Duel, par médias interposé, entre Pascal Montredon (Président de la Confédération des buralistes) et le Pr Dautzenberg (président de l’Office français de prévention du tabagisme) en réaction à l’article des Echos sur la baisse des ventes (voir notre information de ce jour).
• Invité au journal de 8h sur RTL, Pascal Montredon a confirmé la baisse en volume et le tassement du chiffre d’affaires des buralistes, précisant que dès janvier 2012, il y avait eu un ralentissement des ventes, suivi en octobre « d’une dégringolade , sur fond de hausse générale des prix à la consommation et de salaires qui n’évoluent pas ».
Le président des buralistes s’est fait le porte-parole des clients « qui en ont marre d’être pris pour des vaches à lait et infantilisés » et qui trouvent donc d’autres alternatives, sur le marché parallèle.
Sur l’effet « baisse de consommation », Pascal Montredon rappelle qu’il demande une politique de santé publique « intelligente » qui « ne cherche pas à augmenter le différentiel de prix avec les pays voisins, générant de plus en plus de contrebande », citant : l’organisation montante des ventes transfrontalières, l’explosion des ventes par internet, l’appropriation par les réseaux mafieux du trafic du tabac qui s’avère moins risqué que le trafic de stupéfiants.
Concernant la manifestation des buralistes du 22 janvier, il n’écarte pas l’option d’une opération « rideaux fermés » en France : « Nous n’avons pas l’intention de nous laisser anéantir sans réagir. Et de laisser stigmatiser notre clientèle ».
• Quinze minutes après, sur France Info, le Pr Dautzenberg « complétait » son intervention du matin sur RTL (voir Lemondedutabac de 12h30) : « L’industrie du tabac a essayé de tester une hausse de 40 centimes et cela a eu un petit effet sur la consommation de cigarettes, mais les gens se sont reportés sur d’autres formes de tabac, comme les cigares ou le tabac à rouler. On peut se réjouir de cette petite baisse mais rappelons qu’elle a été décidée par l’industrie et pas par l’Etat qui devrait piloter les taxes sur les produits moins chers … ». Il estime tout de même à 3% la baisse globale de consommation.
Sur la hausse prévue en juillet, il reste circonspect « Ce qui vient de se passer n’est pas le fruit d’une volonté politique. Ainsi, la modification de fiscalité qui vient d’être votée n’est pas optimale pour obliger les cigarretiers à une augmentation, notamment sur les produits les moins chers, de nature à améliorer la santé publique. On espère qu’il y aura d’autres mesures d’ici là ».




