La Confédération des Buralistes, présente en Ardèche, ce 7 janvier, pour une journée de la Transformation « saison 2 » (2023-2027), ne décolère pas.
Quelques jours de la récente augmentation du prix du tabac, elle est venue défendre la survie de ces établissements de proximité, obligés de se diversifier pour offrir de plus en plus de services dans les petites communes.
Reportage du Dauphiné Libéré lors d’une visite chez un buraliste transformé. Lorsqu’il a repris l’établissement qu’il tient à Vals-les-Bains (près d’Aubenas) depuis deux ans, le buraliste savait qu’il ne pouvait pas compter que sur le tabac pour son affaire.
•• « En septembre, on sait déjà qu’on fait moins de ventes parce que nos clients ont fait les stocks pendant les vacances », sourit-il. « En même temps, je les comprends. Tant que la législation ne changera pas, on connaîtra des difficultés. » Pour se diversifier, le commerçant a dû opérer un agrandissement de son établissement, a vendu des produits locaux et a accordé une large place aux vapoteuses.
Les buralistes dénoncent les conséquences de ces hausses successives. « Tout a commencé il y a plus de 20 ans avec le grand plan lancé par Jacques Chirac qui, par ailleurs, était un gros fumeur. C’est assez ironique », lance le président de la Confédération Philippe Coy.
« Le marché parallèle s’amplifie, le trafic aussi. Il y a dix ans, cela touchait essentiellement les pays frontaliers. Aujourd’hui, toute la France est gangrenée. »
La nouvelle présidente départementale Isabelle Roux le confirme, l’Ardèche n’est pas épargnée. La buraliste basée à Ruoms constate les conséquences du marché parallèle, y compris auprès de ses propres clients. « Certains assument d’aller acheter leur paquet en face de chez nous, deux fois moins cher, et à la sauvette », analyse-t-elle. « Et puis, à titre personnel, je ne me sens pas en sécurité. Quand j’ouvre à 6 heures 30, j’ai parfois la peur d’être braquée. »
•• La Confédération réclame des mesures, à commencer par le gel du prix du tabac, afin de contrecarrer les trafics et de préserver la profession, notamment dans la ruralité. Sur 168 buralistes en Ardèche, deux tiers d’entre eux sont installés dans des communes de moins de 3 000 habitants (Voir 5 août 2024).
Pour Philippe Coy, c’est la preuve que ses confrères sont indispensables au département et dans tous les villages où ils sont présents en France. « Nous sommes un véritable service public en restant, souvent, le dernier commerce d’un bourg. »




