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22 Août 2023 | Observatoire
 

Les chiffres spectaculaires issus du nouveau « rapport Kopp » sur le coût des addictions ont fait leur effet dans les médias et sur les réseaux sociaux au début de ce mois (voir 2 et 7 août 2023). Dans la mesure où cela conduit à sensibiliser la population sur les graves dégâts de ces addictions (tabac, alcool, stupéfiants), on ne peut qu’y souscrire.

Cependant, les éléments-clés de ce rapport-choc méritent suscitent quelques étonnements. Lesquels feront l’objet, sans doute, d’éclaircissements dans les temps à venir. En effet, il apparaît qu’un « certain oubli » dans les éléments de calcul change du tout au tout l’une des conclusions suggérées par le rapport. Celle qui a été largement reprise par les médias.

Ainsi contrairement à ce qui a été annoncé, le tabac rapporte plus aux finances publiques qu’il ne leur coûte. Le rapport Kopp ayant « oublié » d’intégrer la TVA dans les calculs de son année de référence, 2019. Avec la TVA, le tabac a bel et bien rapporté 1,7 milliard d’euros en plus aux finances publiques cette année-là. 

Mais revenons sur l’ensemble du rapport.

•• D’abord, rappelons qu’il ne s’agit pas du premier rapport Kopp.

Son auteur – Pierre Kopp, professeur à Paris 1 et qui a été aussi avocat du CNCT / Comité national contre le Tabagisme (voir 4 janvier 2017) – a déjà produit deux autres rapports : en 2005 et en 2015 (voir 11 septembre 2015). La version qui vient de sortir correspond à des données collectées sur l’année 2019.

En leur temps, ces rapports ont surtout servi à appuyer diverses mesures anti-tabac : interdiction de fumer dans les lieux publics fermés ; mesures fiscales ; paquet neutre …

•• Cette nouvelle édition met donc en avant des chiffres forts.

Le « coût social du tabac » : 156 milliards d’euros.

Le « coût social de l’alcool » : 102 milliards d’euros.

Le « coût social des drogues illicites » : 7,7 milliards d’euros.

•• Comment l’auteur en arrive-t-il là ?

C’est assez compliqué. Dans son approche, le « coût social » correspond au « coût monétaire des conséquences de la consommation » du produit en question : soit l’addition de « coûts externes » et de « coûts pour les finances publiques ».

Arrêtons-nous au cas du tabac.

Les « coûts externes » comprennent la « valeur des vies humaines perdues à cause du tabac » pour 88 milliards (évaluation faite « par convention » et suite aux recommandations d’un rapport officiel qui a défini le coût de la perte d’une vie humaine par an, soit 115 000 euros ; une donnée destinée à évaluer les politiques publiques mais très peu utilisée en fait), la perte de la qualité de la vie (pour 55 milliards), et les pertes de production (pour 10 milliards).

On précisera, au passage, que le nombre de décès dus au tabac est en baisse. Et que ces « couts externes » sont modulés par le fait que ces mêmes décès sont autant de retraites à ne plus verser (soit 2,8 milliards d’euros en moins). Mais force est de reconnaître que si ces éléments doivent être pris en considération, ils sont très subjectifs et méritent d’être discutés : comment évaluer précisément et objectivement « les pertes de production » dues à l’usage du tabac ?

En revanche … les « coûts pour les finances publiques » sont plus aisés à identifier (dépenses provoquées par les soins, remboursement des soins, coûts des campagnes de prévention et de la lutte contre les trafics). Ces coûts sont mis en comparaison avec les recettes fiscales (quand il y en a) correspondantes.

Comme indiqué au début de l’article, il semblerait que les recettes fiscales 2019 dues au tabac, reprises dans le rapport, « oublient » la TVA appliquée aux produits tabac. Surprenant, n’est-ce pas ?

Il faudrait donc déjà rajouter aux 13,1 milliards de recettes fiscales (pour 2019), annoncées dans le rapport, 3,4 milliards de TVA en plus. Soit un total de recettes fiscales apportées par le tabac de 16,5 milliards d’euros.

Et pas seulement 13,1 milliards d’euros comme annoncé à la ligne « taxation » du rapport Kopp. Ce qui voudrait dire qu’au strict niveau des « finances publiques », le tabac a rapporté en 2019 plus qu’il n’a coûté : une somme de 1,7 milliard d’euros en plus. Étonnant, n’est-ce pas ?

