Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
 

Pat McCrory USA Etat TabacSelon Le Figaro de ce 15 octobre, l’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, a reçu un courrier « courroucé » du gouverneur de Caroline du Nord (principal producteur de tabac d’Amérique du Nord), après l’annonce de la mise en place des paquets neutres (génériques), début 2016, par Marisol Touraine (voir Lmdt du 8 octobre).

Se décrivant comme « sensible aux initiatives législatives, aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger, qui menacent les moyens de subsistance des fermiers, fabricants, entreprises et électeurs » de Caroline du Nord, le gouverneur républicain, Pat McCrory (photo), prévient l’ambassadeur de France qu’il lui « écrit pour s’opposer formellement aux projets de son gouvernement ».

Estimant que le paquet générique est une « attaque directe » au droit des marques, il fait remarquer : « imaginez que les États-Unis exigent une standardisation des emballages d’alcools. De remarquables entreprises françaises seraient outragées … et elles auraient raison ».

Le gouverneur prévient que le paquet générique n’est qu’une mesure symbolique qui « menace de dévier ressources et attention d’actions plus efficaces qui pourraient permettre à la France d’atteindre son objectif supérieur de devenir un pays sans tabac au cours de la prochaine décennie » (sic).

26 Août 2014 | Profession
 

TabacultureLe manque de chaleur, de beaucoup de chaleur … Il n’y a pas que les vacanciers qui souffrent de la météo « pourrie » de cette été 2014. Le tabac, plante tropicale s’il en est, risque d’en faire les frais. Après beaucoup d’espoir, les planteurs de tabac sont désormais beaucoup plus réservés. C’est ce que confirment des tabaculteurs alsaciens dans un reportage de France 3 Alsace, diffusé en début du week-end dernier.

Dans les environs de Hochfelden, la récolte a commencé il y a deux semaines. Certaines exploitations de tabac tirent leur épingle du jeu, grâce à un printemps favorable à l’épanouissement de la plante. Mais, dans les champs du Kochersberg ainsi que dans les environs de Sélestat, le mauvais temps de ces dernières semaines a fait de gros dégâts : la pluie a inondé les parcelles, le vent a couché les plants, relativement fragiles, l’humidité a encouragé le développement de certaines maladies. Sur l’ensemble de la coopérative, 200 hectares ont déjà été détruits.

Quand ils ont pu procéder à une récolte, les tabaculteurs notent aussi des signes de détérioration de la qualité de la plante, du fait des caprices du ciel. Comme ces feuilles récoltées sous la pluie, lors d’un orage surprise : tabac plus marron et plus terne ainsi qu’un début d’odeur de moisi ou de terre.

Malgré ces aléas, les tabaculteurs alsaciens tablent sur une meilleure récolte que celle de l’année dernière, à condition que le climat se réchauffe un peu …

24 Juil 2014 | Profession
 

TabacIntéressante, cette interview de Rémy Losser (président du syndicat des planteurs France Tabac), parue dans le numéro de juillet/ août de la Revue des Tabacs. En effet, l’an prochain, les 1400 planteurs de tabac français ne recevront plus de subventions liées à leur production annuelle. Extrait.

« Avec 8 000 tonnes de tabac, la production française est une goutte d’eau par rapport aux besoins des fabricants de cigarettes, nos principaux clients, qui peuvent s’approvisionner sur le marché mondial. Nous avons heureusement un partenariat historique avec Seita, qui est le principal acheteur de la production française, notamment toute la récolte de Burley.

« Les tabaculteurs français ont investi pour une production de très haute qualité répondant aux cahiers des charges de leurs clients. L’année dernière, Seita a relevé son prix d’achat de 25% pour tenir compte de la disparition des aides mais c’est insuffisant pour compenser la baisse du revenu.

« Nous devons absolument renégocier les prix afin de garantir un revenu décent aux tabaculteurs. Les négociations se déroulent à l’automne mais, dans l’intervalle, les agriculteurs sont dans l’incertitude. Faute de visibilité, certains s’interrogent sur l’opportunité de planter à nouveau du tabac l’année prochaine ».

14 Juin 2014 | Observatoire, Profession
 

TabacUne pleine page d’histoire dans le cahier « Eco & Entreprise » du Monde, daté de ce 14 juin. Celle de l’herbe à Nicot en France, dressée par Jacques-Marie Vaslin, maître de conférence à l’Institut d’Administration des Entreprises d’Amiens. Une excellente synthèse de six siècles d’histoire comportementale, fiscale, agricole, industrielle … et culturelle. Extraits.

• La traînée de poudre
« L’homme a toujours fumé » … Chanvre, coquelicots, pavot, laitue, jusqu’à ce que Christophe Colomb ramène des graines de tabac dans ses bagages, en 1520. « Une fois au Portugal, le tabac est cultivé et sert d’herbe médicinale. En 1561, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, envoie du tabac râpé à Catherine de Médicis » qu’elle utilise, par prises, pour soulager migraine et autres maux. Pendant que le tabac atteint toute l’Europe, puis la Turquie, la Chine et le Japon, son usage se « répand comme une traînée de poudre à la cour … » (Paris deviendra la capitale de l’art de la tabatière, au siècle des Lumières).

