Comme la presse régionale s’en fait l’écho, à propos de l’arrivée du paquet neutre, non seulement l’Etat n’aide pas à se diversifier les buralistes, mais il donne des coups de canifs dans leurs prérogatives historiques (voir Lmdt des 26, 22 et 1er septembre) et instaure de nouvelles taxes (voir Lmdt du 23 septembre).
• Le Télégramme de ce dimanche 25 septembre note que les buralistes paient au prix fort les politiques de lutte contre le tabagisme. « Le paquet neutre va surtout profiter au marché parallèle qui n’a cessé de croître depuis sept ans. 27,5 % du tabac consommé en France est acheté en dehors du réseau des buralistes. Si l’on s’en réfère à l’expérience australienne, on peut estimer que ce chiffre passera à 35 % en France en juin prochain. C’est une perte pour les buralistes mais aussi un manque à gagner fiscal qui sera supporté par tous les contribuables », s’indigne Michel Guiffès, président de la fédération bretonne des buralistes et trésorier de la Confédération nationale.
Il ajoute : « dans mon département du Morbihan, on perd entre 20 et 30 buralistes par an. C’est un sujet qui nous préoccupe car ces personnes s’engagent sur la totalité de leurs biens personnels ».
« La diversification doit être rentable. Elle rapporte de l’argent quand on fait du volume et c’est plus facile quand on peut prendre une place qui n’est pas occupée. On a clairement besoin de trouver le modèle économique qui nous permettra de continuer à vivre. On reste le premier réseau social de France », souligne Cyrille Geiger, buraliste à Paris. Les gouvernements successifs ont promis d’aider les buralistes à se diversifier.
« Mais on attend toujours. L’État est aux abonnés absents. On doit se débrouiller tout seul », se désole Stéphane Roudaut, à la tête des buralistes finistériens.
• Dans l’Est Eclair de ce mardi 27 septembre, Pascal Brie, président de la chambre des buralistes de l’Aube, ne décolère pas : « on va bientôt accueillir le paquet neutre dans nos linéaires avec son lot de complications quotidiennes, la Française des jeux signe un accord avec les fleuristes sans nous en parler, notre réseau de distribution est amputé de son dépôt départemental… Nous ne recevons que des mauvaises nouvelles et ça continue ».
La conclusion « on étouffe le commerce, et on s’attend à voir entre 3 000 et 4 000 buralistes mettre la clé sous la porte. Mais le gouvernement s’en fout ». Par l’intermédiaire du député Nicolas Dhuicq, Michel Sapin, ministre de l’Economie leur a expliqué, le 23 août dernier, que le gouvernement cherchait à harmoniser le prix du tabac au niveau européen : « mais nous sommes déjà les plus chers de l’Europe continentale, et c’est nous qui augmentons encore. Le gouvernement se contredit lui-même ».
• Dans le Journal de Saône-et-Loire de ce mardi 27 septembre, Laurent Maquart, président de la chambre syndicale de Saône-et-Loire ne cache pas que « le paquet neutre panique la profession ». Ils étaient 120 et inquiets à l’assemblée générale départementale ce dimanche 25 septembre. « Je teste actuellement une armoire forte qui distribue automatiquement le paquet demandé (voir Lmdt du 27 juin)», explique Laurent Maquart. « Mais cette armoire va bien pour un petit ou moyen bureau de tabac qui a jusqu’à 800 clients par jour », précise-t-il, « il en faudrait plusieurs pour les gros comme celui de Mâcon qui a 3 000 clients jour ». » Sans un système automatisé, la profession craint de perdre énormément de temps pour différencier une marque d’une autre.
« Il faut savoir que le tabac reste notre produit d’appel et constitue la moitié de notre chiffre d’affaires. Les gens entrent chez nous pour ça », rappelle le président départemental. Aussi, Laurent Maquart, comme le reste de la profession, peste contre la nouvelle hausse (+ 15 %) sur le tabac à rouler. « Notre panier moyen, lui, n’augmente pas », indique-t-il, « autrefois, avec 10 euros, le client achetait un paquet de cigarettes à 5, un jeu à gratter à 2 et une petite voiture pour l’enfant. Aujourd’hui, c’est un paquet à 7,50 et un jeu à gratter à 2. Nous perdons de la marge ».




