Après le vote des amendements de la Commission ENVI (voir Lemondedutabac de ce 10 juillet), Seita (Imperial Tobacco) a publié l’analyse très argumentée suivante :
« Cette version quasi finalisée de la Directive témoigne du désintérêt de la commission ENVI pour les voix divergentes qui ont pu se faire entendre ces derniers mois au Parlement et son entêtement à mettre en œuvre des politiques coercitives dénuées d’objectivité scientifique.
« Ces décisions stigmatisent le produit et son emballage sans prendre en compte aucun des facteurs culturels, sociaux ou économiques liés au tabac. Elles portent une atteinte directe à la liberté de choix des fumeurs français et européens au nom de positions dogmatiques et subjectives imposées par Bruxelles ».
• Uniformisation des emballages : des paquets génériques déguisés
Les amendements de la commission ENVI prévoient des messages d’avertissements sanitaires combinés (images et textes) couvrant 75% des faces avant et arrière et 50% des deux faces latérales.
La mise en place des avertissements sanitaires graphiques début 2011 en France n’ayant eu aucun effet sur la consommation, il est difficile de penser qu’accroître la taille du message aura plus d’impact. D’ailleurs, une étude conduite par la Commission Européenne elle-même montre que seul 3 % des fumeurs européens indiquent le packaging comme une des raisons qui les ont conduits à fumer. Plus récemment, une étude menée en France démontre que 9 jeunes sur 10 considèrent que les avertissements sanitaires n’ont que très peu d’influence sur leur consommation de tabac.
Selon Eric Sensi, Directeur des affaires corporate de Seita, « il s’agit clairement d’une mesure de paquet générique déguisée qui est arbitrairement imposée au consommateur alors que les résultats de l’initiative australienne ne sont pas concluants et que les fumeurs eux-mêmes n’y croient pas. »
« Il s’agit également d’une prime donnée aux marques dominantes, une mesure anti-concurrentielle qui renforce l’oligopole de marques globales et empêche les plus petits acteurs de faire connaitre leurs produits et d’exister. »
Au-delà, la Commission ENVI a également préconisé la standardisation des formats des paquets de cigarettes à 20 unités ou des blagues et pots de tabac à fumer à 40gr. Ces propositions, dont la pertinence sur la consommation reste à démontrer, permettent aux pouvoirs publics de s’immiscer dans la vie privée du fumeur pour qui acheter un pot de tabac de 38 gr ou un paquet de 25 cigarettes relève d’un choix personnel de consommateur averti.
« Cette standardisation dopera inévitablement le développement de la contrefaçon en Europe grâce à des paquets plus facilement imitables» prévient Eric Sensi.
• Uniformisation du goût et du format : une atteinte injustifiée à la liberté des consommateurs
L’uniformisation du goût et du format à travers l’interdiction du menthol ou des cigarettes à diamètre réduit (slim) remet en question la possibilité pour le consommateur d’exercer son libre-choix.
Il est important de rappeler que le goût menthol comme la taille des cigarettes n’ont aucun caractère particulièrement incitatif. Ils répondent à une demande de variété de la part des consommateurs. Pour rappel, les cigarettes mentholées, apparues dans les années 1920, représentent uniquement 6% de la consommation mondiale et sont principalement appréciées par les fumeurs de plus de 45 ans. En l’absence d’élément scientifique majeur avancé et au regard de la faible l’importance de ce segment de marché, cette mesure apparait comme totalement disproportionnée.
« A l’heure où ce nouveau texte dessine la version finale de la Directive Tabac, nous espérons que les parlementaires européens prendront la mesure des conséquences d’une telle politique et sauront faire valoir la liberté des individus et le respect des choix personnels de leurs concitoyens lors des discussions en session plénière », conclut Eric Sensi.