•• On remarquera que si ce rapport ne formule aucune recommandation explicite, son auteur s’est exprimé – dans les colonnes des Échos (du 2 août) – pour mettre en avant « à titre personnel, quelques pistes d’améliorations «: légaliser le cannabis, en « créant une taxe significative, à la manière du tabac » et continuer à augmenter les taxes pour le tabac.

On y est. Tout cela pour cela … Alors que nous en sommes déjà à un paquet de 20 cigarettes à 11,50 euros. Avec un marché parallèle estimé à 39,7 % de la consommation totale. Et que malgré ce niveau de prix nous connaissons toujours à un taux de prévalence tabagique au quotidien de 25,3 %.

Tout en reconnaissant l’utilité de la démarche de ce rapport Kopp on restera donc prudent sur ses conclusions. Du moins par rapport à l’exploitation que pourront en faire certains. La volonté à tout prix de produire des chiffres-chocs pour les médias ne justifie pas tout.

17 Août 2023 | Observatoire
 

Dans une étude publiée ce 15 août dans la revue scientifique britannique Nature Communications (et reprise par Le Parisien), une équipe internationale de chercheurs, parmi lesquels des Français, démontre quune région du cerveau pourrait être associée à la première cigarette et à la poursuite de la consommation chez les adolescents.

Nous reprenons ces informations, telles quelles, avec les précautions d’usage.

•• C’est à l’Université Fudan de Shanghai qu’ont été analysés des questionnaires recueillis auprès de 807 adolescents européens en bonne santé, âgés de 14 à 23 ans, en comparaison avec leurs données d’imagerie cérébrale. Les auteurs de l’étude se sont intéressé, en particulier, à une zone du cerveau appelée cortex préfrontal ventromédian (vmPFC), située derrière les yeux.

Et ils ont découvert qu’un volume réduit de matière grise dans les deux parties de cette zone précise, cotés gauche et droite, avait des conséquences distinctes : côté gauche, une probabilité accrue d’initiation au tabagisme ; côté droit, un risque plus important de dépendance. Sachant que la matière grise est le tissu qui traite l’information et contient notamment les neurones. Le pic de son développement est atteint avant l’adolescence.

•• Au-delà d’un attrait plus grand de la première cigarette, moins de matière grise à gauche serait plus largement associé à une « violation accrue des règles », lesquelles pourraient inclure les « règles sociales (par exemple, parentales, scolaires) sur le tabagisme », selon l’étude.

Un déficit de matière grise à droite serait, pour sa part, lié à la « recherche de sensations », un comportement qui culmine plus tard, « au début de l’âge adulte ». Or, les premières cigarettes consommées à l’adolescence, à l’âge où l’on cherche à enfreindre les règles, auraient une incidence sur l’autre disposition, la tendance à l’addiction.

En effet, la consommation de tabac réduirait elle-même le volume de matière grise dans le vmPFC droit, selon les auteurs de l’article, alors que la transition vers l’âge adulte est connue pour être une période critique pour la maturation du cerveau. Lire la suite »

7 Août 2023 | Observatoire, Profession
 

« Le coût des drogues légales reste très supérieur aux recettes fiscales » … annonce une dépêche AFP du 2 août (voir 2 août).
Un communiqué du CNCT dans la foulée (voir 3 août) …
« Les chiffres stupéfiants du coût social de l’alcool et du tabac » … reprend Les Échos le 2 août (voir 3 août).
La matinale de CNews de ce 6 août …

Sur ce sujet, les reprises de presse s’enchaînent. Ce n’est plus une « petite musique » mais de vrais roulements de tambour.

Certes, l’éclat des reprises médiatiques dont bénéficie la note de l’économiste Pierre Kopp (qui a aussi été l’avocat du CNCT / Comité national contre Le Tabagisme / voir 4 janvier 2017) – réalisée pour le compte de l’OFDT (Observatoire français des Drogues et des Tendances addictives) sur des chiffres remontant à 2019 – présente l’intérêt de sensibiliser l’opinion publique au coût des addictions.

Avec des chiffres-chocs. Toutes dépenses confondues, le tabac « coûte globalement » 156 milliards d’euros et l’alcool 102 milliards.

