Comme une ambiance d’offensive. Réunis à Salta, en Argentine, les représentants des planteurs du monde entier, réunis sous l’égide de l’association internationale des producteurs de tabac (ITGA), ont confirmé leur totale opposition aux projets de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) visant à limiter autoritairement la production du tabac et la culture de terres consacrées à sa culture (voir LeMondedutabac du 5 août). Lire la suite »
On sait que les menaces représentées par la prochaine directive tabac de Bruxelles mobilisent les planteurs de tabac en Europe et sur le plan national (voir LeMondedutabac du 18 et 12 septembre).
Par exemple, les décisions prises, ce jeudi 27 septembre à Tonneins, lors du conseil d’administration de Traditab (fabricant de tabac à rouler et à pipe / marque 1637). Sachant que la coopérative Tabac Garonne Adour et la fédération régionale des producteurs de tabac comptent parmi les principaux actionnaires de Traditab.
Ainsi, les responsables de Traditab ont planifié une série de rencontres avec les parlementaires du sud-ouest. Ils ont prévu aussi l’organisation, cet automne, d’une conférence de presse où seront présentés les enjeux de leur projet d’investissement dans une usine de fabrication.
Par ailleurs, il est envisagé de diffuser une affichette d’information sur le secteur auprès des 8 000 buralistes partenaires de Traditab.
L’UNITAB (Union internationale des producteurs de tabac) rejette, dans un communiqué de presse de ce mercredi 12 septembre, la mise en place de paquets neutres telle qu’elle est prévue dans le projet de la Directive européenne sur le tabac.
Selon le communiqué, la Direction Générale de la Santé et des Consommateurs semble décider à déclarer la guerre à l’industrie du tabac à l’occasion de la révision de la Directive. Il ne s’agit plus de discuter de la taille des avertissements sanitaires ou des risque de préjudice pour les cultivateurs de tabac, mais de demander aux Etats membres de s’attaquer aux ingrédients – dont le tabac en est un – et de promouvoir un paquet totalement neutre
L’UNITAB, avec les 85 000 cultivateurs européens de tabac, rejette fermement cette standardisation « en ce qu’elle signe leur arrêt de mort ». En favorisant les produits de la contrebande et de la contrefaçon – en provenance de pays utilisant du tabac de bon marché et de qualité douteuse, ne respectant pas les normes sanitaires et environnementales en vigueur en Europe -, l’UNITAB estime que ces mesures vont s’avérer inefficaces, voire nocives pour la santé et qu’en outre, elles constituent une discrimination inacceptables contre la production européenne.
Pour François Vedel, secrétaire délégué, « le paquet neutre provoquera une guerre des prix entre les fabricants qui ne pourront plus se distinguer de leurs concurrents et cette guerre se fera au détriment des fournisseurs de matière première, les cultivateurs de tabac, qui font déjà face, avec la disparition des aides publiques, à une rentabilité incertaine. Est-ce comme cela que l’Union européenne souhaite préserver l’emploi dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent et dans un climat de perte de confiance dans les institutions ? ».
Les producteurs du tabac du Zimbabwe ont annoncé, ce lundi 27 août, une hausse de 46% de leurs recettes issues des exportations de tabac, soit 525 millions de dollars (contre 360 millions l’an dernier).
L’Office de commercialisation du tabac (TIMB) précise qu’un total de 144 millions de kilos de tabac a été récolté pendant la saison agricole 2011/2012, dont la majeur partie a été exportée. Il rappelle aussi que le raffermissement des cours, depuis les deux dernières saisons, a incité un nombre croissant de fermiers à se tourner vers la culture, plus rentable, du tabac.
Malgré ces résultats, on est encore loin des 236 millions de kilos vendus en 2000 qui plaçaient le Zimbabwe en tête des pays exportateurs (voir Lemondedutabac du 20 février).
Les producteurs de tabac de sept pays américains ont critiqué et rejeté, sur la forme et sur le fond, les projets de l’OMS visant à limiter la culture du tabac.
A l’issue d’une réunion à Santa Cruz do Sul (Brésil), ce vendredi 3 août, les membres américains de l’Association internationale des producteurs de tabac (ITGA) ont, en effet, refusé un texte préparatoire de l’Organisation mondiale de la Santé qui consisterait, selon eux, à modifier la « Convention cadre de l’OMS pour le Contrôle du Tabac (CMCT) » actuelle, dans le sens d’une limitation drastique de la production de tabac et des terres consacrées à sa culture. Les tabaculteurs signataires estiment que l’accord originel « ne prônait pas la limitation », mais évoquait plutôt l’importance pour les gouvernements de soutenir les producteurs affectés par une demande qui serait forcément en baisse, suite aux politiques de réduction de la consommation. Mais surtout, aucune « option crédible, détaillée et spécifique » n’a été développée pour aider les producteurs à se diversifier.
La déclaration de rejet a été signée par les organisations de producteurs de sept pays membres de l’ITGA : l’Argentine, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, les Etats-Unis, le Guatemala et la République dominicaine.
Avec 24 pays membres, l’ITGA produit quelque 4,5 millions de tonnes de tabac chaque année, soit 85% du tabac commercialisé dans le monde.
