S’il y a une question qui est revenue de très nombreuses fois pendant les échanges (en séance ou en marge) du séminaire des présidents de chambres syndicales départementales de buralistes qui vient de se tenir à Paris (voir Lmdt des 8 et 9 mars), c’est bien celle de l’attitude du client fumeur, chez le buraliste, une fois devant le fait accompli …
Que ce soit quand les paquets vont arriver dans les linéaires, plutôt vers l’automne …
Ou même lorsqu’il ne sera plus possible de se procurer des cigarettes convertibles à partir du vendredi 20 mai (voir Lmdt du 29 février 2016).
Question légitime pour ces élus syndicaux qui sont tous des buralistes en activité.
Comment expliquer tout cela au client ? La suppression des cigarettes à capsules ou à billes (convertibles), c’est bien un aspect de la loi Santé dont la presse n’a encore pratiquement jamais parlé. Encore moins pour justifier la mesure.
Ce serait pour ne pas attirer les jeunes vers le tabac ? Mais le fumeur adulte et responsable, pourquoi lui imposer brusquement cette interdiction ? Or, des acheteurs de ce type de cigarettes, on en trouve dans toutes les catégories d’âge.
Et le paquet neutre ? Malgré la bruyante campagne des buralistes de l’année dernière (certains ont mis en place des affiches ou même des spécimens dans leur point de vente), très peu de fumeurs savent concrètement de quoi il retourne.
Ils sont d’ailleurs nombreux à estimer qu’un paquet neutre, ou générique, c’est un paquet tout blanc !
Alors quand ces clients découvriront le paquet neutre tel que l’ont voulu la ministre, le gouvernement et les parlementaires qui l’ont voté … il y aura de grandes surprises et des demandes d’explication sur les raisons qui vont désormais les obliger à acheter et à porter avec eux des paquets dont les visuels renvoient, d’une façon ou d’une autre, à la stigmatisation et à l’humiliation.
Là aussi, il faudra expliquer que c’est pour protéger la jeunesse ?
Là encore, il faudra que les buralistes soient en mesure de leur assurer qu’ils ne trouveront pas d’autres paquets moins ingrats, ailleurs … et moins chers.
À ce moment-là – et cela ne saurait tarder – il y en aura des discussions, chez le buraliste !




