Avec le recul, on s’aperçoit que l’axe principal de l’attaque, lancée jeudi contre « le lobby du tabac » par le CNCT (via un article de 60 millions de consommateurs) est, en substance, le suivant : « les mauvais résultats de la lutte contre le tabagisme en France sont dus à la stratégie agressive de l’industrie du tabac » (voir Lemondedutabac du 22 mai ). Et d’égrener, à partir de cela, un certain nombre d’affirmations (dont la « manipulation consentante » des buralistes).
Mais quand même, ce qui laisse rêveur – devant ce message simplificateur, voire simpliste – c’est … que la stratégie anti-tabagique recommandée, explicitement et implicitement, par le CNCT a déjà été concrètement mise en œuvre ces onze dernières années :
. fortes hausses de la fiscalité (en 2003 et 2013) – de sorte à atteindre l’un des plus hauts niveaux d’Europe occidentale – et des prix du tabac (qui ont plus que doublé) ;
. mise en œuvre de l’interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif ;
. imposition d’avertissements sanitaires, sous forme de textes puis de photos-choc sur les paquets ;
. interdiction de vente du tabac aux moins de 16 ans, puis aux moins de 18 ans ;
. disparition d’au moins 5 000 points de vente officiels (buralistes ) ;
. annonce de la fermeture de la plus grande usine de fabrication de tabac française ;
. diffusion de messages médiatiques particulièrement stigmatisants sur la filière tabac ;
. et surtout, un marché officiel des cigarettes qui s’est effondré de 50% en volume sur la période.
Autant de mesures et leurs conséquences qui se sont combinées avec force en seulement quelques années. Et le CNCT de déplorer des « mauvais résultats » (déclaration du président Yves Martinet à l’AFP). Le bon sens invite à se poser la question sur les mesures elles-mêmes et sur l’intérêt d’explorer d’autres voies. Comme celles de véritables politiques de prévention.




