Suite des réactions aux déclarations de Marisol Touraine, sur les prix et la suppression de certaines marques (voir Lmdt du 31 janvier).
• Pascal Montredon dans une interview de près de cinq minutes à France Info : « On se préoccupe de marques qui existent depuis des années, alors que le problème, c’est au niveau des prix. Quand on peut trouver sur Internet, ou à proximité de nos frontières, du tabac deux fois moins cher, ce n’est pas le changement de nom d’une marque qui va faire baisser la consommation. Les marques visées, aucun jeune ne les consomme. Ce sont plutôt des adultes de 30-40 ans. Et quand un client ne va trouver sa marque en France, il va tenter par tous les moyens de sa la procurer ailleurs.
« Dans notre courrier à Bernard Cazeneuve (voir Lmdt du 30 janvier), nous lui avons demandé d’être prudent, entre l’augmentation du prix du tabac et l’arrivée du paquet neutre. Nous sommes déjà les plus chers sur l’Europe continentale, il ne faut pas rajouter de difficultés supplémentaires au réseau des buralistes. Nous avons toujours dit que nous étions pour une politique de santé politique, mais que nous serions amenés à réagir dès qu’une mesure ne pénaliserait que le réseau officiel. Ainsi, vous ne nous avez pas entendu durant l’opération « Moi(s) sans tabac ».
« Avec l’augmentation du prix du tabac à rouler, on va se retrouver avec des produits de 50 à 60 % moins cher en Espagne ou au Luxembourg. Comment voulez-vous faire baisser le tabagisme ? ».
• Gérard Audereau, président de Droit des Non-Fumeurs, estime sur BFMTV que la mesure est utile « pour celui ne fume pas encore et qui est attiré par une marque qui valorise quelque chose dont il a envie ».
• Dans un communiqué du 30 janvier, Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme déclarait : « Cet engagement de fond est essentiel, car il permettra également de réduire la consommation de tabac par une réduction de l’offre qui ne cesse aujourd’hui de proliférer via la multiplication de marques tous azimuts, hyper-segmentées et dont l’objectif reste toujours le maintien et le développement des ventes de tabac ».
Dans 20 minutes.fr du 31 janvier, il insiste sur une autre forme de stratégie : le placement de publicité, notamment dans le cinéma : « les marques de tabac paient des réalisateurs pour que les acteurs fument, beaucoup dans les films destinés aux adolescents ».




