Un billet d’analyse sur le mouvement de protestation des buralistes, signé de Monique Raux dans L’Est Républicain du lundi 8 décembre.
« C’est une colère bien orchestrée, qui explose un peu partout en France. Samedi à Mulhouse, hier au Perthus Mais aussi à Nice, à frontière italienne, à Nantes et à la frontière belge. Les buralistes français sont en guerre et les cadeaux de Noël que l’Etat vient de leur faire en décidant qu’il n’y aurait pas de hausse sur le prix du tabac au 1er janvier 2015 ainsi qu’une interdiction de la vente sur Internet, ne les satisfont pas.
« Ils ont la main et ils en demandent plus. Ils veulent aussi une pause et un alignement avec les pays européens. Le tabac, c’est comme l’alcool. Difficile de s’y attaquer. Les lobbys transcendent les courants à l’Assemblée nationale. Quarante députés de tous bords, sauf les écologistes – pour une fois cohérents – ont déposé des amendements afin de limiter la fiscalité sur ce produit. On ne veut pas mécontenter les buralistes qui sont des relais d’opinion influents, ni se priver de la manne du tabac : 14 milliards d’euros par an. Ce n’est pas demain la veille que l’Etat prendra la mesure choc que la Corée vient d’adopter : la hausse de 80 % du prix du paquet ! ».
Dommage que cette chroniqueuse de L’Est Républicain fasse l’impasse – dans son tour d’horizon parsemé de quelques clichés – sur le problème particulier des achats frontaliers dans sa région. Le simple fait de l’évoquer contribue à justifier une non-augmentation des prix. Pas besoin d’invoquer le fantasme des « lobbys ».




