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16 Juin 2026 | Profession
 

Alors que la consommation de cigarettes baisse en France, la vente de tabac illicite ne cesse d’augmenter. Selon une étude, plus de la moitié des cigarettes consommées en Bourgogne n’ont pas été achetées chez un buraliste.
C’est ainsi que débute un sujet d’Auberi Verne, sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté, le 12 juin, que nous reprenons.

Les faits remontent au 3 avril 2025. Ce jour-là, les douaniers de la Brigade de surveillance intérieure de Dijon contrôlent un homme en provenance du Luxembourg, qui transporte plus de 26 kilos de tabac à fumer. Refusant toute transaction douanière, l’homme est convoqué le 19 mai 2026 devant le tribunal judiciaire. À l’audience, il affirme avoir acheté les produits dans une station-service pour sa consommation personnelle et celle de son entourage… mais reconnaît l’illégalité de la pratique, ayant déjà fait l’objet d’un contrôle douanier en 2017.

Le tribunal condamne finalement le contrevenant à six mois d’emprisonnement avec sursis, à une amende de 2 000 euros, au paiement d’une pénalité fiscale de plus de 10 000 euros et au règlement des droits fraudés. Le tabac est également confisqué.
« Cette affaire illustre la mobilisation constante de la Douane dans la lutte contre les trafics illicites de tabac, qui portent atteinte à l’économie légale et au réseau local des buralistes et alimentent les circuits de fraude », note la Direction générale des Douanes.

Des circuits de fraude qui sont en croissance constante : selon un rapport effectué par le réseau KPMG, plus d’une cigarette sur deux consommée en France ne provient pas de réseaux légaux (voir le 3 juin 2026).

En Bourgogne, cette proportion s’élève jusqu’à 55,6 %, dont 24,2 % qui représentent des cigarettes de contrefaçon. Pourtant, lorsque l’on interroge des fumeurs, personne n’avoue acheter du tabac illicite. « J’achète tout le temps mes cigarettes en bureau de tabac, vers un petit commerçant, c’est un principe », assure cette fumeuse dijonnaise, croisée par notre équipe de reportage. Pas question pour elle de se fournir sur internet, par exemple : « On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Je ne pense pas que la provenance soit très fiable. »

« Je préfère payer mes cigarettes au prix fort et être sûr de ce qu’il y a dedans », abonde un autre. « Il y a suffisamment de saletés dedans pour risquer de fumer quelque chose d’encore pire. Je suis sûr que la moitié des cigarettes de contrebande, ce sont des fausses. »

Le commerce parallèle représente pourtant un important manque à gagner pour les buralistes. « On sent une réelle baisse du chiffre d’affaires et un flux de clientèle qui est moindre », indique Valentin Ollivier, président de la Fédération des buralistes de la Côte-d’Or (voir 18 décembre 2024 et 3 février 2025).

« C’est notamment dû au prix du tabac en France qui fait que la clientèle se transfère sur l’étranger, à défaut de nos entreprises. Et il y a les réseaux sociaux : Snapchat, Marketplace, Le Bon Coin… »

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