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Cigarette ciné grande_bellezzaOutre l’interdiction de fumer dans les parcs, les stades, les plages et en voiture, Beatrice Lorenzin, la ministre de la Santé italienne avait été jusqu’à imaginer faire disparaître « la cigarette » des écrans de cinéma ou de télévision ((voir Lmdt des 13 et 19 janvier)Ce dernier point a déclenché les sarcasmes de plusieurs réalisateurs furieux,  dans une lettre ouverte publiée  dans La Repubblica le 15 janvier. Dès le lendemain, dans les mêmes colonnes,  la Ministre s’était expliquée avant de renoncer à cette partie de son projet. 

Ce sont les plus grandes signatures du cinéma italien actuel qui se sont rebellés. A commencer par Paolo Sorrentino, oscarisé en 2014 pour « La Grande Belleza », dans lequel Toni Servillo ne quitte guère sa cigarette, laquelle « colle » parfaitement au personnage, d’ailleurs (photo). Mais aussi Mario Martone, Gabriele Muccino, Daniele Luchetti, Paolo Virzi et Gabriel Salvatores. Extraits de leur tribune :

« Le cinéma, la littérature et les arts en général ne répondent à aucune consigne, même la plus honorable, la plus juste, la plus saine, la plus édifiante. Raconter l’humanité enrichit nos jours et nos nuits non pas parce qu’il faudrait indiquer comment vivre sainement, comment manger, comment aimer, comment jouir.
« Pour cela, le ministère de la santé devrait disposer de moyens de communication qui pourraient être plus modernes. Mais ne demandez pas à un boucher de vous vendre une branche de céleri. Il vous enverra directement chez un marchand de légumes. Nous vous prions donc de vous occuper de la santé publique en avançant des propositions moins tragicomiques que de compter le nombre de bouffées de cigarette dans un livre, un film ou une BD
».

Beatrice Lorenzin a répondu qu’elle n’a voulu établir aucune censure, ni « limiter la créativité des artistes ». Elle se demande toutefois « s’il n’existe pas un moyen de faire passer des messages qui soient également positifs … les messages institutionnels n’étant pas perçus par les jeunes ».