Pour les buralistes, les augmentations régulières du prix du tabac incitent leurs clients fumeurs à sortir du circuit légal. « On n’a pas compris que ce n’est pas en attaquant les fumeurs sur le prix du tabac qu’on va régler le problème des fumeurs », peste Franck Orlando, président de la fédération des buralistes de Saône-et-Loire.
« Ça reste une addiction. Il faut se battre sur la contrebande car eux (les contrebandiers, ndlr) sautent de joie à chaque augmentation » (voir 8 octobre et 18 septembre 2024).
•• Selon une source policière, il est aujourd’hui très facile de s’approvisionner en achetant du tabac sous le manteau. Dans certains commerces de proximité, dans la rue ou sur les réseaux sociaux … les combines sont nombreuses. »
Certains en vendent même à l’unité », souffle une source du Journal de Saône-et-Loire. Sur le marché noir, les prix varient : entre 8 et 11 euros, le paquet de contrebande. Les cigarettes contrefaites sont quant à elles écoulées à 6 ou 7 euros.
Un fumeur explique qu’il consomme plus d’un paquet par jour. Budget mensuel : environ 400 euros. Alors, pour limiter ses dépenses, le Chalonnais admet quelques écarts par rapport à la législation. « Quand on m’en ramène du Luxembourg, j’en prends une cartouche. L’été dernier, je suis allé en Italie, j’en ai ramené deux ou trois. Parfois, j’ai des clopes de Pologne, aussi. Disons que ça me dépanne », résume-t-il alors qu’il se rend majoritairement dans le « bureau de tabac du bout de la rue » pour satisfaire ses envies.
•• Pour éviter ces dérives, Franck Orlando, qui estime à 40 % la perte de son chiffre d’affaires annuel sur les ventes de tabac, milite pour un changement à l’échelle européenne.
« La meilleure recette pour inverser la tendance, c’est d’aller vers une réglementation européenne sur les prix. On n’est pas du tout uniforme. De toute façon, plus on va augmenter les prix, plus on va se mettre une balle dans le pied », assure le buraliste.
Pour le président des buralistes du département, le schéma est simple : plus on augmente les prix, plus le client fuit le bureau de tabac, et moins les recettes fiscales tombent dans les caisses.




