La récente étude australienne relative à l’impact des paquets génériques (Lmdt du 1er septembre) ne semble pas avoir convaincu Jean-Yves Nau (ancien journaliste du Monde et éditeur du blog Journalisme et Santé publique). Ni sur son efficacité, en général, ni sur le bien-fondé d’une telle mesure en France, en particulier.
« Il faut ne rien connaître aux addictions pour imaginer que le flacon importe à ceux qui cherchent l’ivresse: cela vaut pour le tabac » déclara-t-il d’emblée dans son analyse livrée sur Slate.fr. Et de rappeler ce constat « à celles et ceux qui mettent la dernière main au Plan national de Réduction du Tabagisme ».
« Ces chercheurs australiens ont eu beau chercher, ils ne trouvent aucune véritable preuve laissant penser que l’introduction de paquets neutres (ou génériques) change le comportement des fumeurs quant à leurs habitudes d’achat et de consommation. C’est là une information qui ne surprendra guère les fumeurs, qui savent ce qu’il en est de la puissance de leur addiction. Elle viendra en revanche perturber celles et ceux qui parient sur l’effacement des marques et logos pour réduire la consommation de tabac chez nos concitoyens (…)
« L’exemple australien montre que cette mesure ne permet en rien d’obtenir les effets escomptés. Son efficacité semble du même ordre que celle des images et des avertissements sanitaires («Fumer tue», etc.) tenus pour faire peur aux fumeurs. Il semble aussi que les résistances et les menaces proférées par Big Tobacco ne doivent pas faire illusion: les craintes des industriels résident moins dans une baisse des ventes que dans la réduction de leurs marges de manœuvre pour, par voie publicitaire, modifier la répartition de leurs parts de marché.
« Plus que le paquet neutre, c’est bien la cigarette électronique qui est aujourd’hui le principal levier sur lequel peuvent jouer les pouvoirs publics pour réduire la consommation de tabac. Or, le gouvernement français développe plus d’énergie pour en contrecarrer l’usage que pour le faciliter ».