Nous reviendrons sur ces données mais il reste à souhaiter que ces nombreuses retombées médiatiques sur tels  chiffres-choc ne conduisent pas à des conclusions hâtives quoique fortement suggérées par l’auteur : devant de tels coûts représentés par ces addictions … il n’y aurait  qu’à augmenter encore la fiscalité des produits incriminés.

Conclusion qui mériterait d’être discutée alors que – pour s’arrêter au cas du tabac – tous les jours nous apportent la preuve que trop de fiscalité finit inévitablement par générer une forte évasion fiscale. Soit un marché parallèle du tabac qui est arrivé à des niveaux historiques en France (près de 4 paquets sur 10) sans commune mesure avec ce qui se passe sur les autres marchés européens.

Cela aussi, c’est un chiffre-choc, une réalité à prendre en compte.

Les retombées médiatiques de l’étude insistent beaucoup aussi sur le fait qu’il est faux de penser que l’État gagne plus avec la fiscalité tabac et alcool que cela ne lui coûte sur le plan sanitaire. « C’est un mythe » est-il précisé.

Mais personne n’oserait avancer aujourd’hui qu’il est bon et utile de fumer parce que cela représenterait des recettes fiscales en plus. Où est le mythe ? Ce n’est pas en apportant des réponses à des fausses questions que l’on fait avancer le débat sur les addictions.

À suivre …

3 Août 2023 | Observatoire
 

L’estimation s’élève à 156 milliards d’euros par an pour le tabac et à 102 milliards pour l’alcool, selon l’Observatoire français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT). Les Échos du 2 août revient sur le dernier rapport (portant sur 2019) de ce dernier dans un article, signé Raphaël Jacomini, que nous reprenons.

Le tabac est le stupéfiant qui coûte le plus cher à la société française, avec 156 milliards d’euros par an. Il est suivi par l’alcool, 102 milliards. Et enfin les drogues illicites, qui pèsent 7,7 milliards. Ce total vertigineux de près de 266 milliards d’euros a été rendu public lundi, dans une note de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), réalisée par l’économiste Pierre Kopp voir 2 août).

•• Ces chiffres prennent notamment en compte le coût des vies perdues, la perte de la qualité de vie et la perte de productivité sur le marché du travail. Ils englobent également les dépenses publiques de prévention, de répression et de soins. Les taxes sur l’alcool et le tabac, mais également les retraites non versées, sont déduites de cet ensemble.

Cette étude porte sur les données épidémiologiques et sanitaires de 2019, et fait suite à une précédente étude, portant sur les données de 2010, qui chiffrait déjà à près de 250 milliards le « coût social » annuel de l’usage des drogues, licites comme illicites.

Une méthode de récolte des coûts pour la collectivité qui s’est affinée, alors que, paradoxalement, la consommation globale de tabac et d’alcool diminue en France. Entre 2010 et 2018, la consommation annuelle d’alcool, en déclin depuis 1960, s’est réduite de 4 litres par personne à 80 litres. Tandis que les ventes de tabac et de cigarettes ont été divisées par deux depuis 2000.

Pourtant, les morts continuent de se compter par milliers. En 2019, 73 189 décès ont été liés au tabac, 41 080 à l’alcool, et 1 230 aux drogues illicites. Pour calculer le coût social, Pierre Kopp, qui a aussi intégré à son calcul les maladies liées à la prise de ces substances, s’est basé sur le rapport Quinet (2013), qui fixe la valeur de l’année de vie humaine à 115 000 euros.

•• Concernant les finances publiques, le « mythe » selon lequel l’État obtiendrait davantage d’argent grâce aux taxes sur le tabac et l’alcool, qu’il n’en dépense en soins ou en prévention, vole en éclats. Ainsi, en 2019 la taxation sur le tabac (13 milliards) et l’alcool (4 milliards) était bien en deçà du coût des traitements, qui s’élevaient à 7,8 milliards pour l’alcool et à 16,5 milliards pour le tabac. Lire la suite »

3 Août 2023 | Observatoire
 

Le rapport « Le coût social des drogues : estimations en France en 2019 » de lObservatoire français des Drogues et des Tendances  addictives (OFDT), réalisé par Pierre Kopp professeur à luniversité Panthéon-Sorbonne (Paris I) vient de paraître (voir 2 août).

Ainsi débute un communiqué du CNCT (Comité national contre le Tabagisme), du 2 août, que nous reprenons.

•• Ce rapport évalue le coût monétaire social des drogues en France : tabac, alcool et drogues illicites.

