Les « révélations explosives » de 60 millions de consommateurs et du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) sur le « lobbying de l’industrie du tabac » (voir Lemondedutabac du 22 mai) n’a pas encore mobilisé les médias. Un résumé rapide dans le Figaro Santé, quelques secondes d’interview sur France Inter, un papier dans Lyon Capital et une dépêche AFP en milieu d’après-midi … Et pourtant, tout est fait pour lancer la polémique .
« Il y a une vraie stratégie agressive de l’industrie du tabac pour lutter contre les mesures de lutte contre le tabagisme qui explique les mauvais résultats de cette politique en France », reprend l’AFP en citant Yves Martinet, le président du CNCT, lequel ne voit pas d’autre cause à ces mauvais résultats …
Concernant « l’instrumentalisation des buralistes », l’AFP retient qu’elle permettrait à l’industrie du tabac de ne plus apparaître sur le devant de la scène « mais de faire défendre ses intérêts par la Confédération des buralistes ». Avec ce commentaire agressif d’Yves Martinet : « les bureaux de tabac – dont la moitié sont des bars-tabac – se présentent volontiers comme les derniers lieux de convivialité en France alors que leur commerce est fondé sur la vente d’un produit qui tue ». On en revient aux « marchands de mort » d’Yves Bur …
Concernant le marché parallèle, la dépêche reprend l’argument de « l’amalgame entre la contrefaçon, la contrebande et les achats transfrontaliers de cigarettes pour affirmer que 20% des ventes de cigarettes en France sont illicites ». Un débat sémantique qui ne change rien à la réalité du problème …
« Tant que le cordon entre l’industrie du tabac et les buralistes, mais aussi avec Bercy, ne sera pas coupé, la lutte contre le tabagisme ne pourra pas avancer » conclut Yves Martinet qui ne voit là que la seule raison aux médiocres résultats de cette dernière …
Yves Martinet dénonce également l’autorisation donnée par les autorités aux buralistes de vendre la Ploom de JTI « une sorte de cigarette électronique qui vaporise du vrai tabac », sans concertation avec les acteurs de la lutte anti-tabac.
L’AFP rappelle que le rapport de 450 pages a obtenu le soutien financier de l’Institut national du cancer (INCa) et de la Direction générale de la santé (DGS). A paraître fin juin.




