« Clivant », cet éditorial paru dans Le Point de cette semaine (diffusion moyenne payée de 408 000 exemplaires) et signé par son chroniqueur médical, le professeur de biologie Didier Raoult (sous le titre « Santé : pragmatiques contre puritains »). Aux fins d’un plaidoyer pour la cigarette électronique, il éreinte la politique anti-tabac de ces dernières années. Augmentation des prix et stigmatisation des fumeurs ? « Un choix moral, mais peu efficace ».
• Démonstration
Après avoir rappelé les dangers du « fléau tabac », l’auteur s’inspire du New England Journal of Medicine qui « vient opportunément de sortir une série d’articles sur la bataille qui a opposé les puritains aux pragmatiques sur le terrain des drogues intraveineuses ».
Ou comment « les puritains » ont poussé les gouvernements à la répression et à limiter l’accès aux seringues, au motif que cela réduirait l’usage de drogues, alors que l’expérience a finalement montré l’inverse. La distribution gratuite de seringues a eu pour effet de diminuer considérablement les infections (virus du sida et hépatite) et l’autorisation de drogues de substitution, par voie orale, a permis à nombre d’usagers de drogues intraveineuses d’arrêter.
• Comparaison
« Concernant le tabac, la solution choisie ces dernières années a consisté en une augmentation des prix et une stigmatisation des fumeurs. Au prétexte de lutter contre le tabagisme passif, la consommation de tabac a été interdite dans tous les lieux publics de France en 2006, et elle l’est dans des villes entières aux Etats-Unis. Un choix moral, mais peu efficace ».
• Plaidoyer
Alors qu’émerge la cigarette électronique, « elle est la cible des puritains, qui y voient un insupportable contournement de l’interdiction de fumer. Selon eux, l’émission de vapeur d’eau favoriserait l’addiction tabagique et donnerait même le goût de fumer aux non-fumeurs. Des arguments purement hypothétiques ».
Selon Didier Raoult, il faut en revenir au vrai débat : « il ne s’agit pas d’éradiquer le geste de fumer, mais de stopper l’intoxication à un produit hautement dangereux. Non pas de stigmatiser les gens qui ont une addiction, mais d’empêcher les complications de cette addiction, en aidant ceux qui sont tombés dans le piège à s’en sortir.
« Le pragmatisme consiste à lutter contre les conséquences de la consommation de cigarettes, et non contre ses consommateurs. La morale n’a rien à faire dans l’histoire. En matière de santé, on peut préférer le pragmatisme au puritanisme ».