• L’une des plus belles inventions fiscales
Face à cette mode, les ministres des Finances vont vite voir dans le tabac une source de revenus pour l’Etat : en 1629, Richelieu instaure un impôt sur le tabac brésilien, premier de la liste qui ne cessera de s’allonger ; en 1674, Colbert établit un monopole d’importation, de fabrication et de vente. Le revenu de cet impôt passe, entre 1680 et 1720, de 500 000 à 4,2 millions de livres … Ce qui fera dire au ministre des Finances Necker que le tabac est « l’une des plus belles inventions fiscales ».

Job-cigarettes• Napoléon III, promoteur de la cigarette
La cigarette fait son apparition en 1830, sous forme d’un « petit cigare » entouré d’une feuille de maïs. Huit ans plus tard, c’est au tour du papier à cigarette, développé plus tard sous la marque Job. Une ordonnance royale de 1843 autorise « l’administration des tabacs » à fabriquer des cigarettes. C’est le tournant industriel. Napoléon III, fumeur invétéré, participe à la popularité du produit en s’exhibant souvent avec une cigarette à la bouche. Les premières marques arrivent en 1872. A la fin du 19ème siècle, elles seront, déjà, 250 référencées en France.

• Apogée et pression sanitaire
Durant l’expansion démographique des « Trente Glorieuses », la consommation annuelle de tabac passe de 62 à 102 tonnes. Le tabac rapporte, en toute sécurité, de 4 à 5% des recettes fiscales totales, auxquelles s’ajoutent les dividendes de la Seita.
Mais les goûts changent : la part des brunes « idéalisant le goût français » dégringole de 90 à 5% de la consommation au profit des blondes. Et la prise de conscience des exigences de la santé publique s’intensifie : loi Veil, en 1976, puis la loi Evin de 1991.

Cigarettes• Décroissance avérée
En 1950, la France comptait vingt manufactures employant 8 500 personnes et 100 000 personnes travaillaient à la culture des feuilles. Aujourd’hui, l’industrie, proprement dite, qui a, encore récemment, employé plus que 1 150 personnes (avant fermeture de Seita Nantes et Bergerac) ne comptera plus que l’usine de Riom. Sur les dix dernières années, le nombre de cigarettes vendues a été divisé par deux. On aura changé d’histoire.

25 Mai 2014 | Observatoire
 

Livre Sud-OuestHistoire et actualité … Alors que son écriture a été entamée en 2008, l’ouvrage « Le Tabac dans le Sud-Ouest : histoire d’une culture et d’une économie » (Editions Alan Sutton) est publié au moment de l’annonce que l’Institut du Tabac de Bergerac va fermer ses portes. Une pure coïncidence pour son auteur, René Delon (ancien directeur du centre de recherches) qui a surtout souhaité retracer et inscrire dans les mémoires cinq siècles de culture du tabac et de son industrie …

De l’introduction des premières graines en 1556, par le moine André Thevet, à la mise en cause actuelle du tabac, le livre retrace, en texte et en photos (très nombreuses et puisées dans les archives de la Seita) « la culture du tabac », au propre et au figuré « celle qui concerne l’esprit et la façon d’être et de vivre ». Il y avait un esprit Seita, un esprit planteur de tabac, avec une certaine idée de l’exploitation agricole aux dimensions de la famille … Le tabac et sa forte connotation sociale.

Les anti-tabac pourront reprocher à l’auteur de se faire l’avocat d’un « produit maudit », mais qu’ils le veuillent ou non, la branche tabacole reste fortement ancrée dans le patrimoine historique d’une région et au-delà, où elle a fait vivre des milliers de planteurs et de salariés. Sans oublier les débitants.

Editions Alan Sutton : http://boutique.editions-sutton.com

19 Mai 2014 | Profession
 

Un chauffeur, qui transportait du tabac en vrac, a trouvé la mort, dans l’incendie de son camion qui a basculé dans un ravin, ce lundi 19 mai en demi-journée.

L’accident s’est produit à Capdenac dans le Lot, alors que le camion transportait sa marchandise de Sarlat (Dordogne) à Marseille. La cabine du semi-remorque a pris feu après une chute d’une cinquantaine de mètres, ont indiqué les pompiers, sans avoir pu établir les raisons de la perte de contrôle du véhicule.

14 Mai 2014 | Profession
 

CGTLa CGT diffuse actuellement un document de quatre pages avec son analyse de la situation actuelle de Seita (voir Lemondedutabac du 22 avril).

Après une dénonciation « de la stratégie du pillage d’Imperial Tobacco Group », l’organisation syndicale présente ses idées « pour la défense, le développement d’une filière nationale du tabac : « parce que le tabac constitue un enjeu de santé publique, il faut un service public de l’ensemble de la filière allant des semences jusqu’à la vente au consommateur final ».

