Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
6 Nov 2026 | International
 

Pas moins de 201 organisations professionnelles – représentant toutes les filières professionnelles liées au tabac et à la nicotine en Europe – viennent de s’adresser directement à Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne.

Il s’agit d’un message de mise en garde : on ne peut réviser la Directive tabac européenne (voir 15 octobre 2026 et 14 octobre 2026) sans une prise en compte complète et objective de toutes les conséquences économiques et sociales que pourraient avoir les mesures proposées.
Notamment concernant les risques de développement de la contrebande et de marchés parallèles de tout type.

Parmi les signataires, on retrouve des organisations professionnelles de fabricants, de tabaculteurs, de points de vente et du secteur CHR.
Ainsi, il n’y a pas que les pays partisans d’une politique d’interdiction des nouveaux produits qui s’expriment auprès de la Commission européenne (voir 10 et 8 octobre / Europe).

Sur toute l’Union européenne (ses 27 membres), le chiffre d’affaires correspondant à la vente de tabac et de nouveaux produits se monte à 151,3 milliards d’euros par an. Dont 107 milliards en fiscalité.

6 Nov 2026 | Profession
 

En cosignant, le 6 octobre dernier, une lettre qui réclame le gel du marché européen des nouveaux produits nicotinés, la France défend à Bruxelles une ligne qui contredit la stratégie qu’elle finance depuis 2018 auprès de ses buralistes : faire du bureau de tabac un commerce de proximité capable de proposer aux fumeurs des alternatives à la cigarette. C’est ainsi que débute un article de David Bayle dans L’Essentiel de l’Éco que nous reprenons.

Une lettre à huit pour un tour de vis

Signé par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, aux côtés de sept de ses homologues européens (Pays-Bas, Belgique, Finlande, Hongrie, Lettonie, Slovénie, Espagne), ce courrier adressé au commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, a fait l’effet d’un coup de massue pour les buralistes français (voir 8 octobre 2026 et 11 octobre 2026 / Europe).

Le moment choisi n’est pas anodin : la directive européenne sur les produits du tabac (TPD), en vigueur depuis 2014, est en cours de révision par la Commission européenne. La consultation publique s’est achevée le 14 août et la Commission dit viser une publication de son texte avant la fin de l’année (voir 15 octobre 2026). Les huit signataires du courrier entendent ainsi peser sur son contenu.

Leurs demandes concernent autant l’accélération du calendrier de la Commission que la mise en œuvre de mesures restrictives : interdiction de mise sur le marché de tout nouveau produit contenant de la nicotine ou une substance aux propriétés similaires, interdiction des arômes à l’échelle de l’Union, généralisation du paquet neutre, faculté pour chaque État d’interdire les sachets de nicotine, contrôle renforcé de la publicité sur les réseaux sociaux et restriction des achats auprès de vendeurs établis hors de l’Union. Lire la suite »

 

Xavier Puech, Président de Philip Morris France

Taxer et interdire ne suffisent plus, juge Xavier Puech, président de Philip Morris France. Pour accélérer le recul du tabagisme, il prône une politique de réduction des risques qui ferait davantage de place aux alternatives sans combustion destinées aux fumeurs adultes.
C’est l’essentiel d’une tribune de Xavier Puech, président de Philip Morris France, mise en ligne par le JDD le 4 novembre.

Trente-cinq ans après la loi Évin, près d’un Français majeur sur quatre fume encore. Pourtant, les taxes augmentent chaque année, les interdictions se multiplient, les campagnes se succèdent. Depuis plus de trente ans, la réponse de la puissance publique tient en deux mots : taxer et interdire. Ce n’est pas une politique de santé. C’est une politique de répression. Et elle a atteint ses limites. Lire la suite »

 

Y Martinet« Si on arrive à arrêter de fumer pendant un mois, on multiplie par cinq ses chances d’arrêter définitivement », encourage Yves Martinet, pneumologue, professeur émérite à l’université de Lorraine et président du CNCT (Comité national contre le tabagisme), dans la matinée du 2 novembre, à l’occasion du démarrage de la 11e édition du « Mois sans tabac ». Nous reprenons l’info de ICI Lorraine.