Les données sont sans appel et renforcent encore l’ampleur du coût déjà chiffré dans le passé. Le tabac coûte à l’État plus de 1,6 milliard deuros et représente un coût social annuel de 156 milliards deuros, rapporté au nombre total dhabitants, cela équivaut à un coût de 2 300 euros net/annuel par habitant, fumeur ou non. Ces données confirment à nouveau que le tabac est un véritable fardeau pour les finances publiques et que des dispositions rapides doivent être adoptées.

En 2019, les taxes sur les produits du tabac ont rapporté à l’État 13,1 milliards d’euros. En entraînant la mort prématurée de près d’un consommateur régulier sur deux, le tabagisme a permis la même année de dégager 2,8 milliards d’euros d’économie sur les retraites non versées.

•• Pour certains, la forte impression suscitée par ces chiffres suffit pour affirmer que le tabac est une manne financière pour l’État. Mais malgré les recettes des taxes prélevées sur le tabac et les économies de pension de retraite non versées du fait des décès, le coût des soins dépasse le montant de ces recettes. Les seules dépenses de santé liées au tabac se sont élevées en 2019 à 16,4 milliards d’euros pour les pouvoirs publics.

En ajoutant à cela les 778 millions d’euros investis dans la prévention, la répression et les dépenses sociales, le calcul est clair : le tabac coûte à l’État plus de 1,6 milliard d’euros, soit 2,3% du déficit public français. Plus difficilement quantifiables, d’autres facteurs pourraient grossir ce chiffre, comme le coût environnemental du tabac pour la sphère publique, illustré par la pollution endémique générée par les mégots. Lire la suite »

2 Août 2023 | Observatoire
 

L’idée que les drogues légales, tabac et alcool, rapporteraient à l’État des bénéfices est « infondée », leur coût pour les finances publiques restant très supérieur aux recettes fiscales, selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

C’est ce qu’annonce une dépêche AFP, publiée ce 2 août, et que nous reprenons.

•• Dans une note publiée en ligne en début de semaine, l’OFDT évalue le « coût social » des drogues licites mais aussi illicites qui ont fait respectivement, en 2019, 73 189 morts pour le tabac, 41 080 pour l’alcool et 1 230 pour les drogues illégales. Cette année-là, ce « coût social » s’élevait à 156 milliards d’euros pour le tabac, 102 milliards pour l’alcool et 7,7 milliards d’euros pour les drogues illicites, selon Pierre Kopp, auteur de la note et professeur d’économie à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne (ndlr / qui a été aussi l’avocat du CNCT / voir 25 janvier 2015, 16 novembre 2017).

Ce coût tient compte de la valeur économique des vies humaines perdues, de la perte de qualité de vie des malades atteints de cancer liés à ces drogues et des pertes de production pour les entreprises. Il tient aussi compte du coût pour les finances publiques : dépenses de prévention, de répression et de soins.

•• Quant aux économies sur les retraites non versées aux personnes décédées prématurément et aux recettes des taxes prélevées sur l’alcool et le tabac, elles viennent en déduction de ce coût social. Pour l’État, « les recettes de taxation de l’alcool et du tabac, respectivement de 4 milliards d’euros et 13 milliards d’euros » sont inférieures au coût des traitements des maladies dues à ces deux drogues, 7,8 et 16,5 milliards d’euros, précise l’OFDT.

En tenant compte aussi des économies de retraite, « le déficit public engendré par l’alcool et le tabac est respectivement de 3,3 milliards et de 1,7 milliard, et de 2 milliards d’euros pour les drogues illicites », calcule M. Kopp

•• « L’idée que les drogues comme le tabac et l’alcool apporteraient des bénéfices à l’État est donc totalement infondée », a-t-il souligné auprès de l’AFP. « Les drogues appauvrissent la collectivité », a-t-il insisté.

Autre enseignement de l’étude (toujours selon l’AFP) : constatant la baisse du nombre de décès causés par l’alcool le tabac et les drogues illicites entre 2010 et 2019, respectivement de -16 %, -7 % et -23 %, l’OFDT estime que les politiques publiques ont permis de « réduire nettement la consommation de tabac, d’améliorer la prise en charge des usagers de drogues illicites et de renforcer, plus modestement, la prise en compte des dangers de l’alcool ».

