L’amendement parlementaire voté vendredi et conduisant à une non-augmentation des prix du tabac en 2015 continue de faire couler de l’encre (voir Lmdt des 5 et 6 décembre).
• Dans Aujourd’hui en France (daté de ce dimanche ), deux avis contradictoires de médecins :
– « Les prix sont arrivés à un point où toute augmentation supplémentaire va encourager la contrebande », remarque Luc Dussart, consultant en tabacologie, « ce qui représente une perte sèche pour l’Etat ». Selon lui, les plus accros continuent en effet de fumer, peu en importe le coût …« Or ce sont aussi les plus précaires qui fument le plus. Les hausses successives représentent finalement » une taxe sur les plus pauvres ».
– Gérard Mathern, pneumologue et ancien secrétaire général de la Société française de tabacologie, accueille avec amertume l’amendement et défend que seule une très forte hausse de prix peut avoir une incidence sur le comportement des Français fumeurs « il faudrait au moins 70 centimes d’euros ». Sur les paquets neutres (génériques), il se montre confiant dans leur efficacité, au moins « sur les moins dépendants … D’autres mesures efficaces consisteraient à aider les plus précaires dans le sevrage ou à rembourser les substituts nicotiniques ». Sur l’interdiction d’achat sur Internet : « … l’Etat ne touche pas de taxes sur ces ventes, cela représente donc un manque à gagner qui pénalise également les buralistes. Finalement, tant que l’on peut acquérir des cigarettes à faible coût, on favorise le tabagisme ».
• Avis plus tempéré, sur France 2 au JT de 20h (de samedi), du professeur Albert Hirsch (Ligue contre le Cancer) qui parle « d’une augmentation maintenue et raisonnable des prix ».