Cette opération vise à encourager les fumeurs à arrêter de consommer du tabac. Elle a été initiée sous le président François Hollande et dure tout le mois de novembre. « Fumer une cigarette, c’est raccourcir sa vie de 20 minutes », prévient Yves Martinet.
Un fumeur sur six développera un cancer du poumon au cours de sa vie, « mais il faut garder le côté positif : il y a de plus en plus de Français qui arrêtent de fumer », se félicite le professeur. « Sur les dix dernières années, quatre millions de Français ont arrêté de fumer et ça, c’est une belle réussite ».

Le meilleur conseil, « c’est de s’y mettre le plus tôt possible et de ne pas désespérer », préconise le pneumologue. Lui-même a « arrêté sept à huit fois avant d’arrêter définitivement ».
Il reconnaît que « c’est plus ou moins facile selon les individus, mais on y arrive tous. Il ne faut pas se désespérer et le jeu vaut la chandelle ».

La difficulté d’arrêter de fumer est que la nicotine est « la drogue la plus dure sur le marché et c’est une drogue en vente libre », décrit Yves Martinet. Donc elle a toutes les chances d’avoir le plus grand nombre d’addicts. Le fumeur, c’est un addict.

Le tabac tue 68 000 personnes prématurément par an en France. De moins en moins de jeunes fument de cigarettes, constate le président du Comité national contre le tabagisme, car « c’est ringard de fumer », mais « ils sont séduits par l’industrie de la cigarette électronique qui leur propose des gadgets : la cigarette électronique avec de la nicotine dont c’est démontré maintenant qu’elle n’est pas sans risque pour la santé, ça reste dangereux », regrette-t-il.

En France, après le Plan Cancer sous la présidence de Jacques Chirac, sous la présidence d’Emmanuel Macron, les politiques publiques ont augmenté fortement le prix du tabac. « Et c’est là où on a eu la chute la plus importante de fumeurs en France », constate Yves Martinet. « C’est clair que c’est la mesure la plus efficace ». Début septembre, Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle, a écrit aux buralistes pour les soutenir et leur assurer un « gel des taxes sur le tabac » si elle est élue en 2027, affirmant vouloir « protéger » une activité « vitale pour la vie sociale » des communes (voir le 7 septembre 2026).

« Ce n’est pas respectueux de la santé des Français », tacle Yves Martinet. « L’augmentation des prix par le biais des taxes, c’est la mesure la plus efficace pour amener les fumeurs à arrêter de fumer. Proposer un blocage des prix, c’est favoriser le tabagisme des jeunes et des adultes », déplore le professeur. Selon lui, l’arrivée de Marine Le Pen à l’Élysée mettrait en péril la lutte contre le tabagisme engagée depuis plusieurs années, « à moins que Marine Le Pen ne change d’avis et qu’elle écoute les conseillers spécifiques et compétents en santé publique », préconise-t-il.

Pour arrêter de fumer, les usagers peuvent appeler Tabac info service au 39 89. De 8 h à 20 h, un tabacologue leur répond gratuitement. Ils peuvent aussi se rendre sur le site mois-sans-tabac.fr. « Faites-vous aider par un professionnel de santé pour arrêter. Le pharmacien, le médecin, la sage-femme, l’infirmière, si vous vous faites aider, vous augmentez de 70 % vos chances de réussite », insiste Yves Martinet.

6 Nov 2026 | Trafic
 

Scène de la délinquance et d’un trafic ordinaires : le 17 août, à Lisieux, les policiers « filochaient » (faisaient une filature) trois individus soupçonnés de vol.
Ils décident de les contrôler quand ceux-ci rejoignent une voiture dont ils demandent au conducteur d’ouvrir le coffre… Bingo.
À l’intérieur, 161 paquets de cigarettes.

