Le brouhaha médiatique provoqué par l’article du Parisien / Aujourd’hui en France de la semaine dernière (voir Lmdt des 9, 10 juillet et de ce jour) a jeté une lueur crue sur les divergences criantes au sein du Parti socialiste (et du « groupe de travail parlementaire sur l’évolution du métier de buraliste » mis en place par lui-même / voir Lmdt des 5 et 7 mai ainsi que du 1er juillet) … à propos des prix du tabac et de leur éventuelle augmentation.
•• D’un côté, la députée de Bordeaux Michèle Delaunay qui a confirmé dans les colonnes du quotidien : « il faudrait que le paquet passe le seuil de 10 euros » (voir Lmdt des 9 juillet, 30 mai et 6 avril). Et elle entend bien faire prévaloir cette position en tant que rapporteure du budget de la Sécurité sociale, l’automne prochain (voir Lmdt du 15 juin).
•• De l’autre, le député du Doubs Frédéric Barbier, animateur du « groupe de travail sur l’évolution du métier de buraliste », et qui doit rendre un rapport en septembre (sachant que Michèle Delaunay fait partie du groupe de travail). Il n’empêche que Frédéric Barbier adopte une position différente de sa collègue. Comme il l’a montré lors d’une intervention sur BFM TV, le jeudi 9 juillet.
• À propos des chiffres fantaisistes (+ 7 % de consommation de tabac en plus …) mis en avant par Le Parisien / Aujourd’hui en France, le matin même : « il faut bien se rendre compte que l’on parle seulement d’un mois comparé à un autre mois. Si on regarde sur le premier semestre 2015 par rapport à la même période de 2014, c’est 0,5 % d’augmentation (…) Si on regarde sur les cinq dernières années, on est passé de 55 milliards de cigarettes vendues dans le réseau des buralistes à 45 milliards. C’est une baisse de 20 % qui a été constatée sur cette période ».
• Sur les prix en général : « le prix, tout le monde reconnaît que c’est certainement cela qui peut, à un moment donné, faire reculer le tabagisme ; on l’a vu dans le passé avec des augmentations importantes (…) Mais on a pu constater aussi que lorsque la France augmente de façon importante le paquet, les pays limitrophes alimentent le réseau parallèle – je pense à Andorre où je suis allé, au Luxembourg, à la Belgique … -, parce que les gens vont là où c’est moins cher ».
• Sur l’hypothèse d’une forte hausse : « je pense qu’il faut, avant toute chose, commencer à réfléchir à une harmonisation des prix européens. C’est un combat de tous les jours ; le gouvernement y travaille. Des députés aussi ».
• Sur les buralistes : « le buraliste, c’est un commerce de proximité et un préposé de l’administration ; c’est celui qui est garant que le tabac est vendu dans de bonnes conditions et à des gens qui ont le droit de l’acheter (…) Le buraliste quand il disparaît …eh bien, la nature a horreur du vide et à ce moment-là on voit apparaître un certain nombre de réseaux qui prennent la place ».




