Un troisième argument à présenter aux sénateurs qui vont commencer à examiner, cette semaine (en commission, puis en séance publique, la semaine suivante), l’amendement de la députée PS Michèle Delaunay menant directement à une grave déstabilisation du marché des cigares/cigarillos (voir Lmdt des 23 et 24 octobre) : « la mesure va faire exploser le trafic transfrontalier ». Sachant que les deux premiers arguments ont été « ce n’est pas le même produit … » (voir Lmdt du 30 octobre) et « ce n’est pas la même structure de coûts » (voir Lmdt du 31 octobre).
Il faut savoir que l’application du taux d’accise, sous prétexte d’alignement avec la fiscalité des cigarettes, proposé par la députée PS – nouvelle égérie de la lutte anti-tabac (voir Lmdt du 25 octobre) – multiplierait par 2,5 le prix de vente public des cigares et cigarillos.
Par exemple, une boîte de 20 cigarillos passerait de 7 à 17,60 euros au 1er janvier prochain. Et même à 24 euros au 1er janvier 2016, de par l’application mécanique de l’assiette du taux du spécifique de la classe de prix de référence (un mécanisme amenant à une augmentation automatique des produits du tabac, tous les ans). Alors que le fumeur de cigarillo et de cigare en France est déjà le plus taxé de tous ses voisins européens.
Il est clair qu’avec de tels prix, va brusquement apparaître un trafic transfrontalier du cigarillo qui n’existait pas jusqu’à maintenant. Et, en même temps, cela entraînerait une quasi – disparition de ces produits du linéaire des buralistes français. Dont bon nombre souffre déjà, dans leur activité globale, de la concurrence du marché parallèle.




