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17 Juin 2015 | Pression normative
 

Terrasses non fumeurEn ces temps d’offensive générale contre le tabac, le sujet des terrasses de bars et restaurants ne pouvait être oublié (voir Lmdt des 2 avril et 20 février 2015). 

On sait que certaines associations ont fait de ces lieux, où aiment à se retrouver et se détendre les fumeurs, un enjeu visant à gagner du terrain par rapport aux dispositions actuelles de l’interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif. Lesquelles autorisent pourtant l’acte de fumer sur les terrasses, dans la mesure où ces dernières satisfont aux normes.

Car tel est le propre d’une réglementation anti-tabac : être rapidement remise en cause par ses propres initiateurs, puisqu’il s’agit d’aller vers la prohibition totale. Quitte à négliger allègrement les investissements des patrons de bars et restaurants pour se mettre aux normes et développer leurs affaires en accueillant des fumeurs. Exemple :

• Cela fait quelque temps que Gérard Audureau (Droit des non-Fumeurs / voir Lmdt des 10 juillet 2014 et 5 juin 2012) cherche à forcer le destin en essayant de mobiliser associations et pouvoirs publics autour d’un label « Terrasses sans tabac ». Avec la mise en œuvre – comme par hasard déjà bien programmée – d’une charte, d’une application Smartphone et d’un site Internet. Le concept : valoriser les terrasses qui adoptent ce label, par rapport aux autres qui respectent tout simplement la réglementation.

• S’appuyant sur une vieille déclaration – pas forcément habile – de l’UMIH (Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière) qui, en 2013, s’était laissée aller à s’engager déjà sur un concept de « terrasses sans tabac », la DGS (Direction générale de la Santé) lance actuellement des consultations. C’est même Zinna Bessa (sous-Directrice de la santé des populations et de la prévention des maladies chroniques) qui reçoit, ces jours-ci, le monde professionnel concerné.

• D’après nos informations, les représentants des chaînes de restauration (classique et rapide) accueillent l’idée avec un certain enthousiasme (labels et certifications de toutes sortes sont des éléments de leur promotion).

Des organisations comme l’UMIH et le Sinhorcat sont plus mitigées : genre, « le label, peut-être, mais s’il reste basé sur le volontariat. Il faut consulter nos adhérents sur la pertinence du sujet. On ne veut pas se remettre en position de stigmatisation des fumeurs et d’avoir à les rejeter dans la rue ».

Au niveau de la CGPME (représentée par son vice-président Gérard Bohélay, par ailleurs président de la fédération Ile-de-France des buralistes), on insiste sur le fait que les terrasses pèsent actuellement 30 % de l’activité des bars et brasseries parisiennes et assurent, à elles seules, 3000 emplois. Et qu’il ne faudrait pas qu’un label « volontaire », au départ, ne se transforme vite en nouvelle norme, sous l’effet d’une opération politico-médiatique, comme cela arrive fréquemment en matière de lutte contre le tabagisme.

À suivre.