
Cela devient lassant d’écouter « que la science démontre que la vape est la porte d’entrée à la cigarette chez les jeunes » alors que c’est un fake news si l’on prend soin de lire et d’analyser la données scientifiques publiées.
C’est ainsi que débute une communication du professeur Dautzenberg – tabacologue « historique » et pneumologue (voir 8 octobre 2024 et 12 mai 2023) – sur Linkedin, que nous reprenons.
Il n’est scientifiquement pas plus démontré que d’appuyer sur le frein d’une voiture devant un obstacle sur la route est une cause d’accident, qu’il n’est scientifiquement démontré que la vape est une porte d’entrée à la cigarette chez les jeunes.
En donnant un coup de frein en voiture on multiplie par 3 ou 4 le risque de faire un tête-à-queue ; mais en ne freinant pas devant un obstacle sur la route on augmente avec un lien causal de plus de 90 % le risque de rentrer en collision avec l’obstacle.
En tirer la conclusion qu’il est dangereux de freiner devant un obstacle sur la route car il existe un risque de tête-à-queue – en disant se baser sur la science – est contraire à la bonne science.
Et pourtant le même débat reste véhiculé depuis plus d’une décennie par certains concernant la vape; oui il peut arriver qu’un jeune qui vapote fasse un « tête-à-queue » et passe à la cigarette, mais les publications scientifiques des 23 sub-cohortes publiées ne permettent d’établir un risque causal d’entrée en tabagisme du fait de la vape.
J’invite ceux qui contestent me faire parvenir leurs critiques argumentées de l’article que nous avons publié (DOI : 10.3390/ijerph20206936) sur l’analyse des 23 sur-cohortes et des cohortes sources ayant conduit à construire des sous-cohortes de jamais fumeurs dans des conditions contestables (car interdisant d’extrapoler les conclusions aux cohortes globales) pour établir un lien causal avec la vape.
Nous avons identifié 105 575 jeunes dans ces cohortes initiales dont 45 208 resteront « jamais fumeur » en fin de suivi (70,6 %) des 23 cohortes.
Parmi les 31 367 qui ont fumé avant la fin du suivi (29,4 %) :
- 23 235 fumaient dès avant l’inclusion dans les sous cohortes (la majorité sans vapoter) ;
- 6 466 non-vapoteurs ont commencé à fumer entre début et fin suivi ;
- 1 676 vapoteurs exclusifs ont commencé à fumer entre début et fin du suivi (sans rôle causal démontré) soit 5,4 % des fumeurs en fin de suivi.
Ces études biaisées par nature interdisent tout conclusions générale cas car n’étudient pas l’effet de concurrence de la vape sur l’initiation de la cigarette et en tout état de cause ne pourraient expliquer que 5,4 % en fin de suivi.
Oui freiner en voiture devant un obstacle n’est pas scientifiquement démontré comme étant un facteur aggravant des accidents de la route et vapoter quand on est jeune n’est pas scientifiquement démontré comme cause de tabagisme (même si le mieux est de n’avoir pas à brutalement freiner sur la route ni à toucher à la nicotine).




