
La disparition de milliers de bars-tabacs ces dernières décennies et du lien social qu’ils incarnaient, surtout en zone rurale, favorise la montée du vote d’extrême droite, constate une récente étude (voir notre information sur cette même étude, le 2 février).
C’est ainsi que démarre une dépêche AFP (du 7 février, que nous reprenons).
La France a perdu 18 000 bars-tabacs entre 2002 et 2022, un chiffre que le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) a croisé avec ceux des résultats aux élections présidentielles et législatives sur la même période. Résultat, la fermeture de ces établissements a contribué à la progression du vote pour le Front national, devenu le Rassemblement national (RN).
L’étude, parue le 30 janvier, révèle « un effet significatif mais différé » de la fermeture d’un bar-tabac sur le vote RN.
« À la première élection post-fermeture, l’effet est quasi nul. Il croît ensuite régulièrement : +0,23 point après cinq ans, +0,67 après 10 ans, +0,92 après 15 ans, et +1,28 point après 20 ans. Pour les présidentielles, l’effet atteint +1,38 point. »
En zone rurale, l’effet est de +1,3 point pour les législatives et +3,3 pour les présidentielles – contre +0,3 et +1,1 respectivement en zone urbaine.
Pour les auteurs, le RN « a su politiser » le déclin des bars-tabacs.
« Ni tout à fait un café, ni seulement un débit de boisson, le bistrot est une scène de vie, un théâtre du quotidien où se tissent, jour après jour, les fils invisibles du lien social », écrivait le député RN Julien Odoul dans sa proposition pour inscrire les bistrots français au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, en juin 2025.
À l’inverse, « quand les partis de gouvernement évoquent les buralistes, ils le font dans un registre technique : fiscalité, réglementation, santé publique », souligne l’étude. Lire la suite »