Yves Martinet, président du Comité national contre le Tabagisme et professeur au CHU de Nancy, ne change pas non plus de logiciel (voir Lmdt des 18 et 19 février). Au micro de France Bleu Sud Lorraine, ce vendredi 19 février, il a rappelé son hostilité de principe à la cigarette électronique et sa conviction de la nécessité d’augmenter des prix du tabac.
•• Sur la cigarette électronique, il estime son encadrement, par la Loi Santé, comme une bonne décision : « il ne faut pas oublier que ce qui est vapoté c’est de la nicotine, la drogue la plus puissante. Vapoter maintient dans la dépendance ; d’ailleurs 80 % des vapoteurs sont des vapo-fumeurs (vapoteurs et fumeurs / ndlr). Les dernières études montrent que parmi ceux qui veulent arrêter de fumer, ceux qui vapotent ont moins de chance de s’arrêter que ceux qui ne vapotent pas.
« Il ne faut pas prendre au pied de la lettre tout ce qui dit dans les études publiées. Il faut admettre que l’on ne sait pas encore les effets de la cigarette électronique qui n’est apparu qu’il y a à peine dix ans. Nous n’avons pas encore suffisamment de recul et ne pouvons ni affirmer, ni quantifier de façon objective les risques liés au vapotage.
Remarque : si on ne peut pas prendre « au pied de la lettre » les études – même si certaines sont contradictoires – à quoi servent-elles ? Quand à l’aplomb mis pour affirmer (de quelles études parle-t-il ?) que les vapo-fumeurs ont moins de chance d’arrêter que les fumeurs, il a de quoi faire sauter au plafond de nombreux tabacologues confrontés aux réalités quotidiennes.
•• « Par rapport à la lutte contre le tabagisme en revanche, on sait ce qu’il fait faire. Malheureusement, les pouvoirs publics – et le Président de la République – ont tranché en faveur du paquet neutre et pas de l’augmentation des prix. En fait, ce sont les deux qu’il faut faire.
« Dire comme Nicolas Sarkozy (voir Lmdt des 4 et 6 février) que le paquet neutre est une attaque de nos terroirs est totalement irresponsable, d’autant plus de la part d’un ancien président de la République. Qui connaît bien la question du tabac, puisque c’est lui qui assuré la privatisation de la Seita. Ce qui explique peut-être cela. Il devrait avoir honte ».
Remarque : outre les règlements de compte politique, il est stupéfiant de constater que le professeur, lui aussi, se garde bien de s’attaquer au marché parallèle et à la contrebande. Ces conséquences actuelles du niveau de prix actuel. Et dont il connait l’ampleur dans sa région.