Le conducteur ne fait pas de difficultés pour reconnaître qu’il se livre au trafic de tabac. Moyen d’affranchir ses passagers ?
Peu importe, il est passé au tribunal de Lisieux ce 3 novembre.
Pour une condamnation à 4 mois de prison avec sursis et 2 173 euros d’amende.
(Voir 15 octobre 2026, 18 septembre 2026 et 15 mai 2026).

 

Nous reprenons un extrait de l’interview accordée à Benjamin Glaise, sur Sud Radio, par Stéphanie Rist, ministre de la Santé. Propos pour le moins confus.

Ce 4 novembre, on est en plein Mois sans tabac. Vous vous étiez prononcée en faveur de l’interdiction de la vente des cigarettes pour toutes les personnes nées après 2009 (voir 4 juillet 2026).

Il faudra forcément arriver un jour à une génération sans tabac ?

« Oui, moi je suis favorable à une génération sans tabac. On n’en est pas très loin : si on regarde les chiffres pour les jeunes de 16 ans, on est à 3 % de fumeurs. Il nous reste cette marge des 3 %. »

Donc il n’y a pas besoin d’interdire finalement dans ce cas-là si on va dans le bon sens ?

« Vous envoyez un message très important de dire aux jeunes : C’est interdit, vous ne fumerez plus. Si on le fait avec des jeunes qui sont prévenus que quand ils arrivent à l’âge adulte ils n’ont pas le droit, ça a été fait dans d’autres pays et cela fonctionne. En dix ans, on a baissé de 10 % le nombre de consommateurs de tabac, c’est une bonne chose. On a une politique qui marche, de prévention, d’accompagnement et de fiscalité, qui fonctionne et qu’il faut poursuivre. »

Mais le Gouvernement vous suit-il sur cette interdiction ?

« Il y a deux choses, il ne faut pas mélanger. Là où on est défavorable, et je le suis aussi, c’est qu’il était proposé dans le budget de la Sécurité sociale un amendement qui visait à surtaxer. Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il faut arriver à une génération sans tabac. On voit que finalement on y arrive et qu’on n’aura même peut-être pas besoin de mettre l’interdiction, mais en tout cas penser une société sans tabac, c’est possible. »

L’Assemblée a rejeté le gel de l’indexation du prix du tabac sur l’inflation. Y êtes-vous favorable ? Faut-il viser un paquet à 15 euros ?

« On arrive à ce qui était l’objectif que nous nous étions fixé dans cette politique de ces dix dernières années, qui est un paquet à 13 euros. La fiscalité sur le tabac a fonctionné, mais elle est accompagnée : il y a des mesures de prévention, des financements mis pour faire de la prévention notamment auprès des jeunes mais aussi des personnes les plus éloignées, pour ce qu’on appelle « l’aller vers », vers les populations qui continuent à fumer plus que d’autres parce qu’elles ont moins l’information, la sensibilisation et la prévention.

« Et puis nous avons mis en place des mesures de remboursement des substituts nicotiniques par un grand nombre de professionnels de santé, ce qui permet vraiment d’être efficace sur cette politique. Ce qui est important, c’est qu’on regarde à chaque fois si ça fonctionne ou pas. Chez les jeunes de 16 ans on est plutôt bons, mais il reste encore 18 % de fumeurs dans la population, c’est encore trop. Nous devons continuer cette politique, tout comme lutter contre le marché noir, ce que nous faisons de façon importante avec le ministre des Comptes publics. »

5 Nov 2026 | Pression normative
 

Une terrasse de café, quelqu’un allume, tout le monde décale sa chaise d’un cran. La fumée, elle, ne décale pas. Le Mois sans tabac 2026 s’adresse aussi à ceux qui n’ont jamais demandé à fumer : selon une étude parue dans The Lancet et relayée par Le Figaro, 2,7 milliards de personnes dans le monde respirent la fumée des autres, dont 767 millions de moins de 15 ans. C’est ainsi que débute un article de Figaro Services (le 3 novembre).

