Symptomatique d’une politique de « santé spectacle ». Marisol préfère agir « par l’image » : le logo « femme enceinte » sur les paquets (voir Lmdt des 25 septembre 2014 et 6 mars 2015) – avec les limites de cette mesure dont l’effet risque fort de devenir nul avec le temps – plutôt que le suivi des fumeuses enceintes. Assurément plus efficace car personnalisé.
C’est ainsi que l’Assemblée nationale a voté, ce vendredi 10 avril, la possibilité de l’expérimentation, pendant trois ans et dans certaines régions, d’une consultation et d’un suivi spécialisés et systématiques pour les femmes enceintes fumeuses. Mais sans grand enthousiasme de la part de la Ministre.
« La France est le pays d’Europe où les femmes enceintes fument le plus, 36% déclarant fumer en début de grossesse et 20% continuer jusqu’à l’accouchement », souligne l’exposé de l’amendement du socialiste Jean-Louis Touraine. Si des consultations spécialisées en tabacologie existent déjà pour les femmes enceintes fumeuses, elles ne sont pas systématiques, a défendu Jean-Louis Touraine dans l’hémicycle. « Il faut une consultation spécifique faute de quoi l’efficacité est insuffisante ».
La liste des professionnels de santé habilités à pratiquer cette consultation et ce suivi, ainsi que les modalités d’application, seraient fixés par décret.
Sensible à « l’objectif très important » de la mesure mais convaincue qu’il fallait encore réfléchir pour déterminer les modalités de l’expérimentation, la ministre de la Santé Marisol Touraine s’en est remis… à la « sagesse » de l’Assemblée sur le vote de cet amendement.
Sur le même sujet, la conclusion de l’ordonnance de référé – suite à la procédure de Seita demandant un délai réaliste pour la mise en place du logo « femme enceinte » (voir Lmdt du 16 mars) – devrait être connue ce lundi 13 avril.




