
C’est une véritable entreprise de commerce de tabac parallèle qui comparaissait ce 22 septembre devant le tribunal correctionnel de Cherbourg (Manche). Sept prévenus, de 21 à 62 ans, une femme et six hommes, dont un était absent, étaient poursuivis pour détention sans justificatif, d’importation, détention et vente frauduleuse de tabac manufacturé et, pour certains d’entre eux, blanchiment d’argent. La décision du tribunal a été mise en délibéré.
Nous reprenons l’information d’Anna Bonnemaison sur ICI Cherbourg.
Après plusieurs mois d’enquête de la Brigade de Recherche de Cherbourg, de la Gendarmerie des Pieux ainsi que de la Brigade de Recherche de Caen, des interpellations ont eu lieu le 2 décembre 2025, ainsi que des saisies : 168 440 euros en liquide, 942 cartouches de cigarettes, soit 472 kilos de tabac.
Mais ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg découvert en décembre 2025 (voir les 30 avril 2026 et 6 décembre 2025).
Lors de l’audience, la cour a rapidement établi une estimation de la somme totale d’argent générée par ce trafic entre la Manche et le Luxembourg entre septembre 2024 et l’interpellation de décembre 2025.
Les 2 216 cartons transportés représentent, d’après la cour, l’équivalent d’un peu plus de quatre tonnes de tabac manufacturé. Les juges estimant qu’un carton valait 300 euros, les prévenus ont pu générer jusqu’à 200 000 euros de bénéfices nets.
Une PME familiale
Pour réaliser de tels profits, les prévenus s’étaient organisés en véritable entreprise.
Pour les premiers trajets vers le Luxembourg, le couple présent à la barre monte chacun dans un véhicule : elle au volant de la voiture familiale ouvre la voie avec les fonds pour le trafic, lui suit dans un camion loué.
Au retour, elle monte avec lui et la marchandise, son père ramène la voiture. Une organisation répétée à chaque trajet.
Dans la Manche, les cartons de tabac s’entassent dans les salons respectifs, les clients réguliers deviennent revendeurs et, progressivement, le trafic prend de l’ampleur.
Les prévenus vont louer un garage pour stocker les cartons de tabac, ouvrir un compte en banque pour réserver les camions avec lesquels ils passent la frontière, et une ligne téléphonique exclusivement réservée aux commandes, avec quelque 120 contacts.
Plus d’un million d’euros de fraude
La Douane française a estimé que ce trafic a engendré 1 325 284 euros de fraude, dont elle demande le remboursement intégral ainsi que le paiement d’une pénalité douanière de même montant. La fédération des buralistes de la Manche qui s’est constituée partie civile a réclamé plus de 140 000 euros au titre du préjudice moral.
Le Parquet a requis des peines allant de 6 à 30 mois d’emprisonnement, avec incarcération immédiate pour l’un des prévenus.
La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera rendue le 10 novembre prochain.







J’ai regardé avec intérêt un récent débat consacré par LCP à une question qui revient en France comme au niveau européen : faut-il taxer le vapotage ?




