Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement au tabac
 

OFDTPublié ce mercredi 17 février, le tableau de bord « Tabac » pour 2015 de l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) pointe deux faits marquants : ventes en hausse dans le réseau des buralistes d’un côté (voir Lmdt du 11 janvier 1 et 2) – après plusieurs années de baisse – et légère reprise de plusieurs indicateurs relatifs à l’arrêt. Ce qui fait déjà réagir …

• Selon l’OFDT qui reprend les chiffres de la Douane, les ventes officielles s’établissent à 56 323 tonnes (contre 55 415 tonnes en 2014), soit + 1,6 % (+ 1 % pour les cigarettes et + 6,6 % pour le tabac à rouler). Le chiffre d’affaires global augmentant de fait : 18,2 milliards d’euros en 2015 contre 17,9 milliards l’année précédente.

• Les achats transfrontaliers de tabac « semblent se stabiliser » fait remarquer l’OFDT : « si les ventes dans le réseau des buralistes des départements limitrophes de la Belgique continuent de reculer, elles augmentent autant, voire plus, qu’au niveau national dans les autres zones frontalières, particulièrement dans le sud-est et à la frontière avec l’Espagne ».

• Les ventes de traitements d’aide à l’arrêt sont en hausse de + 13,5 % – en nombre de patients traités – après trois années consécutives de baisse, même si le niveau global reste inférieur à celui atteint au début des années 2010. Les principaux traitements demeurant les substituts sous forme orale devant les timbres transdermiques (90 % du marché pour les deux). En augmentation également les consultations de tabacologie. Le dispositif « Tabac Info Service » a enregistré un nombre d’appels à peu près équivalent à celui de 2014 (32 557), moins de visites sur le site (baisse de 10 %) et serait boosté par l’application.

• L’OFDT reste prudent, dans ses conclusions « sur une augmentation du nombre de fumeurs » et constate « un tassement de l’usage de la cigarette électronique, dont le marché recule, qui reste à confirmer dans les prochaines enquêtes ».

• Ce qui n’est pas le cas l’économiste Pierre Kopp, auteur de la dernière évaluation des coûts du tabagisme (voir Lmdt des 15 et 11 septembre 2015), invité du journal de 12h d’Europe 1 : « Le prix n’a pas augmenté et on sait bien, en matière de tabac, que l’instrument le plus efficace, c’est la hausse du prix » et de simplifier rapidement « alors si l’on augmente pas les prix, la consommation augmente (…) C’est sans doute le vecteur le plus important. Bien évidemment, il doit être accompagné du paquet neutre, de l’interdiction de publicité, du respect de la loi Evin. L’idée, simple, c’est de faire comprendre aux consommateurs que ce n’est pas une passade, qu’on augmente une année et pas l’autre. C’est une stratégie que tous gouvernements continuent de mener. Et qu’il faut arrêter de fumer et qu’ils trouvent des solutions pour ça ».