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23 Déc 2014 | Pression normative
 

DelaunayAlors que le débat d’actualité porte sur la légalisation du cannabis (voir Lmdt des 19, 21 et 22 décembre), la députée PS Michèle Delaunay – porte-flambeau de la lutte anti-tabac (voir Lmdt des 25 et 29 octobre, du 3 décembre) – rebondit sur son « cheval de bataille » : l’augmentation des prix du tabac dans l’objectif d’« éliminer ce serial killer » (voir Lmdt du 14 décembre). Extraits de son billet, toujours aigre et pas doux, publié sur son blog le 21 décembre : « Herbe à nigauds, herbe à Nicot, on a tout faux … ».

« Un point réunit le tabac et le cannabis : l’échec total des politiques appliquées qui fait de la France dans les deux cas le mauvais élève de l’Europe …

« Le cannabis n’est pas pour autant le serial killer qu’est le tabac et si les jeunes en étaient totalement épargnés, on pourrait le considérer comme modérément dangereux (…) Les fumeurs précoces puis réguliers sont significativement atteints dans leur vie sociale et professionnelle.

« Dans les trois cas (de l’étude Terra Nova) le nombre d’usagers quotidiens augmente, mais les dépenses publiques liées à l’arsenal répressif diminuent et, en cas de monopole d’Etat – permettant une augmentation du prix elle-même génératrice de fléchissement de la consommation -, génèrent un bénéfice global pour l’Etat de 2 milliards. La question est au moins posée.

« En ce qui concerne le tabac, nous venons à l’Assemblée (PLFR 2014) de nous priver de l’arme majeure de diminution de la consommation en premier lieu chez les jeunes : l’augmentation du prix (…) La mise en place du « paquet neutre » est prévue à l’occasion de la loi de santé et c’est une mesure positive, mais dont on sait qu’elle s’use à moyen terme avec l’habituation des consommateurs.

« Au total et pour des raisons différentes : les chiffres augmentent et on continue comme avant ou presque. Pour le cannabis, c’est le risque politique qui freine toute avancée. Concernant le tabac, c’est la pression des buralistes et la stratégie très élaborée des multinationales du tabac qui nous enferment dans un scandale sans proportion avec celui du Mediator, pour n’en citer qu’un …

« Une politique européenne dans les deux cas permettrait sans doute d’avancer. Mais qui pour la porter ? Celui-là pourtant marquerait l’histoire de ce petit continent et lui donnerait du sens ».

On retiendra deux choses de la diatribe de Michèle Delaunay :
– son déni concernant le grave phénomène du marché parallèle quand elle évoque l’augmentation des prix ;
– ses gros doutes sur l’efficacité de la mesure du paquet neutre (« elle s’use à moyen terme »).