Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
4 Mar 2014 | Pression normative
 

Mildt 1Va-t-on, enfin, avoir des informations nous éclairant sur l’impact réel des photos-choc apposées sur les paquets de tabac ?

Ce matin, à Paris, la Mission interministérielle de Lutte contre les Drogues et Toxicomanies (MILDT) organise sa première « rencontre ». Il s’agit d’un colloque  intitulé : « influence du marketing et de la publicité de l’alcool et du tabac sur les individus : quelles conséquences sur la santé publique ? ».

8 Fév 2014 | Observatoire
 

L’échec de toute une politique. Les adolescents français continuent, dans l’ensemble, de se distinguer par leurs pratiques addictives « en dépit de la réglementation visant à limiter l’accès à ces produits et des campagnes de préventions répétées », constate un rapport rédigé sous l’égide de l’Inserm (Institut national de la Santé  et de la Recherche médicale ) à la demande de la Mission interministérielle de Lutte  contre la Drogue et la Toxicomanie (Mildt).

Alccol jeunesEn conséquence et sans surprise, les experts préconisent de « cibler en priorité » l’action sur ces trois produits (alcool, tabac, cannabis) afin de prévenir ou retarder l’âge d’initiation à ces substances. Et sur certains produits, il semble qu’il y ait urgence. En 2011, seulement 6,6% des adolescents de 17 ans n’avaient jamais touché à un verre d’alcool, à une cigarette ou à de la drogue.

• L’alcool est la première substance dont l’expérimentation est la plus précoce : 58 % des élèves de 11 ans reconnaissaient avoir déjà bu une boisson alcoolisée, proportion qui atteint 91% des garçons et filles à la fin de l’adolescence.

• L’augmentation des phénomènes de prise ponctuelle et excessive d’alcool se poursuit : la proportion du « binge drinking » arrive  au chiffre « tristement » record de 53% des 10-18 ans.
• Le tabac reste la substance la plus consommée au quotidien : à 17 ans, 30% des filles et 33% des garçons.
• Pour sa part, le cannabis est le premier produit psychoactif illicite consommé à l’adolescence : 11% des élèves de 4ème, 24% des élèves de 3ème, et près d’un lycéen sur deux l’ont expérimenté au moins une fois. Le rapport met l’accent sur la « corrélation significative entre son usage et des passages à l’acte (tentatives de suicide, boulimie, comportements sexuels à risque…) conséquences de la levée d’inhibitions ».

Un rapport qui met « le doigt là où ça fait mal », paru au lendemain de l’annonce du 3ème Plan Cancer et du redémarrage souhaité de son volet « Prévention » (voir Lemondedutabac du 4 février).

27 Jan 2014 | Institutions
 

Mildt Danièle Jourdain-MenningerLa Mission interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (Mildt) a présenté, ce lundi 27 janvier, un plan d’action contre les drogues ainsi que les addictions, ciblant en particulier les jeunes et concrétisant le premier plan gouvernemental présenté à l’automne (voir Lemondedutabac des 18, 19 et 20 septembre).

Doté d’un budget de 59 millions d’euros, ce plan prévoit 130 actions pour la période 2013-2015 et a « l’ambition de porter l’effort vers les populations les plus exposées parmi lesquelles les jeunes dont les consommations d’alcool et de cannabis menacent la santé et l’insertion sociale » explique Danièle Jourdain-Menninger, la présidente de la Mildt.

Elle fait remarquer que « ces jeunes consomment de plus en plus jeunes, tabac, alcool, cannabis, drogues de synthèse », soulignant qu’à son avis l’interdiction de la vente d’alcool et de tabac aux mineurs n’était pas appliquée et que la culture du cannabis avait explosé (131 000 pieds saisis en 2012 contre 37 000 en 2008). Une des priorités du plan porte sur la lutte contre le trafic, local comme international. Le trafic, c’est probablement ce que la Mildt entend lorsqu’elle insiste sur le non-respect de ventes aux mineurs …

La Mildt veut ainsi agir contre les alcoolisations ponctuelles importantes (« binge drinking ») qui touchent plus de la moitié des lycéens. En développant, par exemple, des partenariats avec les universités, où des « étudiants référents » feront de la prévention, notamment lors des soirées festives.