Parmi ses propositions

• Une contribution de la filière tabacole au financement de la recherche au service de la santé publique : avec le maintien et le développement des centres de Bergerac et des Aubrais ainsi que la mise en œuvre de coopérations avec l’INRA (recherche agronomique) et l’INSERM (recherche médicale).

• Une reconquête de la production nationale de tabac : avec des contrats de production des planteurs, passés avec les pouvoirs publics,  pour garantir la production et la qualité.

• Une défense du potentiel industriel national : la CGT s’oppose à la fermeture de l’usine de Nantes et demande à l’État de prendre ses responsabilités. « En rénovant le monopole de fabrication de la Seita, l’État peut assurer les besoins de la consommation intérieure et limiter toute dérive en contrôlant également l’introduction des produits importés. Dans ce cadre, la nationalisation de l’industrie tabacole s’impose ».

• Un renforcement du monopole de la distribution. Ce qui passe par : la réintégration de Logista dans Seita renationalisée ; le maintien du monopole de vente par le circuit des buralistes ; le renforcement de la  tutelle des  Douanes et l’augmentation des contrôles contre la contrebande ; et la mise sous tutelle du ministère du Budget de l’ensemble de la filière tabacole.

27 Avr 2014 | Profession
 

TraditabComme nous l’avions révélé (voir Lemondedutabac du 8 décembre), Traditab lance sa propre cigarette. Avec du tabac blond, uniquement cultivé dans le Sud-Ouest (30% Burley, 70% Virginie).

Rappelons que Traditab (tabac à rouler et à pipe « 1637 ») est distribué par 10 000 buralistes.

Le capital de Traditab – créée en 2008 et comprenant désormais près de 25 collaborateurs – est détenu par la coopérative Tabac Garonne Adour et la fédération des Producteurs de tabac.

15 Avr 2014 | Profession
 

institut-du-tabacC’est officiel. Lors du CCE extraordinaire de ce 15 avril (voir Lemondedutabac de ce jour 1 et 3), la Seita a entériné la fermeture de l’Institut du Tabac de Bergerac, en l’absence de repreneur. Les négociations avec France Tabac (voir Lemondedutabac des 11 avril et  28 mars) n’ayant manifestement pas abouti. 

C’est donc un outil, unique en France, de production de graines de tabac et de sélection variétale qui disparaît.

Selon le délégué syndical FO, Dominique Pigeon, présent au CEE, aucune date de fermeture définitive n’a été donnée. Une réunion pour définir les modalités qui vont suivre devrait avoir lieu le 24 avril, selon France Bleu Périgord.

15 Avr 2014 | Profession
 

Tabac champ FranceEn l’attente des décisions du CCE extraordinaire de Seita (voir Lemondedutabac du 14 avril), l’AFP dresse le « portrait » d’une filière française du tabac en contraction, des planteurs aux fabricants …

• Fabricants
Ancienne régie publique française, la Seita est la seule entreprise qui fabrique des cigarettes sur le sol français. Et malgré l’expiration du monopole en 1976, la Seita a conservé un monopole de fait. Philip Morris, BAT et JTI importent leurs marchandises.
Lutte contre le tabagisme, hausses de tarifs, concurrence de la cigarette électronique, l’activité est en déclin et durablement, comme l’ont confirmé les chiffres du 1er trimestre (voir Lemondedutabac du 15 avril).
Même si le chiffre d’affaire de l’industrie du tabac est resté stable en 2013, à 17,8 milliards d’euros, c’est la première fois depuis 2005 que la baisse des volumes n’est pas compensée par une hausse en valeur. Depuis 2005, les ventes de cigarettes, tabac à rouler et autres tabacs, sont ainsi passées de 64 771 à 58 309 tonnes.

• Tabaculteurs
Sixième producteur de l’Union européenne (8 820 tonnes de tabac blond en 2013), la France ne compte plus que 1 421 exploitations et environ 7 000 salariés, (contre 4 269 exploitations et 16 000 employés en 2003).
Pour François Vedel, président de France Tabac, « ce n’est pas, comme on pourrait le croire, un problème de marché : l’Europe produit 20% de ses besoins, on pourrait donc produire plus. Le problème, c’est la rentabilité de la culture ». La culture du tabac souffre de la baisse globale du nombre des agriculteurs, mais aussi du fait qu’elle est très intensive en main d’oeuvre, entraînant des coûts trop importants avec la baisse des aides publiques. La pérennité se fera au prix de restructuration … (voir Lemondedutabac du 28 mars).
La désaffection des consommateurs envers le tabac brun, important en France, aurait aussi joué un rôle dans la chute de la production.

• Buralistes
Ils ne sont plus que 26 000. Soit 5.000 de moins qu’en 2004 et 720 commerces ont disparu en 2013. Pour Pascal Montredon, président de la confédération des buralistes, la hausse des prix entraîne une augmentation des achats sur internet ou à l’étranger, sans pour autant faire reculer le nombre des fumeurs : « la fermeture de l’usine de Seita est la preuve par neuf de ce que nous répétons depuis des années. On ne fait pas baisser le nombre de fumeurs, mais fermer des entreprises ».