Le soufflet médiatique sur l’augmentation des quotas de tabac transportés par les particuliers a failli retomber … il a redémarré avec l’abrogation « officielle et définitive » des articles 575 G et H par l’Assemblée nationale (voir Lemondedutabac de ce matin). Les réactions du jour.
• Comme l’a martelé ce matin l’éditorialiste économique de France Inter, Dominique Seux, « Quand l’Europe est tragique et ridicule … Un faux-pas comme l’Europe en a le secret ». Et le chroniqueur de poursuivre : « C’est un pied de nez incroyable et scandaleux à la politique de santé publique … et c’est un vrai coup de Jarnac à la profession des buralistes. On dit publiquement aux Français, notamment aux frontaliers et à tous ceux qui se déplacent : allez-y ! … Le gouvernement a espéré que cela ne se saurait pas, et nous y sommes.
« Cette histoire est idiote. L’Europe donne d’elle-même une image terrible, absente des grands sujets, dans l’erreur sur les petits et, pire, créant une situation ridicule puisque encourageant les filières illégales de revente ».
• Comme l’a rappelé, sur RTL, Pascal Montredon : « un paquet sur quatre est déjà acheté sans contrôle, en dehors du réseau des buralistes. Mais nos clients nous disent que le prix du tabac est trop élevé en France ».
Puis, Gérard Vidal, président des buralistes frontaliers (et secrétaire général adjoint de la Confédération ) : « alors que l’Europe se prépare à durcir la politique de santé publique (avec l’agrandissement des images-choc sur les paquets, notamment), on peut acheter légalement du tabac low-cost de l’autre côté des frontières. Il faut arrêter de creuser l’écart sur les prix, comme on s’apprête à le faire à nouveau en janvier 2014 … Il est inacceptable, pour une politique de santé publique, de permettre que des autocars de tourisme se transforment en bureaux de tabac ambulants. Car avec les nouveaux quotas, un couple de retraités va pouvoir revenir d’Espagne en bus avec 500 cartouches de cigarettes et 50 000 cigares … De quoi arroser la famille et les amis ».
• Comme l’a redit Yves Bur, président d’Alliance contre le tabac, dans L’Alsace « cela met au jour l’impuissance de la France, qui d’ailleurs n’avait jamais réellement pratiqué de contrôles efficaces contre les entrées de tabac. Enfin, cela met en lumière le problème de la fiscalité, qui en Europe est de la responsabilité exclusive des États. Cela crée des écarts de prix importants, qui expliquent cette circulation des cartouches ».
• « Politiquement incorrect mais légal », selon les interviews des acheteurs frontaliers. L’un d’eux pense qu’avec des quotas pareils, cela « devient du trafic ». D’autres affirment qu’ils n’achètent plus de tabac en France. « Il faut être maso pour rentrer chez moi acheter un paquet de cigarette plus cher de deux euros » ironise Norbert Chary, président de la chambre syndicale de Moselle, installé à Metz.
• Comme le soulignent les commentaires contradictoires de douaniers.
Sur France Inter et France Info, le directeur régional des Douanes de l’Est assure qu’il n’y aura pas de difficultés à faire tomber le critère d’usage personnel : « depuis une dizaine de jours, nous avons saisis 400 kg de tabac et n’avons eu aucun problème à prouver que ce n’était pas pour consommation personnelle. Dès les premières minutes de contrôle, nous sommes à même d’identifier … Les consommateurs normaux ne peuvent pas acheter de grosses quantités d’un seul coup. C’est difficile économiquement ».
Un douanier de Perpignan apporte un autre éclairage : « ce qui change désormais c’est que l’on peut transporter 10 cartouches par personne et plus seulement par véhicule. Difficile de contrôler, même si certains peuvent passer plusieurs fois par jour ».




