Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
22 Août 2016 | Pression normative
 

FCTC OMSAvant l’été, nous vous avions déjà sensibilisés sur la réunion – à New Delhi du 7 au 12 novembre – de la septième session de la « Conférence des Parties » (COP 7) de la Convention-cadre de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour la lutte anti-tabac (voir Lmdt du 30 juin 2016).

Avec, en perspectives, de nouvelles mesures qui s’annoncent déséquilibrées par rapport à leur objectif.

Ceci, dans le cadre d’un ordre du jour qui s’avère dense puisqu’on y parlera de nouvelles normes réglementaires anti-tabac, de traçabilité, de la cigarette électronique, de tabaculture et de mesures anti-lobbying.

Si l’on doit y « parler », encore faut-il qu’il y ait débat contradictoire et transparence sur le processus. On est en droit de l’attendre d’une organisation internationale de cette importance œuvrant pour la santé de chacun. Mais rien n’est moins sûr.

•• Déjà, qui va représenter la France ? Le ministère de la Santé, bien sûr. Mais d’autres administrations auraient leur mot à dire : le budget sur la traçabilité ou l’agriculture sur la tabaculture, par exemple. On n’en sait rien.

Et comment va s’organiser la coordination entre États-membres pour la position de l’Union européenne qui dispose aussi – aux côtés de 180 pays – de la faculté de s’exprimer en tant que telle ?

•• Un article posté, le 11 août, sur l’édition britannique du Huffington Post soulève un tas de questions. Son auteur, Yaël Ossowski, y révèle qu’un document interne préparatoire à la conférence recommande de « s’assurer de l’exclusion de représentants et de membres … d’industries du tabac totalement ou partiellement contrôlées par les États … y compris des représentants des monopoles ».

Soit, comme le suggère Yaël Ossowski, une formulation « suffisamment large pour que l’on puisse pratiquement exclure des ministres du budget, des fonctionnaires ministériels  ou même les chefs de gouvernements de pays qui interviennent dans la culture et la fabrication de produits du tabac ».

OMS FCTC MoscouBref, il suffirait qu’un fonctionnaire traite le sujet tabac dans ses responsabilités pour que le droit à la parole lui soit refusé. Sachant que tout représentant ou mandaté de l’industrie du tabac est  déjà « persona non grata » dans ces conférences.

Lors de la COP 6 à Moscou en 2014, un journaliste a été fermement invité à sortir d’une réunion, ouverte aux observateurs, sans explications (voir Lmdt des 13, 14 et 17 octobre 2014).

•• Comme le thème de la tabaculture risque d’être particulièrement crucial – avec une proposition extrême de limitation du taux de nicotine dans le produit fini (voir Lmdt du 20 juin 2016) – les représentants de l’agriculture indienne ont demandé, début août, à être intégrés dans la délégation de leur pays … qui accueille la conférence.