Cela faisait longtemps que l’on n’en avait pas entendu parler : les buralistes auraient « échangé » une trêve sur les prix contre le paquet neutre.
Et donc, toute la mobilisation de ces derniers mois – des manifs (voir Lmdt des 22 juillet et 8 septembre), à l’opération cartes postales (voir Lmdt du 11 octobre), en passant par la grande soirée multiplex de cet automne (voir Lmdt du 3 novembre) – c’était pour amuser la galerie …
Comme si les buralistes avaient échangé une décision conjoncturelle (les prix) contre une mesure structurelle dégradant à jamais leur point de vente (le paquet neutre).
Il est vrai que le rapporteur de ce fantasme est un « ami des buralistes » patenté : Matthieu Pechberty, auteur du livre « L’État accro au tabac » (voir Lmdt des 8 novembre et 19 juillet 2015 ainsi que des 16 et 15 octobre 2014) qui a rédigé l’article suivant sur lejdd.fr (extrait) :
« Personne n’a rien vu. Mais cette année encore, le prix des cigarettes n’augmentera pas. Ce vendredi matin, les députés examinaient le projet de loi de finances rectificatif pour 2016 (sic) dans lequel se joue habituellement la bataille pour les prix du tabac. Pour la première fois depuis 2003, le débat n’a même pas eu lieu (…)
« L’an passé, un débat houleux à l’Assemblée avait modifié la loi qui consistait en une augmentation automatique des prix (voir Lmdt du 13 décembre 2014), dans un souci de lutte contre le tabagisme. Depuis, la hausse des prix doit être proposée pour être votée (…)
« Le gouvernement a donc décidé de respecter « l’accord » passé entre l’Élysée et les buralistes, qui consistait à leur accorder un gel des prix en échange du paquet neutre. Les fabricants s’attendent à une nouvelle stabilité des prix l’an prochain, à quelques mois de l’élection présidentielle » (sic).
À la vérité, s’il y a eu « deal prix / paquet neutre », il faut peut-être en rechercher l’explication dans l’article de L’Obs d’hier qui nous évoque un échange entre François Hollande et Marisol Touraine sur le sujet (voir Lmdt du 3 décembre).
En l’absence des buralistes, des fabricants mais aussi du ministre du Budget, lui-même.




