Le volume des paris sur les courses hippiques dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes a connu une baisse en 2024. Associée à la fermeture de points de vente cette situation pousse le PMU à inventer un nouveau modèle pour demain. Explications dans Le Progrès.
Lors de son passage, l’année dernière, à l’Hippodrome de Bron Parilly, la Directrice générale du PMU, Emmanuelle Malecaze-Doublet avait alerté sur la « légère contraction du marché » qu’elle observait. Après une année 2023 marquée par une croissance retrouvée, illustrée par un volume de paris de 607 millions d’euros en Auvergne-Rhône-Alpes, le marché des paris hippiques montrait des signes de faiblesse en 2024 selon elle.
•• Un an plus tard au même endroit, Olivier Vidal, directeur régional du PMU, ne peut que confirmer la justesse de l’analyse de sa DG. « En 2024, l’activité s’est un peu tassée et a ralenti dans la région. On enregistre un volume de paris d’environ 585 millions d’euros » reconnaît celui qui estime que cette baisse est en grande partie due « aux problématiques de pouvoir d’achat. On a une baisse du panier moyen ». Il s’élèverait à 11 euros/jour pour un joueur selon Olivier Vidal.
Un premier obstacle auquel il faut ajouter la crise qui touche le milieu des bars et de la restauration. « On a de plus en plus de petits bars populaires qui ferment. Ça impacte immanquablement notre activité », reconnaît-il. « À Lyon centre c’est très prégnant. Il n’y a presque plus de bars-tabac dans le centre-ville » ajoute Lucie Laurent, manager de zone Rhône. « On a 315 points de vente dans le département et la Métropole représente 80 % de notre activité. Le département a suivi la même courbe que la région en 2024 avec un volume d’environ 175 millions d’euros de paris (181 millions en 2023) ».
•• Alors, le PMU, cherche à se réinventer, repense son implantation afin de diversifier sa clientèle. « Des points de vente se déploient dans des tabacs permettant notamment de voir aujourd’hui 30 % de femmes qui jouent » selon les dirigeants. Ils se déclinent aussi dans de nouveaux lieux à l’instar du « Cheval des trois », inauguré l’été dernier à la Croix-Rousse (voir 6 mars). Un site estampillé chic, histoire de dépoussiérer radicalement l’image du bar/PMU et d’accueillir de nouveaux profils.
« On veut essayer de séduire une clientèle CSP + et plus jeune » reconnaît Olivier Vidal alors que le portrait type du parieur reste un homme âgé de 50 à 55 ans issu de classes plutôt populaires. À Lyon, cinq nouvelles implantations de ces nouveaux PMU sont à l’étude. (Voir aussi 12 avril et 25 février)