L’année dernière, Traditab, le fabricant régional de tabac à rouler et à pipe (marque 1637), avait organisé, à la fin de l’été, une grande journée « Peuple du Tabac » réunissant planteurs, buralistes et autres professionnels au cœur même d’une exploitation de tabac du Sud-Ouest.
Cette année, Traditab récidive avec un événement plus ambitieux mais tout aussi convivial : « La route du tabac ». Soit plusieurs journées permettant aux planteurs et aux débitants d’échanger leurs connaissances respectives sur le tabac : de sa culture à sa commercialisation.
Première étape, dans une exploitation de Vendée, le 26 août. Puis ce « tour » passera successivement par la Charente-Maritime, l’Aude, l’Indre-et-Loire, la Mayenne, l’Aveyron et les Hautes-Pyrénées. Arrivée : au salon Losangexpo, les 27 et 28 octobre.
Rappelons que Traditab a un capital détenu par la coopérative Tabac Garonne Adour et la fédération des producteurs de tabac. A son actif : la vente de 70 tonnes de tabac en 2011 .
L’Institut du tabac, créé en 1927 par l’Etat et actuellement sous le contrôle d’Imperial Tobacco, cherche un repreneur d’ici octobre, a confirmé Les Echos en ce début de semaine.
Implanté à Bergerac, l’Institut du tabac n’a jamais cessé son travail scientifique en vue d’obtenir des tabacs de qualité, adaptés au climat français. La structure occupe actuellement une quarantaine de chercheurs et de techniciens
L’annonce, en juin, de ce projet de vente préoccupe la filière tabacole du Sud-Ouest qui souhaiterait maintenir cet outil : « les efforts techniques et les aspects de sélection verticale ont contribué à l’image de qualité de la production tabacole française. Malgré sa petite taille, cette dernière a ainsi pu se maintenir et conserver des prix corrects » précise la Fédération nationale des producteurs de tabac.
L’Aquitaine et la région Midi-Pyrénées regroupent 70% des planteurs français qui produisent 6 000 tonnes de tabac par an, soit la moitié du volume national.
Dans un communiqué du mercredi 6 juin, les planteurs de tabac européens, réunis au sein d’Unitab, s’inquiètent des dernières recommandations de l’OMS sur le tabac et des effets dramatiques pour les planteurs européens, sans aucun impact sur le niveau de la consommation.
« Dans ses dernières conclusions, l’OMS sort de son domaine de compétence, la santé, pour investir celui de l’agriculture, qu’elle ne maîtrise aucunement, avec l’objectif irresponsable de précariser davantage les planteurs, dont la situation économique et sociale est déjà fragilisée par l’évolution de la Pac » estime l’Unitab.
L’OMS proposerait d’interdire la contractualisation entre fournisseurs et acheteurs de tabac brut qui « sécuriserait » trop les agriculteurs, de limiter arbitrairement les surfaces et les périodes de culture et la fin des politiques d’amélioration de la qualité. « Ces mesures, excessives et injustes, n’auraient aucun effet sur le volume de la consommation et contribueraient à dégrader la qualité générale des produits. Elles auraient un impact très négatif sur la situation socio-économique du secteur » juge la fédération.
L’Unitab représente 85.000 tabaculteurs européens et 400.000 travailleurs.
Dans une interview au quotidien régional Sud-Ouest du mardi 3 avril, Eric Tabanou, directeur de l’usine France Tabac de Sarlat, qui travaille à la transformation des sept coopératives nationales, revient sur les difficultés rencontrées ces dernières années et les raisons d’entrevoir une éclaircie.
« Nous avons eu un pied à terre mais nous sommes en train de nous relever. Avec tous les cartons qu’a pris la filière depuis 2006, on se demande comment on est encore debout » explique Eric Tabanou, qui a dû gérer une année 2011 très compliquée : licenciements, baisse du nombre de producteurs, conditions climatiques estivales défavorables entrainant une baisse de productivité.
L’usine France tabac semble relever la tête grâce à des paris sur l’avenir de la filière. Premier signal fort à l’attention des producteurs avec les perspectives de la mécanisation visant à lutter contre le manque de personnel et la concurrence des pays à main-d’œuvre à bas coût. Concernant les aides financières à la filière, 2012 et 2013 verront deux enveloppes de 9 millions d’euros en aides directes couplées à la production. En attendant le « tsunami agricole » avec la réforme de la PAC en 2014. « Ces aides vont freiner l’hémorragie et redonner espoir aux planteurs » précise Eric Tabanou.
Le Zimbabwe a ouvert la saison commerciale du tabac avec la plus importante production depuis 10 ans : 150 000 tonnes mises sur le marché.
Profitant de la baisse de production de tabac au Brésil et aux Etats-Unis en raison des intempéries, les prix devraient dépasser ceux de 2011. On est loin du sommet des 236 millions de kilos vendus en 2000 qui plaçait le Zimbabwe en tête des exportateurs de tabac dans le monde. La réforme agraire du président Robert Mugabe (saisissant des fermes aux Blancs pour les distribuer à des exploitants Noirs) et l’inflation ont totalement déstabilisé le secteur (chute à 55 600 tonnes en 2006). Depuis trois ans, la situation s’est retournée – sous l’impulsion d’un gouvernement d’union nationale et de la dollarisation de l’économie – avec une production en augmentation régulière.




