée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.
Nous reprenons une communication de la DGDDI (Direction générale des Douanes et Droits indirects) datant de ce 25 mars.

Cinquante ans après l’instauration de l’Union douanière, dans un contexte de fragmentation des chaînes de valeur, de tensions géopolitiques croissantes et de développement du commerce électronique, le choix de Lille constitue un signal politique fort.

Il traduit la volonté d’une Europe tournée vers l’avenir, valorisant ses régions frontalières, industrielles et ses grands carrefours humains et logistiques.

5 Jan 2026 | International
 

…Avec des chiffres étonnants. C’est un message qui date du 5 décembre dernier. Il a été adressé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et à Wopke Hoekstra (commissaire à l’Action pour le climat et à la fiscalité comportementale).

Il s’agit d’un message exceptionnel car il regroupe pas moins de 88 signataires, dont les principaux fabricants de tabac (BAT, JTI, PMI, Imperial Brands), des associations de tabaculteurs, des associations de fabricants de snus, des associations de débitants de tabac (Italie, Espagne), ainsi que Logista.

Ce message vise à mettre en avant les arguments de la filière tabac européenne concernant les projets de directive « Fiscalité tabac », tels qu’adoptés par les commissaires européens le 16 juillet dernier : avec, à la clé, une augmentation de + 140 % de la fiscalité minimale sur les cigarettes et de + 260 % sur le tabac à rouler, ainsi qu’un choc fiscal sur les nouveaux produits à moindre nocivité. Ceci sans tenir compte, notamment, des différences de nocivité (voir les 18 et 21 juillet 2025).

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22 Août 2025 | International, Profession
 

Japan Tobacco International dispose déjà d’une usine en Roumanie, à Pipera (banlieue nord de Bucarest). Celle-ci avait été ouverte dès 1994, au titre de premier investissement d’un grand groupe de tabac dans le pays, après la chute de Ceaucescu.

Depuis, JTI a investi plus de 300 millions d’euros sur le marché roumain.

C’est dans ce contexte que circule sur place l’information d’un nouvel investissement de l’industriel, lequel n’a pas encore confirmé.

Mais l’on parle de l’implantation d’une usine – hors de la région de Bucarest – de 60 000 m² (soit trois fois plus que l’usine actuelle). Le chiffre de 70 millions d’euros d’investissement est avancé. Pour une production annuelle de 36 milliards de cigarettes par an.

14 Août 2025 | Associations, International
 

À deux jours de la clôture des négociations de l’INC-5.2 sur le traité mondial contre la pollution plastique, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) et Surfrider Foundation Europe, aux côtés des coalitions Global Youth Voices, Stop Tobacco Pollution Alliance (STPA) et SmokeFree Partnership (SFP), adressent, par une déclaration conjointe, un avertissement clair à l’Union européenne : ne pas exporter, via l’article 8.4, le modèle de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les produits du tabac, déjà en vigueur en France et en Espagne – un dispositif financé et piloté par les fabricants eux-mêmes, inefficace et dangereux tant pour la santé publique que pour l’environnement.

C’est ainsi que débute un communiqué du CNCT, du 12 août, que nous reprenons (voir aussi le 4 août).

Un modèle qui pollue, protège l’industrie et affaiblit le traité

Avec plus de 4 500 milliards de mégots jetés chaque année dans le monde, l’expérience française (Alcome) et espagnole (Avora) est sans appel : ces dispositifs donnent à l’industrie du tabac une légitimité institutionnelle, détournent les politiques de réduction à la source et alimentent un greenwashing dénoncé par la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) lors de la COP10, ratifiée par la France et l’Union européenne.

En outre, l’application d’une filière REP aux produits du tabac va à l’encontre des principes de l’économie circulaire et des dispositions générales du futur traité, qui visent à réduire la production et l’utilisation de plastiques à usage unique à la source. Résultat : la pollution persiste, les jeunes restent exposés à l’addiction, et les milliards de filtres jetés chaque année continuent de contaminer les sols et les eaux. Lire la suite »