28 Juil 2023 | Observatoire
 

Depuis 1990, le nombre de cancers recensé en France a doublé, selon une étude de Santé publique France (SpF), de l’Institut national du cancer, du réseau des registres des cancers Francim et du service de biostatistique / bioinformatique des Hospices Civils de Lyon (HCL), rendue publique le 4 juillet.

433 136 nouveaux cas de cancers sont attendus en France métropolitaine cette année, soit une augmentation de 98 % chez l’homme et de 104 % chez la femme par rapport à 1990. L’âge médian au diagnostic est de 70 ans chez l’homme et de 68 ans chez la femme.

Selon ce travail paru dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de SpF, la hausse du nombre de cancers est liée dans une large mesure à l’évolution démographique de la France, soit l’accroissement et le vieillissement de la population.

De plus, les comportements et modes de vie (tabac, alcool, alimentation déséquilibrée, sédentarité, forte exposition aux rayons UV) seraient à l’origine de 170 000 nouveaux cas.

En France, les cancers sont la première cause de décès chez les hommes, et la deuxième chez les femmes après les maladies cardio-vasculaires.

9 Juil 2023 | Observatoire
 

Les « oiseaux de nuit » n’ont pas plus de risques de mourir plus jeunes que les couche-tôt qui aiment se lever de bon matin, s’ils ne passent pas leurs soirées à rallonge à boire et à fumer, selon une étude au long cours publiée le 16 juin.

C’est ainsi que s’entame une dépêche AFP que nous reprenons.

•• De précédents travaux, avec des données sur près d’un demi-million d’habitants du Royaume-Uni de 38 à 73 ans, concluaient en 2018 à un risque de décès, de toutes causes, de 10 % plus élevé pour les couche-tard que pour les couche-tôt, sur une période de six ans et demi.

Cette étude britannique, la première à explorer le risque de mortalité, n’avait pas pris en compte des facteurs comme l’alcool, qui pourraient être en cause dans ces décès prématurés. Des chercheurs ont voulu en savoir plus et leurs travaux ont été relus par des pairs et publiés dans la revue spécialisée Chronobiology International.

Ils ont suivi près de 24 000 jumeaux de même sexe, en Finlande cette fois, auxquels on avait demandé en 1981 d’indiquer s’ils étaient des personnes du matin ou du soir. Un tiers s’est décrit comme plutôt du soir, 10 % comme vraiment du soir, et les autres étaient du matin. Les couche-tard tendaient à être plus jeunes, mais aussi à boire et à fumer davantage que les autres. Lorsque les chercheurs ont repris ces données, en 2018, plus de 8 700 des jumeaux étaient décédés.

•• Sur ces 37 années, les chercheurs ont ainsi estimé que les véritables « oiseaux de nuit » avaient un risque de décès, de toutes causes, de 9 % supérieur aux autres. Une différence « principalement due au tabac et à l’alcool », selon eux : les noctambules ne fumant pas et buvant peu ne montraient pas de risque accru de mourir plus précocement que les lève-tôt.

Pour le principal auteur de l’étude, Christer Hublin, de l’Institut finnois de santé au travail, « les personnes vraiment du soir devraient réfléchir à leur consommation d’alcool et de tabac, s’ils en consomment ». En soi, indépendamment d’autres facteurs, l’heure à laquelle les individus ont tendance à se coucher -leur « chronotype » – a « peu ou pas » d’effet sur leur mortalité, dit-il à l’AFP.

1 Juin 2023 | Observatoire, Profession
 

Parmi les explications de la stabilisation de la prévalence tabagique en 2022, observée par la dernière étude de Santé publique France (voir 31 mai), Le Parisien revient sur le volet prix du tabac. Extraits. 

Le prix moyen du paquet de cigarettes a faiblement, voire pas du tout augmenté en 2021 et 2022. Dans le même temps, d’autres produits ont vu leur tarif exploser à cause de l’inflation, à laquelle le tabac n’était pas encore soumis. Dans le panier de consommation d’un fumeur, le « poids » des cigarettes s’est donc réduit.

•• Pas de quoi inciter à lever le pied, alors même « qu’il a été montré à de nombreuses reprises que la hausse du prix du paquet de tabac avait directement un impact et était efficace », souligne Loïc Josseran, président d’Alliance contre le TabacDe quoi faire réagir Philippe Coy : « le prix n’est pas la solution. Nous avons l’un des tarifs les plus élevés d’Europe, et nous sommes l’un des pays où l’on fume le plus » (…)  Lire la suite »