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11 Jan 2016 | Profession
 

CigarettesDans son édition d’hier, et en accompagnement d’une interview de Claude Évin (voir Lmdt du 10 janvier), le Journal du Dimanche renoue avec les fantasmes de « la consommation de tabac » qui « repart à la hausse ». En fait, les seuls chiffres cités sont ceux correspondant au marché officiel.

Soit + 1 % pour les cigarettes (en volume / voir Lmdt du 8 janvier) sur toute l’année 2015. Et + 6,3 % pour le tabac à rouler. Ce qui vient opportunément conforter les propos de l’ancien ministre de la Santé et père de la loi portant son nom : « il faut augmenter les prix de manière forte et brutale ! ».

L’article énonce rapidement deux raisons à cette reprise relative du marché officiel, par rapport aux années antérieures : l’absence de hausse des prix en début d’année et l’effet « état d’urgence » qui a multiplié les contrôles aux frontières perturbant les achats de tabac à l’étranger en fin d’année (comme on l’a déjà signalé, ici même / voir Lmdt des 4 janvier et 21 décembre).

Une analyse plus fine des réalités du marché du tabac aurait pu permettre d’avancer des explications supplémentaires :

• on sait que globalement les Français sont moins allés en vacances à l’étranger que d’habitude. Ils ont plus consommé sur place et moins acheté à l’extérieur. Les fumeurs comme les autres ;

• un facteur que connaissent bien les vrais spécialistes du marché : la météo. Un été plutôt exceptionnel, après un printemps plutôt radieux et avant un automne non moins remarquable ont contribué à ce que nos concitoyens aient consacré plus de temps « à l’extérieur » des habitations et autres lieux de vie fermés que d’autres années. Ce qui a procuré plus de possibilités pour les fumeurs ;

• les facteurs anxiogènes propices à un certain tabagisme n’ont malheureusement pas manqué : entre les attentats terroristes avec le climat qu’ils génèrent et l’insécurité sur les plans social et de l’emploi. Rappelons que la prévalence tabagique est de 48,2 % chez les chômeurs (voir Lmdt du 24 février 2015) ;

• le marché de la cigarette électronique, qui devient mature, a connu, semble-t-il, un certain ralentissement en 2015 (même s’il continue à aider certains fumeurs à consommer moins de tabac traditionnel et à décrocher).

Suffisamment de facteurs, en tous cas, pour éviter les explications à l’emporte-pièce.