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« Je suis plus forte » / « Je suis plus fort » … La nouvelle campagne anti-tabac de l’Office fédéral de Santé publique suisse (OFSP), dévoilée lundi 16 février à Berne, tranche avec beaucoup d’autres et se veut positive. « Les spots publicitaires et les affiches font appel à la fierté et à l’intelligence des individus. Cela rend l’arrêt de la cigarette plus gratifiant », explique l’Office qui a investi 9 millions de francs suisses (8,5 millions d’euros).
Dans une première phase, la campagne, qui s’étendra sur trois ans, s’adresse surtout à ceux qui souhaitent arrêter en mettant l’accent sur les offres d’accompagnement (ligne téléphonique stop-tabac et liste de spécialistes).
Second axe : la prévention. A travers deux spots TV, au ton humoristique. Comme ce groupe de cyclistes passant devant la caméra, en train d’escalader une route pentue, et le retardataire (fumeur) qui suit avec peine … Ou ces employés de bureau fêtant l’anniversaire d’une collègue avec un gâteau affichant 43 ans que l’intéressée (fumeuse) va inverser pour montrer qu’elle a 34 ans.
L’OFSP compte aussi sur le lancement d’un site internet « smokefree.ch » et sur ses affiches. On y voit différentes personnes dans leur environnement quotidien, le visage caché derrière un nuage de fumée, avec le slogan « si lui ou elle peut, vous aussi ». La campagne du site reprend également l‘image bien connue de la cigarette cassée en deux.
La nouvelle campagne n’est pas du tout appréciée de certains professionnels de la prévention : « les messages sont gentillets, ils vont passer inaperçus (…) Faire peur, c’est la meilleure solution (…) les fumeurs sous-estiment les risques en permanence » a déclaré Jean-François Etter (professeur de santé publique, responsable de « Stop Tabac » et défenseur de l’e-cigarette / voir Lmdt du 27 décembre 2014). Quant à Pascal Diethelm de l’association anti-tabac Oxyromandie, il doute que « cela serve à quoi que ce soit ».
Mais les responsables de l’OFSP ne se laissent pas impressionner : « la nouvelle campagne est un peu légère avec une forme de naïveté voulue. Elle insiste sur la motivation individuelle plutôt que sur la peur (…) Le succès d’une campagne peut être stimulé par un cadrage positif des images et une forme d’humour appropriée ». L’OFSP dispose d’une certaine crédibilité. Le taux de prévalence en Suisse a baissé de 33 à 25 % depuis 2002. L’objectif est de descendre à 23% en 2016.




