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12 Août 2014 | Pression normative
 

france Inter Téléphone sonne« Alcool, cigarettes, vapotage : les addictions des Français dans le collimateur des pouvoirs publics » : la tranche quotidienne « question des auditeurs » de France Inter/« Le Téléphone sonne » du jeudi 7 août, motivé par les projets d’interdiction de fumer dans les parcs ou les plages, a permis de se mettre au fait des arguments actuels de trois spécialistes de la lutte contre le tabagisme et l’addiction : Gérard Audureau (Droit des Non-Fumeurs), Bernard Basset (porte-parole de l’Association de Prévention en Alcoologie  et en Addictologie) et Bertrand Dautzenberg (Office français de Prévention du Tabagisme et des autres Addictions). Ceci, au fur et à mesure de leurs réponses aux auditeurs.

• Coût du tabac : comme d’habitude 
Gérard Audureau et Bernard Basset ont rappelé qu’il « fallait en finir avec cette idée reçue : le tabac coûte plus cher qu’il ne rapporte » en citant des chiffres connus… mais qui ont déjà été contredits (voir Lemondedutabac du 16 août 2012).

• Hausse des prix : Bertrand Dautzenberg pour une pause ?
Après avoir ré-entonner sa condamnation des « petites hausses » (moins de 30 à 40 centimes) qui, selon lui, ne servent à rien (« ce sont les cigarrettiers qui les décident et Bercy qui les entérine »), puis insister sur la nécessité d’augmenter le tabac à rouler qui est devenu un produit « report », le professeur Bertrand Dautzenberg finit par reconnaitre le phénomène « nouveau »  d’une baisse de 8 à 10% de la consommation officielle depuis début 2014. Avant d’en conclure : « il n’y a pas d’urgence à prendre des mesures d’augmentation quand on est à moins 8 ou 10%. Il faut réserver ces mesures quand la consommation reprendra ou cessera de diminuer ».

• Un constat sur les terrasses fumeurs. 
Gérard Audureau regrette que l’interdiction semble avoir moins d’impact que dans des pays comme l’Irlande ou l’Italie : « en France, la loi a été contournée. Au lieu de faire des fumoirs, on s’est contenté de faire des terrasses qui ont pris de plus en plus sur l’emprise publique. Et qui se sont transformées en fumoirs dès qu’il fait froid ou qu’il y a du vent. Et 90% des occupants se retrouvent dans ces terrasses enfermées ».

• Une taxe sur les mégots ? 
Bertrand Dautzenberg cite le cas des Etats-Unis où, dans certains Etats, les cigarettes sont surtaxées pour dépollution … « Dans l’optique pollueur-payeur, il serait logique qu’il y ait une taxe à la charge des industriels. C’est aussi à chacun d’être responsable ».

• Pour une interdiction de fumer dans les parcs et jardins ou sur les plages ? 

Pour Bernard Basset, « les lieux cités sont fréquentés par des enfants. Et c’est une justification suffisante pour être dirigiste ».
« Les choses s’améliorent » concède Bertrand Dautzenberg, « la majorité des jeunes sont non-fumeurs et une grande majorité d’adultes est non-fumeurs. Maintenant, la normalité a changé et toutes les petites mesures qui sont prises continuent à dénormaliser le tabac. Il faut aller encore un peu plus loin quant aux terrasses, aux parcs et jardins, devant les écoles ». Répondant à un auditeur sur le caractère liberticide de ces interdictions de fumer à l’extérieur, il rejette « toute intention d’atteinte à la liberté individuelle, ce qui est en cause c’est celle de la majorité des citoyens qui veulent vivre dans un monde sans tabac ».