Ce que respire vraiment un non-fumeur

Voici ce que peu de gens savent, et qui change la manière de voir la scène de la terrasse. La fumée qu’inhale le fumeur passe par un filtre. Celle qui s’échappe du bout de la cigarette, entre deux bouffées, ne passe par rien du tout. Cette combustion-là se fait à basse température, de façon incomplète, et elle concentre certaines substances toxiques davantage que la fumée « filtrée ». Autrement dit, dans beaucoup de cas, l’air le plus mauvais de la table est pour celui qui ne fume pas. Lire la suite »

5 Nov 2026 | Trafic
 

En quelques années, la revente de cigarettes à bas prix a quitté ses bastions parisiens pour gagner les gares de banlieue et de grande couronne. Derrière les vendeurs, des filières organisées importent des contrefaçons fabriquées en Belgique, les stockent dans des box de banlieue et blanchissent leurs gains. Nous reprenons un sujet de VL Média (le 3 novembre).

Le paquet s’y vend 5 à 6 euros, contre 11 à 13 euros chez le buraliste. Dès février 2024, la chambre syndicale des buralistes d’Île-de-France recensait au moins une cinquantaine de points de vente de ce type dans la région. Les constatations douanières liées au tabac sont passées d’environ 15 500 en 2020 à 20 500 en 2025, soit 56 par jour. Interrogé par Le Parisien le 7 octobre 2026, Nicolas Monnier, chef du bureau Lutte contre les trafics et la criminalité organisée de la douane, estime que « les réseaux de tabac se structurent progressivement comme ceux des stupéfiants ». L’ampleur exacte du marché reste discutée : Imperial Brands Seita, filiale d’un fabricant de tabac, estime la contrefaçon à 15,3 % de la consommation francilienne fin 2025, quand l’association Contre-Feu (ex-Alliance contre le tabac) conteste ce qu’elle présente comme un récit alarmiste des industriels. Lire la suite »

5 Nov 2026 | Profession
 

À l’occasion de l’examen de la réforme des titres-restaurant au Sénat, nos organisations souhaitent alerter sur les conséquences économiques d’une mesure présentée comme favorable au pouvoir d’achat, mais qui pourrait fragiliser durablement nos restaurants, nos producteurs et nos filières agricoles et alimentaires.

Ne nous trompons pas de débat : derrière le titre-restaurant, c’est aussi l’avenir de toute une chaîne économique qui se joue. Lire la suite »

5 Nov 2026 | Profession
 

Afin de réaliser des économies, une des sociétés qui composent le Pari mutuel urbain (PMU) a décidé de supprimer les courses de galop dans 25 hippodromes français dès l’année prochaine. Quelles conséquences pour les parieurs ? Explications (d’après l’AFP).

Séisme sur la planète turf : dès 2027, finies les courses de galop dans plusieurs des 231 hippodromes de France, en province.

Une nouvelle cartographie a été présentée le 19 octobre dernier. Elle prévoit que les courses de galop disparaissent dans 25 hippodromes, où resteront toutefois les courses de trot. Dans 13 autres hippodromes, les courses seront spécialisées dans une seule discipline du galop : soit du plat, soit de l’obstacle.

Cette décision a été motivée par la baisse des paris hippiques, et donc des recettes du PMU (pari mutuel urbain). Or, ce sont ces recettes qui financent les deux sociétés qui composent le PMU, France Galop et la Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français (SETF). Sur 100 euros de mise au PMU, 75 sont reversés aux gagnants, et 9 euros à la filière hippique.

Un plan d’économies avait été lancé dès 2025 au sein de France Galop, dont 90 % des revenus proviennent du PMU, selon l’AFP. Après les suppressions de postes, les suppressions de courses donc, dans le but de faire des économies sur l’organisation.

Malgré tout, les courses de galop supprimées devraient être redistribuées sur d’autres hippodromes plus grands. Ce sont donc les sites où les courses disparaîtront qui pâtiront de cette réorganisation, plutôt que les parieurs du PMU eux-mêmes, pour qui l’offre devrait se maintenir.

(Voir les 11 juillet et 24 octobre / PMU)