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19 Nov 2012 | Pression normative
 

Curieuse, cette enquête que vient de publier Tobacco control (une revue du groupe British Medical Journal). Le sujet : une grande enquête sur la contrebande du tabac en Europe.

L’opérateur : PPACTE (Pricing Policies and Control of Tobacco in Europe), une équipe réunissant des économistes, des épidémiologistes et autres spécialistes de la lutte contre le tabagisme, travaillant en mode « projet » et financés par la Commission européenne depuis trois ans. La méthode : demander à des fumeurs, dans la rue, de montrer leur paquet. Ainsi, 5 000 paquets auraient été analysés. Ce qui, sur l’ensemble de la Communauté, paraît peu.

Les résultats, annoncés et publiés (sortis, en fait, en avril mais diffusés seulement cet automne) ne lassent pas d’étonner. Ainsi, la France présenterait un taux de contrebande correspondant à 2,1%. A comparer avec la dernière étude KPMG (réalisée sur un échantillon plus important) qui mesure ce même taux de pure contrebande à 15,8% de la consommation (pour un taux total du marché parallèle – soit tous les achats hors réseau des débitants de tabac – de 21,1% (voir Lemondedutabac du 10 juillet).

Et l’on trouve la même distorsion, entre les résultats de cette étude et les enquêtes habituelles, dans d’autres pays. Ainsi, il en ressort les taux de 1,5% pour l’Italie, de 0,8% pour l’Autriche, de 3,4% pour l’Espagne, de 4,6% en Irlande ou de 9,2% au Royaume-Uni.

Autre anomalie : aucune donnée sur la Belgique et l’Allemagne. Quant au Portugal (où sévit la crise que l’on connaît), il est présenté comme un pays sans traces de la moindre contrebande.

Commentaire sibyllin de Tobacco control : « le taux de contrebande » n’est pas lié au prix des cigarettes … mais « à la force du réseau de contrebande locale et de la réplique des Etats ». Sans la moindre allusion aux différences, très sensibles, de pouvoir d’achat entre pays.

Luke Clancy, le coordinateur de PPACTE, en conclut qu’il faut « doubler le taux minimum de perception » partout en Europe et « aligner la fiscalité du tabac  à rouler sur celle des cigarettes ». Tout cela pour ça.