« Pas d’augmentation des prix du tabac en janvier » ; « interdiction des achats de tabac sur Internet » ; « Le Gouvernement cajole les buralistes » ; « les anti-tabac dénoncent les lobbys » … Les annonces et les titres des journaux audio-visuels de ce samedi 6 décembre – suscités par les votes de l’Assemblée nationale de vendredi soir (voir Lmdt des 5 et 6 décembre) – ont brusquement reflété, aux yeux de l’opinion publique des Françaises et des Français, les réalités et les enjeux d’un secteur dont nous relatons l’actualité quotidienne ici même. Mais justement qu’ont-ils compris ?
• Ce qu’a pu en retenir l’opinion publique : la gravité du phénomène du marché parallèle. A travers les informations croisées sur une probable non-augmentation des prix, au début de l’année prochaine, et à propos de l’officialisation de l’interdiction d’acheter sur Internet (alors que tout le monde était persuadé que c’était déjà le cas …), c’est la gravité du marché parallèle – à son niveau actuel – qui est clairement ressortie de tous les commentaires.
D’où le fait que les buralistes soient toujours mobilisés, même s’ils savent maintenant qu’il n’y aura pas de nouvelle augmentation en janvier. Car avec un paquet sur quatre toujours acheté en dehors de leur réseau, on conçoit qu’ils demandent avec insistance qu’un vrai plan de lutte contre le marché parallèle soit défini, adopté et mis en œuvre (voir Lmdt du 29 novembre).
L’interdiction d’acheter sur internet – dont on ne sait pas encore comment elle sera effectivement appliquée – n’est qu’une toute première mesure. Insuffisante. Et les Français l’ont bien compris en voyant, hier sur leurs écrans de télé, les buralistes frontaliers de l’Italie et de l’Allemagne manifester (voir Lmdt du 6 décembre 1 et 2).
• Ce qu’elle commence à entrevoir : la bataille sur le paquet neutre (générique) commence. Les médias ont bien rapporté que les buralistes se mobilisent aussi sur le projet de Marisol Touraine. Mais sans en préciser les vrais enjeux et le calendrier. Reste que le sujet monte en puissance.
• Ce qui lui a échappé : l’enjeu fiscal. Avec le vote de certains amendements de vendredi soir s’ouvre probablement un chantier sur une évolution de la fiscalité tabac. Christian Eckert l’a même évoqué. Et cela, c’est une autre histoire. Bien au delà des rivalités habituelles entre la Santé et Bercy. A suivre.




