On le découvre KO, hébété. Depuis quatre jours, Pierre ne dort pas. Le patron du Fontenoy, un bar-tabac de Saint-Cyr-l’École (Yvelines), rumine une colère sombre, impuissante, contre les émeutiers qui ont pillé et mis à sac son commerce en fin de semaine dernière. Et se désespère des formalités administratives qui contrarient toute éventualité de réouverture. « Pour l’instant, je tourne en rond. Je ne sais même pas par où commencer », dit-il.
C’est ainsi que démarre un article du Parisien (mis en ligne le 4 juillet) que nous reprenons.
•• La tempête s’était déchaînée, deux heures durant, s’abattant sans pitié sur son bar, tambourinant aux portes, cassant, pillant, volant. Pierre n’en a vu que des ombres encagoulées, des cris, la sauvagerie brute. Et la tempête est passée, le calme est revenu. Il est alors descendu, prudemment, sur la pointe des pieds, pour constater les dégâts.
« On m’a volé des milliers de paquets de cigarettes, des milliers de jeux à gratter. Ils étaient trente, quarante. Je n’ai rien pu faire. Ils voulaient mettre le feu mais des voisins leur ont crié de ne pas le faire. Heureusement car j’habite au-dessus avec ma femme et mes deux enfants et il y a des barreaux à toutes les fenêtres », soupire cet homme de 38 ans.
•• Par où commencer, donc ? En installant une nouvelle vitrine peut-être ? Impossible dans l’immédiat. Les professionnels sont débordés, confrontés à des milliers de cas similaires dans la région. Selon la Confédération des buralistes, 429 commerces comme le sien ont été victimes des violences urbaines faisant suite à la mort de Nahel, mardi dernier à Nanterre (Hauts-de-Seine). Donc près de la moitié en Île-de-France (voir 4 juillet).
Pierre doit aussi attendre le passage des assureurs pour estimer le montant des travaux et avancer les frais. Eux aussi sont « sous l’eau ». « Quand je les appelle, ils me disent qu’ils passeront mais qu’il faut patienter », abonde le commerçant.
On lui rétorque qu’il pourrait ouvrir quand même en installant une protection de fortune. « Impossible, les Douanes et la Française des jeux réclament un minimum de sécurité. Et puis, je ne peux pas entrer dans mon commerce car la police n’a pas encore effectué les relevés d’empreinte. La seule chose que j’ai pu faire, c’est porter plainte », répond ce père de famille. Lire la suite »