Autre axe : la formation de professionnels pour repérer le plus tôt possible les conduites addictives et la valorisation des Consultations jeunes Consommateurs (CJC), encore peu connues. Quelques actions sont destinées aux parents d’usagers, souvent désemparés, comme l’ouverture d’une ligne téléphonique dédiée.

Sont également ciblées « les femmes enceintes qui consomment encore trop régulièrement de l’alcool et du tabac pendant la grossesse; les femmes usagères de drogues qui s’excluent du soin par crainte d’être stigmatisées; et les personnes les plus éloignées des dispositifs pour des raisons géographiques ou sociales ». Pour ces dernières, la Mildt compte sur l’expérimentation de « salles de consommation à moindre risque », avec en outre la volonté de toucher davantage les quartiers défavorisés, en ville comme à la campagne.

Danièle Jourdain-Menninger défend, à travers son plan d’action, « une approche intégrée de la lutte contre les conduites addictives en s’intéressant à toutes les drogues et addictions et en privilégiant l’approche par population et le renforcement des compétences psychosociales ».

22 Nov 2013 | Institutions
 

Alcool« Valoriser celui qui dit non ». L’Inpes (Institut national de Prévention  et d’Éducation pour la Santé) lance une campagne grand public de « débanalisation de la consommation courante d’alcool » qui coûterait la vie à près de 50 000 personnes par an. Une campagne qui a le mérite de dépasser le stade de la stigmatisation facile …

« Synonyme de convivialité, l’alcool se boit entre amis, en famille (…) et refuser un verre n’est pas toujours facile » explique l’Institut, « c’est pourquoi la nouvelle campagne (…) ne pointe pas les dangers liés à la consommation d’alcool, mais valorise les moyens d’agir au quotidien pour refuser le verre de trop ».

Deux spots montrent des scènes très réalistes : l’une à la fin d’un repas et l’autre dans un bar, avec un groupe d’amis dont l’un refuse un verre de plus. Objectif : ne pas diaboliser l’alcool et mettre plutôt  en situation le comportement responsable et malin d’une personne en capacité de refuser un verre supplémentaire.

L’alcool reste en France la deuxième cause évitable de mortalité après le tabac. Et si sa consommation globale a diminué en France, « le nombre d’ivresses déclarées et d’hospitalisations dues à l’alcool est en hausse » rappelle l’Inpes. En évitant d’évoquer le phénomène de  « binge drinking » chez jeunes.

9 Mai 2013 | Observatoire
 

Les jeunes découvrent la boisson avant la cigarette. Telle est, en substance, l’une des conclusions d’une étude de chercheurs de l’Institut de veille sanitaire, parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 7 mai.

« Plus de la moitié des élèves de sixième déclarent avoir déjà bu une boisson alcoolisée » est-il indiqué dans cette communication. Et ils sont 17%, en classe de quatrième, à avouer avoir été ivres. Autre remarque : « les lycéens dont les parents ont fait des études supérieures présentent des fréquences d’usage régulier d’alcool plus importantes que leurs homologues dont les parents ont un diplôme inférieur au bac ». Dernier constat induit : les autorités ne savent pas par quel bout entamer une vraie politique de prévention auprès des jeunes … Comme pour le tabac.

Mais comme pour le tabac, aussi, certains détournent l’attention des vrais problèmes en « instrumentalisant » l’industrie. Ainsi, ces propos de Catherine Hill, l’une des auteurs du rapport : « en attirant systématiquement l’attention sur les plus jeunes, les ivrognes ou les femmes enceintes, les lobbies de l’alcool font un travail très efficace. Ils laissent à penser qu’il existe des consommations à risques, et d’autres sans risques. » Facile.

D’après cette étude, 49 000 décès par an sont attribuables à l’alcool. Là encore, et comme pour le tabac, on ne manque d’être surpris par la disparité des chiffres mis en avant. Une précédente étude évoquait 28 000 décès.