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26 Juil 2017 | Profession
 

Malgré l’annonce « d’arbitrages lors du prochain PLFSS » au sujet du paquet à 10 euros, « le ver est dans la pomme » pour les « Normands » Dominique Kazmierczyk et Fabrice Lefebvre, respectivement présidents des chambres syndicales de Seine-Maritime (région du Havre) et de l’Eure. Ils ont participé à l’opération « radars des buralistes » (voir Lmdt des 21 et 22 juillet) et « ce n’est pas la dernière action » assurent-ils dans Paris Normandie du 24 juillet.

•• « On en a eu des campagnes anti-buralistes !  C’est la suite de Marisol Touraine : paquet neutre, des augmentations … Ça n’empêche pas le développement du marché parallèle ». Dominique Kazmierczyk a, régulièrement, quitté son tabac de Fécamp pour aller sur le terrain : « nous avons fait des manifestations à Barbès, le premier débit de tabac de France. Ou à Lille, où les gens reviennent de Belgique, le coffre rempli de cartouches … Pareil en Andorre ! Il faut bien se dire que le prix, ça n’empêche pas les gens de fumer : ça change l’endroit où ils achètent leurs cigarettes ! »

•• « Sur internet, de plus en plus … Il n’y a pratiquement pas de contrôle. On devrait faire ça : acheter une cartouche de contrebande et l’adresser aux parlementaires pour qu’ils se rendent compte que c’est très facile de se fournir… » renchérit Fabrice Lefebvre. « Et ça ne concerne pas que les villes frontalières : je veux bien parier avec les députés et mettre ma présidence en jeu si je n’arrive pas à trouver des cigarettes de contrebande dans les cinq circonscriptions de l’Eure en 24 heures ! ».

•• « Il y a eu des petites mutations : on a récupéré un peu avec la cigarette électronique, on a développé les jeux, la presse, le relais colis. Je vends même du vin maintenant et j’ai une collègue qui vend des plaques funéraires », continue Dominique Kazmierczyk, « mais on aimerait que le gouvernement et les services de répression nous accompagnent un peu plus pour que vivent nos commerces : qu’il y ait de vrais contrôles, une harmonisation des prix à l’échelle de l’Europe, des règles qui encadrent le tabac ».

•• Les deux présidents jugent un peu hypocrite de « mettre le paquet sur le prix » et de ne pas faire de vague sur la prévention. « C’était aussi ce que disait Emmanuel Macron avant d’être élu : qu’une augmentation du tabac n’avait pas de sens sans un travail auprès des plus jeunes », rappelle Fabrice Lefebvre (voir Lmdt du 3 mars). « On attend de voir. Le tabac, c’est comme la sécurité routière : il ne s’agit pas uniquement de taper au portefeuille pour que ça change », prévient-il.