Après s’être longtemps déclaré contre, le président mexicain Enrique Peña Prieto a annoncé, jeudi 21 avril, non seulement la légalisation de la consommation thérapeutique de marijuana mais aussi l’autorisation de détenir 28 grammes de cette substance. Deux projets de réforme sont attendus, l’un concerne la législation sur la santé, l’autre le code pénal.
Outre le bilan contesté de la lutte contre le narcotrafic, le revirement du chef de l’Etat intervient après un débat sur l’usage de la marijuana qui a réuni des centaines d’experts et de représentants de la société civile. Et aussi après deux décisions judiciaires : en novembre 2015, la Cour Suprême autorisait quatre Mexicains à cultiver et à fumer de la marijuana à des fins récréatives et, un mois avant, la justice ordinaire concédait aux parents d’une fillette de huit ans d’importer un dérivé du cannabis pour la soulager lors de ses crises d’épilepsie.
Le président a aussi justifié cette évolution par l’existence d’un « nouveau consensus mondial ». La Colombie et le Chili ont légalisé la consommation de marijuana à des fins médicales, ainsi que 23 états américains ; et, toujours aux États-Unis, quatre états et la capitale fédérale autorisent son usage récréatif dans le sillage de l’Uruguay (voir Lmdt des 4 mars 2015, 21 mars et 10 janvier 2014). Et le Canada devrait les rejoindre (voir Lmdt des 9 et 5 décembre 2015).
La veille, le président Peña Prieto avait dévoilé les grandes lignes de son projet à l’assemblée générale des Nations unies sur les drogues (voir Lmdt du 20 avril 2016). Selon lui, « son pays a payé un prix excessif » pour « la guerre contre les drogues » lancé dans les années 70 par les États-Unis.




