Billet d’humeur polémique du site Economie.matin sur les mesures de « fiscalité comportementale » préconisées dans le rapport de la commission des Affaires sociales du Sénat (voir Lemondedutabac des 27 février et 22 mars 2013). Extraits, sur le tabac, de la chronique quotidienne « d’un monde devenu fou » signé Charles Sannat.
« Vous avez dû vaguement entendre parler de ce dernier truc à la mode la « fiscalité comportementale » au sein de notre élite. Si, si, récemment aux « zinfos », les vraies pas les miennes, celles du JT de 20 heures (à moins que ce ne soit l’inverse), on vous a parlé de ce projet de passer le prix du paquet de cigarettes à plus de 11 euros histoire de dissuader le consommateur de clopes.
« Au même moment, la gôche bien-pensante m’explique que fumer n’est pas bon pour ma santé mais fumer du tabac sans filtre avec un peu de « cabanis » (on n’a juridiquement toujours pas le droit de faire de la publicité à la plante qui fait rire… ou pas), ça, c’est bien, et il faudrait le légaliser… Ce qui me fait penser que le tabac n’est pas assez fort pour être en vente libre… Bref, on pénalise de plus en plus le tabac pour dépénaliser le « cannabis ». Ce n’est pas que je sois pour ou contre, bien au contraire… je note les paradoxes qui encombrent la pensée mamamouchesque.
« (…) ce qui est bien avec la fiscalité comportementale, c’est que l’on fait deux pierres d’un coup. Non seulement on change les comportements mais surtout, et c’est le plus important, on gagne du pognon, ou plus précisément on prend le vôtre avec votre consentement puisque l’on va se charger de vous culpabiliser sur vos comportements. Un « coupable » est toujours plus malléable qu’un innocent, raison pour laquelle l’État fait de nous tous des coupables permanents.
« Mais alors mes amis, qu’est-ce que j’ai rigolé en page 5 de ce rapport lorsque je suis tombé sur cette perle … avec la terminologie « fiscalité comportementale » vous auriez sans doute eu la puce à l’oreille. Conclusion : exit la « fiscalité comportementale » et bienvenue à la « contribution de santé publique ». C’est tellement plus beau, plus propre, plus sain, c’est pour vous, pour votre santé et en plus c’est public … ».




