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Frédéric Martin Buraliste AudeLes conditions de l’adoption par amendement du paquet neutre à l’Assemblée nationale (voir Lmdt des 3 et 7 avril) suscitent de plus en plus de réactions parmi les buralistes. Comme l’ont fait plusieurs de ses collègues (voir Lmdt des 8 et 11 avril), Frédéric Martin (président de la chambre syndicale de l’Aude) a adressé un communiqué à la presse régionale que nous reproduisons ci-dessous.

« Seuls 6% des députés ont pris part au vote de cet amendement scélérat qui va toucher 10 millions de personnes qui rentrent quotidiennement dans nos commerces.

« Il paraîtrait pourtant plus efficace, à l’heure de l’Europe, d’imposer une harmonisation du paquet de cigarette ; cette harmonisation européenne trouverait toute sa logique dans un contexte de marché du tabac totalement frivole, protégerait le réseau des buralistes (notamment frontaliers !), et permettrait de mener un combat continental contre les trafics de tout genre. Aujourd’hui, les buralistes sont montrés du doigt par une loi déséquilibrée, qui sanctionne les acteurs économiques prépondérants que nous sommes.

« De plus, il est inconcevable que cette loi ait été votée par seulement 31 députés sur 577 ; les députés audois étant portés absents ! 

« Il s’est donc agi pour nos élus d’un débat de pacotille et seuls quelques uns d’entre eux ont décidé pour 10 millions de clients quotidiens. Dans un contexte de défiance  à l’égard du monde politique et des élus de tout bord, ce simulacre de démocratie nous reste en travers de la gorge et la trahison dont nous sommes victimes reviendra sans doute  hanter notre bulletin de vote lors d’échéances électorales à venir.

«  À l’heure où les salles de shoot vont être expérimentées, nous sommes en droit, nous commerçants préposés de l’administration des douanes, de nous poser des questions sur la distribution de drogues illicites.

« Nos commerces, dont les recettes sont pour l’essentiel fiscales, pâtissent d’une politique « spectacle » visant à nous rendre uniques responsables du problème de santé publique !

« Nous sommes montrés du doigt pour un produit dont nous ne maîtrisons ni la fabrication, ni le prix, et pour lequel la marge bénéficiaire reste encore réduite (6,7%) tandis que près de 82% revient à l’État. 

« Nous sommes en colère, et nous le disons ! ».